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jeudi 8 novembre 2018

une attente 4


Dans cette rubrique, nous vous proposons de retrouver régulièrement le témoignage d'une maman ou d'un papa encore dans l'attente de son(ses) enfant(s)... 


Votre profil ? 

Nous sommes âgés de 39 ans tous les deux, en couple hétérosexuel depuis 10 ans, et mariés depuis juin 2016. Nous n'avons pas encore d'enfant, mais sommes en pleine grossesse adoptive ;-).

Nous avons souhaité fonder une famille dès 2010. Je suis d'ailleurs tombée enceinte très vite, grossesse qui s'est terminée 3 mois plus tard... Je ne savais pas alors que ce serait mon unique grossesse biologique!

Et puis... les mois passent, sans que rien ne se passe. Ensuite, il y a eu la PMA, pendant plusieurs années... et puis un jour, nous avons dit stop à ces démarches médicales intrusives et à ce qu'engendraient les traitements pour ma santé.

Depuis quand avez vous le projet d'adopter ? quel a été votre cheminement vers l'adoption ?

Le jour même où nous avons pris la décision d'arrêter la PMA, nous avons étudié les voies qui s'offraient à nous. La parentalité fait partie de nos projets de vie, il était hors de question d'y renoncer.

Une fois passé le cap du deuil de la grossesse biologique, l'adoption a été très vite une évidence pour nous!

Nous avons tous deux des compositions familiales atypiques qui nous ont très tôt confrontés aux questions de ce qui fait une famille, un parent, et de la place ou pas de la transmission génétique dans tout ça (j'ai une sœur issue de PMA avec don avec qui je n'ai aucun gène en commun, le frère de mon mari a été élevé par un père "adoptif", qui n'était pas son géniteur... pour ne parler que d'eux !)


Votre projet ?

Nous avons un agrément pour un enfant de moins de 4 ans, de sexe indifférent, toute ethnie, et pouvant présenter des particularités légères et /ou curables.

Pour l'âge, nous avons observé les enfants de notre entourage, avec comme question : pourrions nous nous sentir parents d'un enfant de tel âge?

Concernant les particularités, nous avons rencontré un pédiatre spécialisé, de la COCA, qui nous a expliqué une masse de pathologies, leur prise en charge, leurs séquelles... une fois munis de ces infos, nous avons réfléchi chacun de notre côté, nous étant mis d'accord : pour nous, il fallait que les deux puissent se sentir parents de notre enfant, et donc si l'un s'opposait à une pathologie, il n'y avait pas de discussion. Bon, j'avoue, ça ne nous a pas empêchés de tenter d'argumenter ;-). Mais au final, nous sommes tous les deux pleinement d'accord avec les limites de notre projet.

Quelles démarches post-agrément ?

Nous avons obtenu l'agrément en septembre 2017.


Le Conseil Départemental nous avait bien dit que nous avions le profil idéal pour un nourrisson pupille de l'état, nous avons donc fait le choix d'attendre un an ou deux, pour voir si cela pouvait aboutir... et puis, les coûts d'une procédure à l'international nous faisaient peur, nous avions encore besoin d'évoluer sur cet aspect.

Et puis nous avons rencontré des parents, qui avaient adopté un an auparavant en Thaïlande. En entendant leur parcours, nous avons pris conscience de la difficulté d'être acceptés par un OAA, et du délai possible avant de voir s'entrouvrir une porte...

Fin novembre 2017, nous avons envoyé des courriers aux OAA agréés de notre département, presque tous, ayant écarté uniquement ceux qui ne travaillaient que dans les pays où les enfants adoptables étaient grands.

4 jours plus tard, à notre immense surprise, nous recevions un courrier d'amorce de rencontre avec un OAA - d'ailleurs nous n'avions pas compris, et nous avons fait la gueule tout le week-end, croyant qu'il s'agissait d'une arnaque, puisqu'ils ont eu la bonne idée de joindre l'échéancier des frais à cette première réponse!

Au final, 4 OAA nous ont répondu qu'ils souhaitaient nous rencontrer. Nous en avons écarté 2, qui travaillaient avec le même pays, car nous n'étions pas à l'aise avec les procédures d'adoption là-bas, notamment les délais entre l'apparentement, la rencontre et le retour à la maison.

