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lundi 23 novembre 2015

Gérer l'attente...

Il n'y a pas de méthode pour gérer l'attente, seulement quelques conseils qui ont pu aider selon les périodes.

Il est parfois nécessaire de trouver des espaces de parole où on peut discuter de vive voix avec d'autres futurs parents en attente. Il en existe via EFA, via certaines COCA, via certains CG. Cet espace de parole peut aussi être virtuel via le suivi de blogs de couples dans l'attente, de forums sur l'adoption, l'avantage de l'espace virtuel étant pour partie l'anonymat qui peut être sécurisant.

Pendant l'attente, il faut aussi parfois anticiper sur l'attente des autres : la famille, les proches. Là non plus, on ne peut pas faire de généralité : chacun doit trouver ce qui lui permettra de se sentir à l'aise avec le sujet.
Cela peut être d'en parler à la famille immédiate tout en demandant de la discrétion, pouvant alors compter sur ces proches dans les moments les plus longs et difficiles à gérer.
D'autres préféreront garder leur parcours adoptif secret pour ne pas être relancé systématiquement de questions sur cette attente qu'on ne maîtrise pas, pour ne pas avoir à entendre des questions blessantes comme le choix d'adopter un enfant physiquement différent, ou sur l'age potentiel de l'enfant attendu mais subissent alors un isolement de leur famille qui ne participera pas en amont au questionnement.
En parler sans tabou à tous, c'est souvent se heurter à nombre de personnes absolument ignares sur le monde de l'adoption. Il peut s’avérer épuisant de démonter les raccourcis de la société sur l'adoption d'un enfant, mais peut préparer l'arrivée de votre enfant au sein de votre monde social.

Dans l'attente, on se nourrit souvent des expériences des autres, là encore via la lecture de blogs, mais aussi de livres témoignages, de vidéos, de films. On peut se documenter sur les particularités des enfants d'adoptés auprès de professionnels reconnus dans le domaine, psychiatres, pédiatres, psychologues mais aussi quelques philosophes. C'est plus souvent la future maman qui s'y colle... mais certains l'ont compris en amont et proposent aux futurs papas des fiches de synthèse !
Attention aux contextes de ces témoignages et de ces livres : l'Adoptie est un monde en perpétuel mouvement qui peut donc changer de forme très rapidement et rendre certains témoignages déjà obsolètes pour vous.

Certains moments rendront cette recherche de contact ou de témoignages sur le sujet plus compulsive et d'autres vont naturellement vous en éloigner. Parce que la vie va continuer d'avancer, vous entrainant dans des tâches quotidiennes, des instants de vie avec toujours comme arrière pensée... cette attente.

Nala

lundi 16 novembre 2015

conférence du Dr Chicoine

Je voulais partager quelques notions abordées par le Dr Chicoine, pédiatre reconnu dans le monde de l’adoption, lors de sa conférence pour EFA34 sur l’estime de soi.
J’espère ne pas trahir ses propos !

Il faut déjà vous raconter que c’est un très bon orateur, qui a mis le public à l’aise et attentif dès le départ. Il parle bien, on sent qu’il maitrise son sujet mais il sait le transmettre avec des touches d’humour, et quelques exemples à l’appui.

Sur le fond, il entre dans le vif du sujet dès les 1ers mots : « on peut survivre sans amour, on ne peut survivre sans attachement. » Et la théorie de l’attachement s’appuie aujourd’hui sur des données neuroscientifiques (biologie, imagerie cérébrale). L’attachement c’est l’apprentissage de la relation de confiance, cela fait appel à l’affectif et apaise le stress des enfants.
La fenêtre d’attachement des 2, 3 premières années de vie est primordiale, mais il existe des occasions de remédiation cognitives tout au long de l’enfance que l’on n’exploite pas assez.

Dans le développement de l’estime de soi, il y a plusieurs étapes :

-Le nourrisson doit survivre à travers l’autre, il doit donc séduire sa mère. Si ne séduit pas assez, cela va générer un surplus de stress avec possible en péril de la relation avec l’adulte. Certaines pathologies génétiques vont donner moins d’appétence à ces enfants pour l’attachement alors que d’autres le tabac ou la drogue dans les derniers mois de grossesse et notamment le SAF (syndrome d’alcoolisation fœtale) vont donner plus d’appétence aux enfants.

-Vers 12 mois les bébés se régulent dans leurs relations avec l’adulte et commencent à vivre des petites frustrations « je viens et je repars » en commençant à essayer de se détacher de l’adulte.

-Vers 18-21 mois apparait le développement de la mémoire, de la représentation : c’est l’expérience du monde ou le modèle opérant interne.

-Apres 2 ans, l’enfant a une conscience de soi assez égocentrique. Et jusque 3 ans et demi, il apprend à réguler ses émotions, c’est ce que les anglo-saxons appellent le « terrible two ».

-Entre 3 ans et demi et 7 ans, les enfants vont aller cers l’autre, c’est l’intersubjectivité, ils sont plus à même de voir avec empathie l’autre. Ils ont aussi développé leurs capacités et compétences sociales.

-7 ans c’est l’âge de début de l’estime de soi, où l’enfant a suffisamment de recul sur les expériences positives ou négatives pour apprécier la suite et les répercussions de ces conséquences. Avant 7 ans il faut donc faire l’impossible pour atteindre cette maturité.

Dans nos sociétés on demande beaucoup aux enfants avant 2ans et demi, alors qu’ils ne sont pas toujours capables, cela peut générer une mise en échec à l’âge de 7/8 ans lorsque l’enfant n’a pas suffisamment développé son estime de soi. Les enfants adoptés ont été insuffisamment remplis, et non pas insuffisamment punis par manque de relation et peuvent développer une mésestime de soi, qui n’est pas liée à la génétique ou au fait de venir de loin. Il faut alors se mettre à genoux en tant qu’adultes pour les remplir. On a plus de temps en adoption pour travailler parce que par ailleurs ils ont souvent des retards de développement. Il faudra en général la moitié de l’âge chronologique de l’enfant à son adoption pour sécuriser l’attachement. La meilleure arme de remédiation affective est le congé parental de longue durée.