On a tout misé sur le Vietnam! Les 2 OAA rencontrés nous ont donné leur réponse définitive la même semaine, après diverses étapes de rencontres. Nous avons eu le luxe de choisir par affinités :-)

Aujourd'hui, nous avons l'agrément depuis 14 mois, et un dossier au Vietnam depuis 6 mois. Nous sommes en attente du coup de fil de la rue d'à côté, ou du pays là-bas, qui fera de nous des parents.

Comment occupez-vous et gérez-vous l'attente ? 

Nous essayons de nous rappeler qu'il y a autre chose à vivre, et notamment nos derniers mois en tant que couple sans enfant... mais on y pense tout le temps. Notre enfant n'est pas là, mais il est déjà beaucoup dans nos têtes, et il se fraie un chemin dans nos cœurs...


Je suis en pleine grossesse, mais je ne peux pas sentir bouger mon petit, et j'attends l'échographie :-). Alors je guette des signes, qui me font dire que notre petit me fait coucou! Mon signe le plus absurde c'est d'avoir trouvé le Vietnam sur une bouteille de bière ;-)

J'ai l'impression, au fil des mois, que l'attente se fait plus physique, je sens un vide qui a besoin de se remplir par de la nourriture adoptive.

Alors nous assistons aux réunions EFA, notre OAA nous propose pas mal de formations (déjà 3 entre mars et novembre).
Et puis nous regardons des films, lisons des livres, rencontrons des gens en vrai ou virtuellement... Et nous témoignons!

Quel est votre vécu, vis à vis de vos proches, de cette attente ?

Nos proches sont tous très impatients, nous en profitons pour les préparer aux spécificités adoptives, notamment dans les premiers contacts. Pour l'instant ils sont à fond dans la compréhension, mais je parie qu'ils vont jeter leurs bonnes résolutions aux orties dès que notre enfant pointera le bout de son nez, et que nous devrons les éloigner avec des fourches et des piques! Même nos neveux et nièces nous demandent des nouvelles "du cousin".


crédit photo Cœur adoption


samedi 31 mars 2018

Lettre à ma fille


Petite fille,

Aujourd’hui c’est vraiment l’hiver ici, la température passe en dessous de 0 degrés. Ton frère est au ski, il doit se régaler avec un grand soleil et -16 degrés. J’ai regardé chez toi, il fera 41 degrés au plus chaud de la journée. Sans doute que les nounous vous mettront des bassines d’eau comme nous l’avons vu sur des photos.

Quand nous avons appris ta venue prochaine, il y a déjà 4 mois, je me suis dit que ça allait être insupportable de t’attendre. Je me demandais comment supporter de vivre ici dans l’opulence alors que tu es là-bas manquant de tout. Mon cerveau ne pouvait pas concilier d’être à la fois à 12 heures de trajet de toi, et à 12 mois de faire ta connaissance.

D’ailleurs, j’ai du mal à t’appeler ma fille pour le moment. Je ne suis pas près de toi pour te donner à manger quand tu as faim, pour te prendre dans mes bras quand tu te fais mal, ou pour te chanter une chanson pour t’endormir. Nous connaissons ton nom et ton visage, mais pas ta peau ni ton regard ; il me semble que nous ne méritons pas encore d’être désignés comme tes parents.

Pourtant c’est finalement avec joie que nous t’attendons. Nous avons vu que tu étais bien soignée là où tu es. Tu dois bien manger, tu es potelée. Tu dois avoir des nounous qui prennent le temps, tu es bien coiffée. On te voit dans des bras, tu as presqu’une vingtaine de copains copines qui sont comme autant de frères et sœurs puisque vous vivez ensemble.

Nous avons compris que ce dont tu as besoin, ce sont des parents qui font les choses dans l’ordre et qui acceptent les contingences du monde, et pas des parents qui se laissent briser le cœur par leur imagination ou ronger par leur culpabilité. Nous sommes heureux que ton pays nous demande de subvenir à tes besoins en t’attendant.

Nous nous préparons doucement et nous trompons l’attente. Ton papa a entrepris d’arracher la haie à la main. J’ai commencé sur le mur du jardin une fresque que je ne finirai jamais. La maison entière est en travaux pour préparer ta venue : rotation des chambres, tri des placards, nouveaux aménagements… surtout ne pas finir trop rapidement !

Ton papa et moi avons trié le grand tas rose : entre les affaires de ta cousine et des copines, plus les bricoles qu’on trouve nous-mêmes, tu ne manqueras de rien. Je garde jalousement une boite avec des petits trésors que je te réserve, des objets très anciens et d’autres anodins, des petits personnages choisis avec soin, des jolies choses en bois.

Pour éviter de te surcharger les neurones j’ai fait une sélection drastique de livres et de jouets qui auront le droit d’aller dans ta chambre. Le reste est au sous-sol. Je ne me fais pas d’illusion : si ça tient jusqu’au lendemain de ton arrivée sans que ton frère aille t’en repêcher la moitié, ce sera déjà bien beau.

Il parle souvent de toi, et lève les yeux au ciel en imaginant que tu vas le suivre partout et qu’il ne sera plus jamais tranquille. Ne te fie pas à ses remarques bourrues : il n’attend que ça. Je suis sûre qu’après ton arrivée il n’aura plus peur de rester à la maison sans nous, car tu seras là et c’est la solitude qu’il craint, plus que les prétendus cambrioleurs.

Nous t’attendons dans la joie, mais non sans questions. Nous en savons si peu sur toi. Pourtant, on est en 2018 : nous avons la chance d’avoir reçu beaucoup de photos et même quelques petites vidéos. Mais à nos questions sur toi, on nous répond : elle est mignonne, pour le reste elle est trop jeune pour avoir un caractère – car les personnes qui rédigent cela ne sont pas celles qui vivent avec toi.
Alors c’est difficile d’éviter que nos cerveaux remplissent les blancs. On te dit discrète ; sais-tu seulement parler ? On t’entend pleurer ; es-tu inconsolable ? Tu ne souris pas ; mais peut-être danses-tu ? Tu tiens souvent l’autre petite fille qui a ton âge par l’épaule, nous pardonneras-tu de vous séparer ?

Nous t’attendons dans la joie, mais aussi la peur au ventre. La semaine dernière j’ai entendu aux informations un drame dans ton pays ; 15 minutes après je me suis coincé le doigt dans une porte. Que les hommes se tiennent tranquilles ! Surtout, que la guerre ne vienne pas se mettre entre nous.
Encore un peu de patience, petite fille. Mais c’est à moi-même que je devrais dire cela, car tu ne nous attends pas encore, et c’est tant mieux, car que peut signifier une attente si longue dans une petite tête de deux ans ? Dans quelques mois nous aurons le droit de t’envoyer des petits cadeaux et des photos de nous. Tu sauras alors que quelque chose se trame. Comprendras-tu que nous pensons à toi ? Reçois-tu déjà les ondes de nos prières ?

A bientôt, petite fille, ma poussinette.
M.

lundi 16 octobre 2017

on lu pour vous 9: le Nid

Chaque année au printemps, l’oiselle et l’oiseau
font leur nid. Ils choisissent le meilleur endroit,
sélectionnent soigneusement chaque brindille
pour construire un cocon douillet à leurs petits.
Le temps passe et malgré leur persévérance,
leur nid reste vide.
La tristesse les envahit quand une arrivée inattendue
concrétise leur rêve.

Un album tout doux sur l’adoption.