Pour protéger nos enfants adoptés de cette mésestime de soi, il faut éviter la mise en échec, il faut les nourrir de succès par des compétences dans d’autres domaines que le scolaire, le sport, le dessin, la musique. Le risque c’est d’avoir un très gros programme mais ils apprendront alors beaucoup par le parascolaire le but étant d’avoir des éléments de succès. Apres 8 ans il ne faut pas faire redoubler les enfants pour éviter la mise en échec. Il est d’ailleurs bien plus important d’avoir des amis que d’avoir des bonnes notes scolaires, c’est beaucoup plus important pour l’estime de soi et sa construction.
Il faut parfois faire appel pour passer la main à des intervenants extérieurs, AVS pendant le temps scolaire, éducateur pour les devoirs à la maison, les psychomotriciens et ergothérapeutes etc.

Souvent en adoption, il n’y a pas de problème d’intelligence des enfants mais des déficits dans l’attention, la motivation, leurs autonomies ou leur responsabilisation qui vont modifier les résultats de tests de capacité : on sous-estime alors leurs capacités cognitives.
Il faut éviter les punitions, les humiliations puisque les enfants adoptés y sont aguerris. Il faut discipliner avec bienveillance pour ne pas nuire à l’estime de soi, avec si l’enfant reconnait son erreur, la possibilité de piocher une conséquence comme aider à faire la vaisselle dans un pot à conséquence fait pour, ou s’excuser auprès de lui s’il n’a pas pu avouer sa faute parce que notre question d’adulte était alors trop compliquée pour lui. Pas de fessée : 1/3 des enfants (indépendamment de l’adoption) ne sont pas suffisamment sécurisés dans leurs attachements, les gifles et fessées peuvent alors détruire l’estime de soi de ces enfants (c’est pour protéger ces enfants-là que la loi au Québec interdit les punitions corporelles et non pour les autres 2/3 qui sont capables de les supporter).

Dans l’adoption on note une plus grande tendance à l’impulsivité, à la dérégulation du mouvement, à la désinhibition (TDA trouble de l’attention +/- H avec hyperactivité). 7% de TDAH (atteinte de plus de 2 domaines pendant plus de 6 mois pour faire le diagnostic), dont 50% à 2/3 seront à traiter pendant une courte période, 1/3 n’auront besoin que de mesures adaptatives.

A noter que les enfants ayant présenté un épisode de malnutrition dans l’enfance auront des raisons cognitives à une mésestime de soir par atteinte d’une partie du cerveau qui normalement sert à l’attention et l’activation de l’abstraction ou flexibilité des idées. Ils sont alors moins bons en maths et en grammaire.

Coté parents, quelle piste pour avancer ?

A noter que l’attachement est le lien de l’enfant vers le parent, quand le parent rentre en lien avec l’enfant, on parle de bonding (NB to bond en anglais veut dire « se rapprocher ».

-D’abord la technique de l’apéro, il faut se rendre disponible 20 min pas plus pas moins c’est physiquement signifiant pour l’enfant. On n’intervient pas, c’est lui qui choisit le jeu et on le laisse se remplir de notre disponibilité. Donc prendre un verre d’apéro avant pour se rendre disponible !

-La technique du « wait, watch and wonder » : on construit une tour chacun coté parent et enfant et on attend que l’enfant demande de l’aide, on n’est pas intrusif, là encore disponibilité physique et psychique.

-Il faut être activant : on doit pouvoir le laisser faire. Par exemple il est très très important que l’enfant ait la capacité de s’endormir seul. Il faut l’y amener mais ne jamais ramener l’enfant dans son lit parental. On peut prendre une chaise à côté de lui dans sa chambre mais on ne doit pas pas exemple toujours le bercer pour l’endormir. Il faut minimiser les objets transitionnels dans le lit : pas de milliers de doudous.

Lorsqu’à l’adolescence l’enfant n’est pas rendu là on aurait aimé les amener, que le manque de confiance est important, avec violence, énurésie, destruction de ce qu’il y a de beau systématiquement, le mise en famille n’est plus la meilleure chose. L’attachement est trop insecure, la brisure est trop grande. Il faut orienter vers un pensionnat ou une famille d’accueil froide avec des réentrées ensuite progressive pour réadapter la situation adoptive.
Le développement cérébral se poursuit jusque 23 ans, donc même ceux qui iront dans la délinquance et la drogue mais qui s’en sortent entre 16 et 23 ans pourront encore accéder à une remédiation cognitive (c’est jusque 23 ans que les neurones du cerveau mâturent avec une myélinisation notamment du corps calleux).

Messages forts de cette conférence à mes yeux:
-se donner tous les moyens de créer un attachement secure pour construire une estime de soi mature
-travailler les succès et éviter les échecs, notamment en dehors de l’école, importance des amis+++++, importance du sport
-éducation bienveillante à favoriser