http://www.editionslesminots.com/album-le-nid.php

~~~~~~~~~~
Nala

c'est un petit album très coloré qui parle surtout de l'attente, un couple qui n'attend que ça d’être parents, qui construit un nid pour accueillir un enfant qui ne semble jamais arriver. De ce point de vue j'ai trouvé en tant qu'adulte que c'était bien raconté, doux et pas trop niais. Du point de vue des enfants, je crois que mes enfants sont restés sur leur faim après la fin de l'histoire justement parce que ça parle surtout de l'attente. Quand on sait combien sont naturellement patient les enfants. ou en tout cas les miens!
en tout cas un bel effort pour parler de ce sujet qui nous tient à cœur,
à lire des le plus jeune age

lundi 2 octobre 2017

Deux attentes


La première attente pour la première adoption, elle est venue comme un immense espoir après les terribles attentes de l'infertilité. L'attente de tous les mois à serrer les fesses, l'attente dans le couloir de l’hôpital, l'attente avec les pieds dans les étriers.

Du coup, au début, on la trouve super sympa, cette nouvelle attente. Un monde s'ouvre à nous : tant à lire, tant à découvrir, tous ces gens à rencontrer, toutes ces discussions à avoir ! Et puis on est en 2008-2009, l'adoption internationale est en perte de vitesse mais il y a des procédures qui vont relativement vite encore. On sait, on sent, que si on est motivés, on va y arriver. De toute façon, on est totalement incapables de s'imaginer sans enfants, alors faut que ça marche, non ?

De fait, on trouve le chemin rapidement. Trois mois après l'agrément, un organisme nous dit oui, nous allons vous confier un enfant. On entre dans le concret : un pays, une procédure, des délais, on commence à voir où on va. Alors on attend dans la joie. On tricote des trucs, on ouvre un blog et on achète des clipos dans les vide-greniers. Tout est fun, c'est l'aventure. Il faut faire légaliser, surlégaliser, tamponner, c'est trop cool ce papier qui s'amoncelle, on va quelque part, on y croit boudiou !

Lorsqu'on reçoit le coup de fil magique, et très vite le dossier et la photo, ça devient à la fois plus passionnant et plus angoissant. On peut se poser trois mille nouvelles questions, projeter à fond et flipper un peu. On commence à acheter des habits, des objets du quotidien. On repeint les murs, on choisit le tapis, on fait la place, et on compte les jours sur le calendrier...

Et puis un jour l'organisme appelle pour dire que la procédure est bloquée. Qu'une personne qui est contre l'adoption internationale fait un barrage administratif dont on ne comprend pas bien les tenants et les aboutissants. Qu'ils font tout ce qu'ils peuvent et qu'on ne faut pas leur mettre des bâtons dans les roues par des protestations. Qu'il est inutile d'appeler, ils nous appellerons à la minute où ils ont du nouveau. Et là on réalise qu'on est toujours aussi impuissant devant des enjeux politiques qui nous dépassent. Et l'attente devient torture... plus de délai, plus même de certitude. Les habits deviennent trop petits, le nouveau tapis prend la poussière et on ne vit plus... jusqu'à la levée du blocage.

Cette attente (ou plutôt série d'attentes) a bien fini, mais elle nous a marqués. On réfléchit bien avant de se relancer, et quand on est surs de nous, on y va, en se disant bien que cette fois, on ne se laissera pas bouffer par l'attente, on se protègera et on protègera notre grand.

La deuxième attente est plus sournoise. On est déjà parent, ça nous prend moins aux tripes. Bien sûr, on aimerait très fort agrandir la famille, mais on sent qu'on est déjà une famille et on peut se projeter tous les trois. On est bien entendu très occupés avec le grand qui prend sa place et plus encore. On court de sport en musique en réunion de parents d'élèves, on achète des casseroles plus grandes et tous les habits commencent à prendre de la place dans le sous-sol.

On est en 2014, et les statistiques de l'adoption internationale commencent à approcher de très près les pâquerettes. En plus avec quelques années de plus et un enfant, on est de moins en moins prioritaires. On attend assez paisiblement, au refrain de "que sera sera".

On a déjà l'expérience. Il y a toujours des choses à préparer mais on a moins à découvrir. On a déjà lu tout Chicoine, tout Lemieux. On est devenu pro des papiers. On connaît l'employée de mairie qu'est pas godiche, les onglets du trieur sont déjà marqués, on numérise tout, on affranchit en ligne. Le grand dit qu'il voudrait bien des tas de frères et de sœurs, nous on dit que deux enfants ce sera déjà bien. Mais aucun chemin ne s'ouvre à nous.

Et un beau jour de 2016, on gagne au loto. Oui, ça fait bizarre, hein, mais c'est vraiment ça : on est tirés au sort par l'AFA. Deux ans et demi après le début, on retrouve un chemin, et un qui nous parle beaucoup. On entre à nouveau dans l'attente pleine d'espoirs, mais échaudés par les mésaventures -- les nôtres et celles d'autres. On attend sans y penser tous les jours mais notre cœur bondit dès qu'on entend parler du pays aux informations.