vendredi 6 novembre 2015

Une adoption 2

Dans cette rubrique, nous vous proposons de retrouver régulièrement le témoignage d'une maman ou d'un papa adoptant sur son parcours, son chemin vers son enfant et sur leur adaptation commune...
- Année de l'adoption ?
2014
- Quel pays ?
Chine
- Age de l'enfant à son arrivée ?
15 mois
- Votre profil ? Votre projet ?
Après notre retour de voyage de noces, un bout de papier, résultats d'examens fait avant le départ, nous est tombé dessus comme une massue : la biologie ne serait pas de notre côté dans notre projet d'agrandir la famille. Mon mari avait 31 ans, moi 27, jeunes mariés, en couple depuis déjà 8 ans.
- L'agrément, les OAA, l'apparentement ?
Nous avons donc pris notre plume et écrit au conseil général de notre département le jour même où nous avons pris rendez-vous en PMA. C'était en juin 2008, nous avons été transparents sur notre projet des 2 côtés, et alors que notre petit miracle de la PMA grandissait depuis 3 mois, nous avons obtenu notre agrément pour un enfant porteur d'une particularité médicale le 19 avril 2009.
Nous avons pris du temps à 3, déménagé, repris contact avec un nouveau CG, et repris notre plume, une fois posés dans notre nouvelle maison... à la recherche d'un fil rouge.
Une OAA chère à notre cœur nous a acceptés et après quelques impondérables administratifs (mise à jour des dossiers par voie internet), notre dossier s'est envolé en septembre 2013.
Le 28 novembre 2013, alors que nous venons de terminer notre dernier entretien social pour le renouvellement de notre agrément, et que nous faisons quelques courses, mon mari déboule l'air ahuri "ton téléphone a sonné mais c'est moi qui l'avait, et le mien aussi mais je ne l'ai pas entendu, j'ai entendu le message, il faut qu'on sorte!", nous voilà sur un bout de parking, à écouter ensemble des mots si doux "je voulais vous parler d'une petite fille...".
5 jours après nous avons eu accès à son dossier sur l'antenne nationale de notre OAA, à notre 1ere photo (moment très émouvant, les personnes de l'OAA nous ont remis une enveloppe, se sont éclipsés et nous ont laissé à notre émotion).
- Quelle prise en charge de l'enfant sur place ? (accueil, prise en charge médicale, préparation à l'adoption...)
Notre fille a toujours été en orphelinat, au même étage. Les enfants ne sortent pas, trop de pollution, sauf s'ils doivent aller passer des examens médicaux à l'extérieur. La prise en charge médicale a été satisfaisante sur place, nous avons pu récupérer quelques éléments via notre OAA, qui l'a vue et examinée 3 fois lors de leurs voyages avec des vidéos et des photos.
Les nourrices de l'orphelinat ont réalisé pour elle un petit cahier de vie, avec des empreintes, des petits dessins, des anecdotes de vie et des photos, qu'ils nous ont remis à son arrivée.
Sur le plan médical, après vérification des sérologies et des anticorps à la COCA tout était conforme à ce qui avait été donné par les autorités chinoises notamment sur les vaccins. Le reste ses particularités a été géré en France à son arrivée mais il n'y avait aucune urgence.
Difficile de savoir exactement ce qui avait été dit à notre fille ! Nous avions pu lui envoyer, après la validation de l'apparentement, un petit colis avec un album photo de notre famille sous titré en chinois, et un appareil photo jetable. Des photos de notre fille avec l'album ont été prises et ma fille est venue à notre rencontre avec son petit sac contenant tout ce que nous lui avions envoyé (dont le sac à dos).
- La rencontre ?
Le 24 mars 2014 à Canton, dans une salle des affaires familiales, au septième étage, avec les autres couples de notre groupe (même OAA). Une impatience fébrile... Les enfants arrivent mais se rendent dans une salle pour être changés, boire et préparer à notre rencontre. Je reste cachée derrière un pylône parce que je ne veux pas d'une première image volée, je veux voir ma fille arriver vers moi.
Elle arrive en dernier, minuscule petite fille qui tient fermement les mains de sa nounou à bout de bras, lumineuse, je la prends dans mes bras, elle pleure de surprise : nouveaux visages, nouvelles odeurs, que de changements !
Sa grande sœur tombe immédiatement sous le charme ; les premiers sourires, les premiers fous rires seront pour elle avec des jeux. Elle s'endormira rapidement, après une longue journée de premières fois sous nos yeux émerveillés.
J'ai un coup de foudre physique mais ma raison me retient, il faudra un mois pour que je lui avoue combien je l'aime...
- Les débuts ? La vie de famille ? Les difficultés ?
Les 48h premières heures sont compliquées pour la nourriture : elle ne veut rien goûter, mange quelques cuillères de congee (plat de base, bouillie de riz) mais je ne m'en inquiète pas, tout est nouveau. Elle ne boira jamais de lait, ni là-bas ni à notre retour ; intolérance ou absence d'habitude, on ne saura jamais ! On compense par d'autres apports de produits laitiers. !
Côté sommeil, elle est sereine. Elle aimera vite les rituels du soir : histoire, câlins, coucher avec doudou (son doudou du colis, et un petit coussin ramené de chine).
La grande sœur est aux petits soins mais tente de soustraire ses jouets les plus précieux. Elle prête avec beaucoup de plaisir ses peluches, tient dur comme fer à choisir une nouvelle robe pour sa sœur. Le moment le plus complice est l'heure du bain, ou on s'en donne à cœur joie !
Très décidée, elle nous donne vite ses préférences et son arrivée dans la famille se passe avec beaucoup de facilités. Seul le chat pourrait témoigner que caresser sans tirer les poils nécessite un apprentissage !
Difficile de laisser son petit bout pour faire la prise de sang nécessaire à la COCA puis plus tard à l'anesthésiste pour sa première intervention. Heureusement je peux vite la retrouver en salle de réveil. Je me souviens avoir eu un élan de jalousie de la voir dans les bras de l’infirmière en arrivant dans la salle de réveil... protectrice comme une lionne !
Difficile aussi, coté administratif pour l'inscription à la sécu, pour la carte d'identité et le passeport, difficile de supporter régulièrement des propos qui se veulent de l'humour mais voilent un racisme, difficile d’être remise en question sur ma maternité vu que j'ai une enfant attendue dans le ventre et une attendue dans le cœur (autant pour l'une que pour l'autre du coup)...
- Un souvenir marquant ?
Le trajet en bus de retour du bureau des affaires civiles, moins d'une heure après l'avoir rencontrée, notre fille sur mes genoux dans le bus, qui ouvrait ses grands yeux sur le monde en mouvement dehors : les arbres, les voitures, les gens, le bruit, la luminosité, tout l'émerveillait et elle semblait complétement subjuguée !

Nala

dimanche 1 novembre 2015

Mon enfant aux mains extraordinaires

Quand je rêvais de mon enfant, je rêvais de beaucoup de choses mais je n’avais pas imaginé devenir la maman d’un enfant aux mains extraordinaires. Pourtant, je n’ai pas eu de doute à la lecture de son dossier. La présentation comportait quelques photos et il semblait que son développement était correct pour son âge.
Depuis mon petit nuage, j’ai eu des doutes juste avant la rencontre. Est-ce que j’allais être déstabilisée par ses mains ? Est-ce que j’y serai effectivement indifférente ? La rencontre a vu mes craintes s’envoler en quelques battements de cils de mon enfant.

Au quotidien, nous n’avons aucune adaptation. Notre fille a la pince des deux côtés, elle saisit sans souci les objets, y compris les plus petits. Son examen clinique à la consultation de la COCA n’a révélé aucune autre atteinte d’organe. Il y a eu un rendez-vous avec un chirurgien pédiatrique spécialiste des mains. Un monsieur très doux, qui l'a examinée avec attention et qui a proposé une intervention pour libérer certaines brides, mais opérations non imposées. Nous avons fait le choix de lui accorder notre confiance.
Notre fille a été opérée deux fois avec des pansements fermés complètement pendant dix jours. Un peu stressant mais elle a été d’une patience extraordinaire. Après la chirurgie, elle a eu de la kinésithérapie, chez un kiné spécialisé pour l’enfant, pour aider les tissus à cicatriser sans fibrose, sans œdème et permettre une bonne mobilité. Aujourd’hui, elle n’a qu’un simple suivi sur le plan médical avec un rendez-vous par an auprès de son chirurgien.

Peu de gens remarquent sa différence, tellement notre fille vit une vie de petite fille simple. Parfois, certains regards pèsent sur ses mains... C'est à nous, ses parents, de la protéger des regards négatifs, de certaines réflexions irréfléchies et blessantes pour ses petites oreilles. Elle commence à percevoir sa différence mais, notre famille n’y prêtant pas d’attention particulière autre que celle attendue d’un parent en extase devant son enfant, elle ne semble pas en souffrance par rapport à cette particularité visible.
Son sourire est le meilleur ambassadeur pour témoigner de sa vie de petite fille... comme les autres !

Nala

Adoption : le choix des nations

A (re)voir, ce documentaire très intéressant diffusé il y a quelques jours sur Arte : une enquête, tournée en 2013, sur la dimension géopolitique de l'adoption internationale.

samedi 31 octobre 2015

Parler adoption

Voici une liste de groupes de discussion et de forums francophones autour de l'adoption.
Des lieux virtuels où vous pourrez trouver et apporter du soutien, des infos, du partage, ...
Il existe également de nombreux groupes anglophones, si vous êtes à l'aise avec l'anglais, ils se trouvent facilement à l'aide d'un moteur de recherche.
Concernant les groupes Yahoo, io et facebook : lisez bien la page d'accueil du groupe qui vous intéresse : certains restreignent l'accès aux postulants ayant déjà un dossier déposé dans le pays ou au moins un agrément déjà obtenu... et pour un certain nombre de groupes, il vous faudra répondre à un message de demande de présentation avant de pouvoir être accepté (messenger ou mail).
Cette liste a l'ambition d'être exhaustive. N'hésitez pas à nous signaler l'existence de forums qui ne seraient pas répertoriés ci-dessous, en nous laissant un commentaire ou en nous envoyant un mail.

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forums généralistes :
→ forum public EFA : forum.adoptionefa.org
→ forum "adoption" du site Doctissimo : forum.doctissimo.fr/grossesse-bebe/adoption/liste_sujet-1
→ Y! Adoption EFA : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/AdoptionEFA
→ f Adoption France : facebook.com/groups/195570117298253
→ Y! Adoption France : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/AdoptionFrance
→ f Adoption d'un Enfant : facebook.com/groups/770853386370134
→ Y! Coeur Adoption : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/CoeurAdoption
→ Y! Inégaux Adoption : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/inegauxadoption

enfants à besoins spécifiques :
→ Y! à particularités : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/aparticularites
→ Y! Adoption EFA - santé : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/adoptionefa-sante
→ Y! adopter un grand : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/adopter-un-grand
→ Y! adoption d'une fratrie : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/adoption_dune_fratrie
→ Y! Hépatite B et adoption : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/Hepbadopt

profils particuliers :
→ Y! adopter en solo : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/adoptionensolo
→ .io adopter en solo : groups.io/g/adoptionensolo
→ Y! adoption solodarités : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/adoptionsolodarites
→ Y! adoption expatriés : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/adoptionexpatries
→ Y! d'ici et d'ailleurs (enfants bios + adoptés) : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/dicietdailleurs

post-adoption :
→ Y! adoption - un lien se tisse : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/Adoption-un_lien_se_tisse
→ f parentalité adoptive et bienveillante : facebook.com/groups/1740586386238221/

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groupes de discussion par pays :

FRANCE
→ Y! Adoption Pupille : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/adoptionpupille 

ADOPTION INTERNATIONALE
→ f Adoption Internationale : facebook.com/groups/21264070040

AFRIQUE
→ Y! Adoption Afrique : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/AdoptionAfrique
Bénin

→ Y! Adoption Bénin : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/adoptionbenin
Burkina Faso
→ Y! Adoption Burkina Faso : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/Adoption_Burkina_Faso
Cap Vert
→ Y! Adoption au Cap Vert : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/adoption_au_cap_vert
Ethiopie
→ Y! Adoption Ethiopie : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/AdoptionEthiopie
→ f Adoption Ethiopie : facebook.com/groups/1555693924646824/
Guinée
→ Y! Nos enfants de Guinée : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/collectif-nosenfantsdeguinee
Madagascar

→ Y! Adoption Madagascar : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/adoptionMadagascar
→ f Adopter à Madagascar : www.facebook.com/groups/1708802389134777/
Rwanda
→ Y! Adoption Rwanda : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/adoption-rwanda
Sénégal

→ Y! Adoption Sénégal : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/adoptionsenegal
Tunisie
→ f Enfance et familles d'adoption en Tunisie : facebook.com/groups/Adoptiontunisie/
→ f L'adoption en Tunisie : facebook.com/groups/1646831728929885/

Pays KAFALA :
Algérie
→ f procedure kafala en Algérie : facebook.com/groups/1822818981271901/
→ f kafala (adoption en algerie) : facebook.com/groups/104615326738953/

Maroc
→ f L'adoption au Maroc dit Kafala : facebook.com/groups/345110995530156/ 


AMÉRIQUE
→ Y! Adoption Amérique Latine : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/adoption_amerique_latine
Brésil
→ Y! Adoption Brésil : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/AdoptionBresil
→ f Adoptants Brésil, Portugal et Cap Vert : facebook.com/groups/adoptionbresil
Colombie
→ Y! Adoption Colombie : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/AdoptionColombie
→ f Adoption en Colombie : www.facebook.com/groups/13171593959/
Haïti
→ Y! Groupe Adoption Haïti : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/groupeadoptionHaiti
→ Y! Adoption Enfants Haïti : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/AdoptionEnfantsHaiti 