On attend sans attendre, on se prépare sans y croire tout à fait. Le grand dit que finalement il est OK pour un frère, mais une sœur hors de question, il ne jouera pas aux petits poneys. Le temps passe vite et on se refuse à mettre des échéances, mais quand même, plus de la moitié de notre agrément est déjà écoulée.

On attend et on sait que le jour où on recevra ce coup de fil -- s'il finit vraiment par arriver -- on s'engagera pour l'autre attente, celle avec la photo. Celle qui est tellement angoissante, celle où l'enfant grandit sur les photos, où on lira dans ses yeux qu'il ne comprend pas, qu'il n'y croit pas vraiment, et où on ne pourra rien faire pour lui, sinon repeindre sans chambre et choisir le tapis. Du coup on oscille : on veut que cette attente prenne fin, mais surtout la suivante ! Mais on ne veut pas non plus que le grand grandisse trop vite, quoi, le collège l'an prochain, déjà ?

Un jour on a mal au dos, au cou. On ne peut plus se tourner pour regarder la pendule devant la table du petit déjeuner. Ou on ne veut plus ? Le kiné dit : vous n'auriez pas des blocages en ce moment dans votre vie... ?

Alors on se lance dans la méditation on reprend le taïchi et... on va témoigner !

Mitzie

lundi 27 mars 2017

Une attente 3

Dans cette rubrique, nous vous proposons de retrouver régulièrement le témoignage d'une maman ou d'un papa encore dans l'attente de son(ses) enfant(s)...

Votre profil ?



Mon mari et moi sommes en couple depuis 9 ans et mariés depuis 2 ans et demi.

Nous avons 30 ans tous les deux.

Nous n’avons malheureusement par encore d’enfant. 

Depuis quand avez vous le projet d'adopter ? Quel a été votre cheminement vers l'adoption ?



Un an après le début de notre relation, nous avons eu l’envie de fonder notre famille.

A cette époque, nous pensions que ce serait « facile et rapide ».

Malheureusement, nous avons très vite compris/appris que c’est la vie qui décide pour nous et non l’inverse.

A la suite de plusieurs grossesses extra-utérines, mon gynécologue m’a retiré les trompes. Nous avions alors 24 ans.

Nous avons entamé un long et difficile parcours PMA, enchaîné les FIV et les examens en tout genre.

Chaque échec devenait de plus en plus difficile à vivre.

Nous avons donc décidé d’arrêter définitivement la PMA.



Par contre, l’envie de fonder notre famille, l’envie d’avoir notre enfant, l’envie de le voir grandir et s’épanouir, l’envie de lui transmettre nos valeurs…n’a pas cessé pour autant.



En novembre 2013, nous écrivions pour la première fois au Conseil Général de notre département.

En novembre 2014, nous obtenions notre agrément.




Votre projet ?
Comment l'avez-vous construit ?



Nous avons un agrément pour un enfant de 0 à 3 ans. Sachant que l’assistante sociale a ressenti chez nous, un besoin de materner, nous devrions être parents d’un bébé pupille.

Nous n’avons pour le moment entamé aucune démarche à l’étranger alors même que notre agrément nous y « autorise ».

Nous ne sommes, finalement, pas encore prêts à faire de telles démarches et puis nous pensons que nous avons de bonnes chances de voir notre projet aboutir dans notre département.

Et puis, compte tenu de nos « critères », notre dossier ne serait probablement pas accepté à l’étranger.

Nous avons donc choisi d’attendre que le Conseil de Famille nous choisisse…





Quelles démarches post-agrément ? Avez-vous des pistes ?


Je crois que tout ce qui se rapproche de près ou de loin au monde de l’adoption nous intéresse.

Nous sommes adhérents à l’Association EFA de notre département.

EFA organise très régulièrement des accueils. Lors de chaque accueil il y’a un thème qui permet d’orienter l’échange mais chacun est libre de parler de ce qu’il souhaite. (Toujours en lien avec l’adoption bien sûr)

Ce qui est intéressant, c’est d’échanger avec d’autres postulants mais également avec des parents par adoption qui nous racontent leurs différents parcours/ressentis. C’est un moment enrichissant qui nous pousse toujours à nous poser de nouvelles questions.

EFA propose également des conférences comme par exemple : ‘La création du lien d’attachement par le jeu », conférence à laquelle nous assisterons le mois prochain.

Pour ma part, je dévore tous les livres qui parlent d’Adoption

Si je ne devais retenir qu’un livre, je choisirai celui de Johanne LEMIEUX : La normalité adoptive : les clés pour bien comprendre son enfant.

Je lis aussi beaucoup les blogs et les forums mais laisse rarement des commentaires.

Je suis également en train de tricoter une couverture pour notre futur enfant.




- Comment occupez-vous et gérez-vous l'attente ?

Tous nos proches sont au courant de nos démarches. Notre famille mais aussi nos amis savent que nous attendons « le coup de téléphone magique » qui changera à jamais notre vie.