ASIE
Cambodge
→ Y! Cambodge Adoption : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/CambodgeAdoption
Chine
→ Y! Adopter En Chine : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/AdopterEnChine
→ f Adoptants En Chine : facebook.com/groups/adopterenchine
Inde
→ Y! Esprit Inde : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/esprit_inde
Kazakhstan
→ Y! Adoption Kazakhstan : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/AdoptionKazakh
Népal
→ Y! Groupe Népal : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/groupenepal
Philippines
→ f Adoption aux Philippines : facebook.com/groups/598182186949659
→ Y! Adoption Philippines : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/adoption_Philippines
→ Y! PAEPAMA (Philippines) : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/PAEPAMA
Sri Lanka
→ Y! Adopter au Sri Lanka : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/enfant-sri-lanka
Thaïlande
→ Y! Adoption Thaïlande : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/Adoption-thailande
Vietnam
→ f Adoption Vietnam : facebook.com/groups/498809910137833
→ Y! Bouilles Vietnam : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/bouilles_vietnam
→ Y! Coeur Vietnam : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/CoeurVietnam
→ .io Coeur Vietnam : groups.io/g/CoeurVietnam
→ f Adoption Vietnam EBS : facebook.com/groups/819316111499646/ 

EUROPE DE L'EST
Lettonie
→ Y! Adoption en Lettonie : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/ADOPTIONENLETTONIE
Lituanie
→ Y! Adoption Lituanie : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/adoptionlituanie
Russie
→ Y! Adopter en Russie : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/adopterenrussie
→ Y! Adoption Russie : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/Adoption-Russie
→ Y! Post-Adoption Russie : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/Post_Adoption-Russie
→ Y! Adoption éthique en Russie : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/AdoptionEthiqueENRUSSIE
Ukraine
→ Y! Adoption Ukraine : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/adoptionUKRAINE
→ f Adoption en Ukraine : facebook.com/groups/767342170017851 

AUTRES
→ Y! Petits Pays d'Adoption : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/petits_pays_d_adoption
Polynésie Française
→ Y! Adoption en Polynésie Française : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/adoptionenpf
→ Y! Adopter Polynésie : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/adopterpolynesie
→ Y! Familles Fa'a'mu : fr.groups.yahoo.com/neo/groups/familles-faaamu
→ f Fa'a'amu : Enfants adoptés de Polynésie : facebook.com/groups/567686916721107

mardi 27 octobre 2015

Chercher un chemin

Vous avez enfin obtenu le précieux sésame, vous avez passé avec succès le 1er niveau de ce voyage en Adoptie : vous avez reçu votre agrément !
Maintenant c'est un peu la panique... Parce qu'il n'y a plus de rendez-vous pour rythmer votre projet, c'est un peu le saut dans le vide.

Une fois l'agrément obtenu, plusieurs voies sont possibles :

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I - Adopter en France

1) Conseils Généraux

Si votre projet est d'adopter un enfant jeune et sans problème de santé, il vous faut vérifier auprès de votre Conseil Général si vous êtes éligibles pour l'adoption d'un enfant pupille de l'Etat. En effet, chaque département impose ses propres critères. La grande majorité ne sélectionnera que les couples hétéros mariés, sans enfant au foyer, et avec une limite d'âge à ne pas dépasser (35 ans, 40 ans...). Ces critères sont souvent annoncés dès le début de la démarche d'agrément, lors de la réunion d'information.
Dans la plupart des départements, les dossiers des postulants passent en Conseil de Famille par ordre chronologique. Lors d'un Conseil de Famille réuni pour choisir des parents pour un pupille adoptable, les membres doivent alors choisir, souvent parmi 3 couples postulants, celui qui semble le plus adapté à l'enfant. Les postulants sont choisis sur dossier, d'où l'importance des rapports psychologique et social qui ont été rédigés pour l'agrément... Et également, l'importance de garder contact avec l'ASE, d'être acteur de son projet, de participer aux réunions que proposent votre ASE et les associations (EFA notamment).
L'agrément ayant une valeur nationale, il est possible de contacter d'autres départements pour y déposer une candidature. Toutefois, pour un projet "restreint", c'est inutile : tous les Conseils Généraux ont bien plus de dossiers de postulants que de pupilles adoptables...

Dans le cas de projets tournés vers des enfants à besoins spécifiques, certains Conseils Généraux peuvent lancer des appels aux autres départements ou accepter des candidatures spontanées de personnes agrémentées dans un autre département. Ils peuvent également faire part de ces recherches à des OAA oeuvrant en France, ou à des associations spécifiques.

2) OAA

Quelques OAAs en France peuvent proposer des enfants pupilles de l'Etat. Ils sont habilités à aider les femmes avant et après la naissance dans leur choix de confier leurs enfants, de prendre en charge ces enfants et de leur trouver une famille.
Certains se sont "spécialisés" dans l'adoption d'enfants à besoins spécifiques, notamment porteurs d'une trisomie 21.
→ Site de la FFOAA : liste des OAA habilités à confier des enfants nés en France : lien

3) ERF, ORCA et ORCAN

ERF : Enfants en Recherche de Famille : lien
ORCA : Organisation Régionale de Concertation sur l'Adoption : lien
ORCAN : Organisation Régionale de Concertation sur l'Adoption en Normandie : lien
Ce ne sont pas des OAA mais des organismes qui s'efforcent de trouver des parents à des enfants pupilles ayant des particularités importantes : enfants grands, fratries, particularités médicales.

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II - Adopter à l'étranger

1) OAA

OAA = Organisme Autorisé pour l'Adoption
Les OAA sont des associations privées, fondées, pour un grand nombre d'entre elles, par des parents adoptifs soucieux de trouver des familles aux enfants recueillis dans les orphelinats qu'ils ont croisés dans leurs parcours.
→ Liste des OAA : lien
Chaque OAA est autorisé à exercer dans certains départements, et habilité pour certains pays d'origine.

Une fois l'agrément obtenu, les postulants peuvent envoyer leur candidature aux OAA : lettre de motivation explicitant le projet (ouverture), copie de l'agrément et de la notice, copie des rapports, photos... N'hésitez pas à chercher des informations sur chaque OAA avant d'envoyer votre candidature : visitez leur site (certains y précisent les documents nécessaires pour une candidature), passez-leur un coup de fil, discutez avec des adoptants qui sont passés par eux récemment...
Ce sont les OAA qui choisissent les candidats qu'ils acceptent d'accompagner. Les élus sont rares et concernent, de plus en plus souvent, des postulants ayant un projet ouvert.
Chaque OAA a son mode de fonctionnement propre : réunion d'information, questionnaire relatif au profil et au projet des candidats, rencontre avec une famille référente, entretien avec un psychologue, ...
En cas de refus, certains OAA justifieront, d'autres non. Il est parfois nécessaire de relancer plusieurs fois les OAA pour avoir un entretien ou une demande de renseignement complémentaire. Ce n'est qu'une fois le Protocole de Mise en Relation (PMR) signé que l'acceptation par l'OAA est définitive... Mais rien ne peut garantir avec certitude l'issue de la procédure à ce stade.

A noter que plusieurs OAA peuvent vous accompagner pour un projet d'enfants à besoins spécifiques et participer à des procédures dites en flux inversé : une pré-proposition est faite aux postulants avant l'envoi de leur dossier dans le pays d'origine.

2) AFA

AFA = Agence Française de l'Adoption
C'est une agence publique ayant pour mission d'aider et d'accompagner des candidats dans leurs projets d'adoption.
lien
Contrairement aux OAA, l'AFA ne peut sélectionner les candidatures que selon les critères imposés par les pays d'origine.

Pour un projet d'enfant jeune et en bonne santé, la plupart des pays fonctionnent par quota : ils lancent des appels à candidatures sur des temps données, par l'intermédiaire de l'AFA. Il faut donc surveiller le site de l'AFA, et, lors d'un "appel à dossier", préparer les documents demandés et les envoyer à la date indiquée... et espérer figurer parmi les élus.

Pour un projet d'enfants à besoins spécifiques, plusieurs pistes sont possibles : certains pays acceptent les dépôts de dossier (uniquement pour des enfants grands ou porteurs de pathologies importantes) ; d'autres fonctionnent en flux inversé : l'AFA pourra proposer un dossier d'enfant aux postulants en tout-début de démarches, et si les postulants acceptent cette proposition, ils doivent alors envoyer leur dossier dans le pays d'origine de l'enfant.

3) démarche individuelle

Démarche individuelle = procédure non accompagnée par un opérateur privé ou public.
Peu de pays l'acceptent encore, du fait de la ratification de la Convention de la Haye.
Il s'agit de trouver un contact au sein d'un pays : un avocat, un responsable d'orphelinat, un intermédiaire, pour réaliser une démarche dans le pays. Il est conseillé de contacter des adoptants ayant pu aboutir récemment dans le pays avant de commencer toute démarche.
→ La liste des pays encore ouverts à l'adoption internationale est disponible sur le site de la Mission Adoption Internationale : lien. A vous de les consulter pour vérifier quels pays sont encore accessibles en démarche individuelle...

Cas particuliers :

Polynésie Française : la "circulation d'enfants", appelée fa’a’amu, est une pratique culturelle de cette Collectivité d'Outre-Mer.
Il est possible qu'un couple de métropolitains soit choisi par une femme enceinte désireuse de leur donner son bébé. Ainsi, le bébé peut être accueilli dès sa naissance. D'abord dans le cadre d'une délégation d'autorité parentale pendant 2 ans, puis, si cela est confirmé par les parents biologiques, cet accueil pourra se transformer en adoption.
lien

Maroc et Algérie : Les pays de droit coranique ne permettent pas l'adoption telle que la France l'entend, c'est à dire la création d'un lien de filiation. Il existe un "recueil légal", appelé Kafala, assimilé à une tutelle.
La MAI refuse de délivrer des visas "adoption" pour les enfants recueillis par Kafala. En revanche, un enfant accueilli en France depuis 5 ans peut demander la nationalité française, et ensuite être adopté au sens du droit français.
Certains départements sont particulièrement réticents à accorder des agréments aux candidats qui ont l'intention d'accueillir un enfant par ce biais.
→ Site de l'APAERK (Association de Parents Adoptifs d'Enfants Recueillis par Kafala) : lien


mardi 13 octobre 2015

EBS // Syndrome des Brides Amniotiques

Zoom sur les brides amniotiques

Qu'est-ce que c'est ?

Généralement, c'est une ou plusieurs malformations au niveau des membres ou des extrémités (doigts, orteils).

Lors de grossesse, il peut arriver que des bandes se forment dans l'utérus et y flottent. Le foetus peut alors être comme pris dans une "toile d’araignée", avec, lors de la croissance des membres, la possibilité que ceux-ci soient emprisonnés dans les brides... Ce qui a pour conséquence un manque de sang à l’extrémité.

Le fœtus peut alors perdre une phalange, un doigt, un membre en entier, ou garder des cicatrises annulaires, comme s'il portait des "bagues trop serrées" au niveau des membres ou des doigts.

Ces anomalies concernent environ 1 à 4 naissances sur 100 000.

Une prise en charge in utero peut être proposée pour libérer les brides. En Adoptie, le suivi médical des grossesses étant limité voire inexistant, ce constat est souvent fait à la naissance.

Il existe quelques formes de brides amniotiques associées à des syndromes génétiques, l’enfant peut alors présenter d’autres malformations.

Quelle prise en charge ?

Elle est variable selon l'atteinte :
- une simple surveillance,
- une libération chirurgicale des cicatrices annulaires, afin de permettre une bonne croissance du membre,
- une prise en charge chirurgicale des malformations (par exemple séparation de 2 doigts collés ensemble), puis de la kinésithérapie post-opératoire
- si le membre est touché assez haut, l’enfant peut avoir besoin d’une prothèse.

Au quotidien ?

Là aussi, la répercussion de cette pathologie sur la vie quotidienne est très variable.
Si les brides amniotiques n'ont eu que des conséquences esthétiques, aucune adaptation n'est nécessaire et le suivi médical sera très léger.
Dans certains cas, le suivi médical peut être plus lourd, avec de la chirurgie, de la kinésithérapie post-opératoire... d'où la nécessité de se rendre disponible pour accompagner son enfant.
Dans le cas où un membre inférieur est amputé, une adaptation du logement peut être nécessaire.

Cette particularité étant une "différence visible", il faut pouvoir faire avec les regards, remarques et questions de l'entourage. Pour les parents, il faudra, jusqu'à ce que l'enfant en soit capable et se sente capable, expliquer cette pathologie et ces conséquences.
Le regard des autres sur les malformations visibles peut être très pesant et il faut pouvoir en protéger l'enfant. Il faut alors expliquer que l'enfant est né comme cela, qu'il n'en ressent pas forcement de douleurs, et qu'il peut avoir besoin de certaines adaptations... ou contraire qu'il n'y a pas d'adaptation et que l'enfant doit pouvoir jouer avec les autres enfants sans être mis à l'écart !
Pour la scolarité, il peut y avoir besoin d'un Projet d’Accueil Individualisé pour pouvoir faire les adaptations nécessaires à l'enfant. Il est de toute façon souhaitable d'en discuter avec les enseignants des l'inscription à l'école, ainsi qu'en amont préparer la rentrée avec les professionnels de santé prenant en charge l'enfant.

mercredi 7 octobre 2015

Une adoption 1

Dans cette rubrique, nous vous proposons de retrouver régulièrement le témoignage d'une maman ou d'un papa adoptant sur son parcours, son chemin vers son enfant et sur leur adaptation commune...
- Année de l'adoption ?
2007
- Quel pays ?
Chine
- Age de l'enfant à son arrivée ?
14 mois
- Votre profil ? Votre projet ?
Tous les deux 29 ans au moment du début des démarches, avec une stérilité de mon côté (ovariectomie bilatérale à 22 ans). Dès que j'ai commencé à me renseigner sur l'adoption (après une série de coïncidences heureuses sur le sujet autour de nous...), j'ai su que c'était par ce biais que nous serions parents... Nous envisagions donc dès lors uniquement cette voie pour devenir parents d'un enfant, d'où qu'il vienne et quel qu'il soit, le plus jeune possible...
- L'agrément, les OAA, l'apparentement ?
Le premier courrier est parti en juin 2004 et nous avons assisté à la réunion d'information en juillet. Il y avait seulement un autre couple (déjà parents biologiques) et une femme célibataire d'un certain âge qui envisageait une adoption infra-familiale (une fillette de Chine). Nous sommes repartis avec le dossier sous le bras, les yeux plein d'étoiles (enfin, surtout moi, mon mari était beaucoup plus prudent)
Nous avons obtenu notre agrément en 7 mois, à la fin de l'hiver, pour "un enfant ou une fratrie, pupille de l’État ou étranger" et avons rédigé nos courriers dans la foulée à une douzaine d'OAA. Nous avons eu trois réponses positives nous invitant à un retour de questionnaire et puis à une rencontre. C'est un OAA pour la Chine qui nous acceptât définitivement le premier. Notre dossier, minutieusement préparé, fut envoyé en Chine le 22 août et enregistré en Chine le 2 septembre suivant (nous ne devions connaître notre LID que des mois plus tard). Ce fut juste à cette période (en réalité à partir du mois d'octobre 2005) que les délais en Chine commencèrent à augmenter petit à petit. Au moment où notre dossier fut envoyé, les délais étaient de 6-7 mois à peine entre la LID et la l'apparentement en "matching room". A partir de ce mois d'octobre 2005, le nombre de jours traités a commencé par être divisé par deux, puis par beaucoup (beaucoup) plus. Au final, nous n'avons attendu "que" 15 mois, mais ce furent les 15 plus longs mois de mon existence.
Le jeudi 30 novembre 2006 à 15h30, je reçus le coup de fil de notre OAA, alors que j'étais au travail. Tous ces mois à préparer les questions que j'aurais à poser, et rien ne me vint à part "oui..., merci..., d'accord...". Une petite fille de 12 mois et demi portant le prénom du Bonheur nous attendait à la croisée des provinces du Hubei, du Jiangxi et du Hunan...
- Quelle prise en charge de l'enfant sur place ? (accueil, prise en charge médicale, préparation à l'adoption...)
Notre petite puce était en famille d'accueil depuis sa naissance. Famille avec laquelle nous n'avons pas eu le droit d'avoir de contact (mais que nous avons retrouvé ensuite via Internet). Elle était seulement amenée à l'orphelinat une fois par mois pour le suivi médical. Tous les enfants de l'orphelinat étaient en famille d'accueil et toutes les petites filles de notre groupe (nous étions 7 familles) étaient très éveillées.
Le dossier médical était ultra complet. Quant à la préparation à l'adoption, je n'ai pas beaucoup d'informations sinon qu'à priori, les petites avaient été sorties des familles d'accueil environ 3 semaines avant la rencontre.
- La rencontre ?
Elle a eu lieu dans l'hôtel où nous résidions à Wuhan, à 10h du matin. Nous étions arrivés l'avant veille. Les petites avaient du être levées tôt et venaient de faire 3 heures de bus. Beaucoup de fatigue... Après quelques premiers pleurs, ce fut de grands sourires, depuis l'ascenseur jusqu'à la chambre 1206 et son petit lit... Et puis un gros dodo. Et encore des sourires... Cette rencontre et ce séjour de 15 jours en Chine, ce fut un arc-en-ciel, une adoption ultra facile et idéale, une adoptation idyllique.
- Les débuts ? La vie de famille ? Les difficultés ?
Difficultés à trouver ses marques bien sûr au début. Déjà à sortir de notre bulle à trois -construite pendant nos deux semaines en Chine-. Difficultés pour moi à accepter qu'on me nomme la "maman" de cette enfant, à prendre confiance en moi et à me sentir légitime en tant que maman. Difficultés à gérer les grands-parents. Difficultés pour elle au niveau du sommeil (encore aujourd'hui, à 9 ans 3/4, la séparation le soir ne se fait pas sans mal...). A part ça, un bonheur de tous les jours... C'est une adorable enfant...
- Un souvenir marquant ?
Le premier soir à 18h, lorsque notre miss a commencé à nous faire une énorme crise de pleurs, sans que rien ne puisse la calmer. Avant de finir par s'effondrer d'épuisement à 19h et de faire un dodo jusqu'à 7h du matin le lendemain, sans interruption. L'émotion, le trajet, la fatigue accumulés. Et une première angoisse de parents de ne pas arriver à soulager cette crise...
Tartine

jeudi 1 octobre 2015

Construire son projet

Nous avons créé ce blog avec l'idée d'aborder divers sujets autour de l'adoption, et plus précisément les "besoins spécifiques".
Pour ceux qui ne le sauraient pas, voici la situation actuelle : beaucoup de pays se sont fermés à l'adoption internationale, d'autres ne proposent plus que des enfants grands ou porteurs d'une spécificité médicale. Les pays dans lesquels il est encore possible d'adopter un enfant jeune et en bonne santé sont très rares, et les postulants ayant un tel projet ont beaucoup de mal à le voir aboutir.
Pour ceux qui correspondent aux critères imposés par leur CG, attendre qu'un pupille de l’État leur soit proposé devient parfois une alternative plus rapide et plus certaine que se lancer dans une démarche à l'international, alors qu'il faut souvent passer un deuxième agrément, le premier devenant caduc au bout de 5 ans.
Ainsi, demander un agrément pour un enfant porteur d'une particularité de santé, ou ouvert sur la tranche d'âge, devient petit à petit la norme.
Le danger, dans cette démarche d'élargissement du projet, est justement que l'enfant qui arrive soit trop loin de l'enfant qu'on espère, dont on rêve, depuis le début de la démarche. C'est pourquoi il est nécessaire d'être vraiment prêts, vraiment partants, pour accueillir cet enfant tel qu'il arrivera. Il faut pouvoir le trouver parfait en tout point !
Adopter, c'est déjà choisir de relever un défi. Y ajouter une ouverture à des problèmes de santé, et/ou faire le choix d'accueillir un enfant déjà grand, ce n'est pas anodin...




On appelle Enfants à Besoins Spécifiques tous les enfants qui présentent une ou des particularités qui les rendent plus difficilement adoptables qu'un enfant jeune et en bonne santé.
~~~~ Enfants grands ~~~~
L'âge à partir duquel on considère qu'un enfant est "grand" varie, et a tendance à augmenter, de nos jours où il y a de moins en moins d'enfants en bas âge proposés à l'adoption internationale.
Selon les pays et les OAA, "enfant grand" peut donc vouloir dire "enfant âgé de plus de 6, 7, 8, 9 ans"...
~~~~ Fratries ~~~~
Un projet d'adoption d'une fratrie va de pair avec une ouverture sur l'âge. Il est illusoire de penser adopter une fratrie de 2 enfants de moins de 3 ans, ou même de moins de 5 ans.
Un projet pour une fratrie de 2 enfants n'est pas vraiment considéré comme un projet "ouvert" car c'est relativement courant, à moins d'être également très ouverts sur l'âge. En revanche, les fratries de 3 enfants et plus sont considérées comme "à besoins spécifiques".
~~~~ Problèmes de santé ~~~~
Pendant la démarche d'agrément, cette question sera abordée. Contrairement à ce que nous entendons parfois, s'ouvrir à des particularités de santé ne signifie pas s'ouvrir à tout ! Au contraire, il est important de délimiter son projet. La notice jointe à l'agrément pourra être plus précise qu'un simple "particularités acceptées", voire lister certains besoins spéciaux.
Nous n'avons pas prévu une liste exhaustive, bien entendu ! Mais voilà quelques idées d'ouvertures qui peuvent être pensées :
- inconnues de développement : grande prématurité, Syndrome d'Alcoolisation Foetale, retard de croissance intra-utérin (RCIU), retard de développement inexpliqué, ...
- particularités opérables : fente labio-palatine, pieds bots, doigts palmés ou autres malformations de membres, cardiopathies de degrés variables, malformations digestives, anomalies génitales, ...
- différence physique non réversible : nanisme, albinisme, agénésie d'un ou plusieurs membres ou partie de membre, atrésie de l'oreille, ...
- handicap moteur : paralysie (séquelle de Spina Bifida par exemple), infirmité motrice cérébrale, ...
- maladie chronique : hépatite B, VIH, drépanocytose, thalassémie, diabète, asthme, épilepsie, ...
- handicap sensoriel : surdité, cécité (partielle ou totale)
- handicap mental : principalement la trisomie 21, mais pas seulement
~~~~ Passé de l'enfant ~~~~
- maltraitance
- abus sexuel
- histoire familiale lourde




Quelques questions à se poser pour réfléchir à ces différents besoins spécifiques :
- Un enfant atteint par cette pathologie, pourrais-je l'aimer inconditionnellement et le faire devenir pleinement MON enfant ?
C'est la question la plus importante : se forcer à accepter un problème de santé que l'on juge trop lourd, qu'on ne "sent" pas, pourrait avoir des répercussions très néfastes sur l'attachement futur à l'enfant qui arriverait...
- Que suis-je capable de gérer au quotidien et de "faire subir" à mon enfant ?
Une prise de traitement quotidienne ? Des opérations ? Une stimulation poussée ? Plusieurs rendez-vous par mois pendant plusieurs années auprès de différents spécialistes ? Un établissement scolaire adapté ?
- Ai-je vraiment conscience de ce que ça représente comme complications au quotidien ?
En plus du fait qu'être parents d'un enfant de plus, ça simplifie rarement la vie...
Avons-nous un accès facile aux soins et suivi nécessaires ? Hôpital, médecin spécialiste, kiné, orthophoniste, école adaptée, ...
Ma maison est-elle adaptable, en cas de handicap moteur ?
- Quelles sont mes attentes en terme d'autonomie ?
Suis-je à l'aise avec l'idée que mon enfant, à l'âge adulte, ne pourra peut-être pas exercer un métier, être indépendant ?
- Mes épaules sont-elles assez solides pour supporter le regard des autres ?
Si mon enfant est porteur d'une particularité visible, il n'échappera pas aux regards, remarques, questions, parfois aux moqueries… Il devra les supporter même s'il n'était pas mon enfant, bien sûr… mais moi, cela me paraît-il surmontable en tant que parent ?
- Et la famille élargie ?
Bien sûr, ce n'est pas le projet des futurs grands-parents, mais, même s'il ne faut pas "leur demander leur avis", il est important de réfléchir à la répercussion que peut avoir l'arrivée d'un petit-enfant "différent" et les préparer si on le trouve nécessaire. Les rassurer sur le fait que oui, c'est vraiment ce qu'on veut, et oui, on sait où on met les pieds !
NB : il peut exister des réunions ou sorties destinées plus particulièrement à la famille élargie, renseignez-vous auprès des associations, notamment l'asso EFA de votre département.
Et s'il y a déjà des enfants au foyer : quel impact à court et à long terme ?




Comment se renseigner sur les différentes pathologies ?
votre médecin généraliste ou pédiatre... attention cependant, certains médecins ne sont absolument pas au fait de l'adoption internationale et pourraient être excessivement alarmants.
COCA : Consultation Orientation et Conseil en Adoption
→ rdv avec un spécialiste, si on s'oriente plus spécifiquement vers une pathologie en particulier
→ sur internet : sites médicaux et groupes de discussion, notamment "EFA-santé" et "à particularités"
réunions organisées par l'AFA (réservées aux postulants déjà titulaires d'un agrément) et les OAA (parfois ouvertes aux postulants en cours d'agrément)
réunions organisées par l'association EFA de votre département ou des départements limitrophes : tenez-vous informés !