Chacun réagit à sa manière, certains osent nous poser des questions, d’autres, surement par peur d’être indiscrets ou de nous faire de la peine, ne nous en parlent jamais.

Même nos petits neveux savent qu’ils auront peut-être bientôt un nouveau petit cousin ou une nouvelle petite cousine.

Ce n’est pas du tout un sujet tabou pour nous. Cela fait partie de notre histoire.

Ce qui est sûr, c’est que nous sommes prêts à accueillir notre enfant.

Nous savons que l’attente va encore être très longue, plusieurs mois, plusieurs années peut-être mais nous finirons par être une famille. 

Le mot « Patience » a vraiment pris pour nous tout son sens. 

Boupe




lundi 6 mars 2017

Une attente 2

Dans cette rubrique, nous vous proposons de retrouver régulièrement le témoignage d'une maman ou d'un papa encore dans l'attente de son(ses) enfant(s)...

Votre profil ? (âge / couple ou célibataire / déjà des enfants ou non)
 
Nous sommes en couple depuis 2006, marié depuis 2 ans, J'ai aujourd'hui 28 ans, Monsieur 38 ans. Nous sommes considérés sans enfant. "Nous" avons été enceinte d'un petit garçon, décédé à 6mois de grossesse.


Depuis quand avez vous le projet d'adopter ? Quel a été votre cheminement vers l'adoption ?
Il y a 8 ans nous avons décidé de fonder une famille, 18 mois plus tard, fin 2010, nous apprenions la stérilité de mon mari. Peu de temps avant les examens, il m'avait dit préférer l'adoption s'il se révélait stérile, moi je n'y avais pas réfléchi : "chaque chose en son temps, peut être qu'il n'y a aucun souci... et puis ça veut dire que je ne serai jamais enceinte". C'était alors plus une constatation qu'un regret.

Cette discussion m'avait poussé à y réfléchir et à me renseigner, j'ai écumé les sites internet, blogs, forums, et finalement quand le résultat est arrivé, moi j'étais prête à me lancer... mais lui avait fait le chemin inverse : "je veux te voir enceinte". Ajouté à cela les médecins qui vous donnent facilement espoir : "c'est un cas facile, vous êtes jeunes, ça va marcher", l'idée de l'adoption n'avait pas complètement disparue mais était rangée dans un coin de nos têtes. Nous en discutions régulièrement, avions acheté un livre, je continuais à me renseigner et à faire des "comptes-rendus" à l'homme, mais nous ne nous sentions pas prêts à nous lancer pour de bon, toujours dans l'espoir que la prochaine tentative serait la bonne.

Notre parcours n'a pas été aussi simple que ce que les médecins avaient promis, nous avons enchaîné pas mal de tentatives mais en 2013 je tombe enceinte. Malheureusement lors des échographies notre bébé présente  un retard de croissance et plusieurs signes inquiétants, au niveau des mains, du visage, mais surtout du cerveau... les médecins mettent du temps à poser un diagnostic exact mais il s'avère que le handicap dont souffre notre petit garçon est vraiment très lourd. Nous subissons une IMG.

Nous avons repris la PMA après, mais nous arrivions vraiment à saturation. La question de l'adoption s'est sérieusement reposée. Je pense que le fait d'avoir vécu une grossesse m'a beaucoup aidé à franchir le pas : mon fils m'avait permis d'être enceinte, je ne ressentais pas forcément le besoin de revivre ça, cependant j'ai mis quelques mois à me sentir prête, non pas à adopter, mais à passer l'agrément : trop peur que les travailleurs sociaux nous "maltraitent", d'autant plus par rapport à notre histoire difficile. Et puis n'ayant jamais perdu de vue la situation de l'adoption au cours des dernières années, je savais que ça devenait très compliqué...

Le déclic a eu lieu juste après notre mariage en mai 2015. Nous avons envoyé le premier courrier au conseil départemental en juillet, avons été convoqué à la première réunion en septembre, renvoyé le dossier de "demande officielle" dans la foulée... puis tout s'est très vite enchaîné : tout nos entretiens se sont déroulés sur le dernier trimestre de 2015.
Contrairement à ce que j'avais craint, ça s'est extrêmement bien passé. Psychologue comme assistantes sociales nous ont mis en confiance, nous avons pu nous raconter ouvertement. Il n'était nullement question de jugement, juste de nous connaître. Le rapport de la psychologue nous a d'ailleurs beaucoup ému tant elle nous avait parfaitement cernés ! Celui des assistantes sociales est plus basique mais très positif également, il est surtout question de décrire notre situation et notre mode de vie, ainsi que notre projet.


Votre projet ? (notice d'agrément / dossier international ou national).
Comment l'avez-vous construit ? 
Nous avons obtenu notre agrément pour "un enfant le plus jeune possible, toutes origines" en février 2016.

Nous avons été un peu déstabilisé par cette notice d'agrément, en effet lors de nos entretiens nous avions bien précisé que nous souhaitions adopter un ou deux enfants jusqu'à 5 ans (4 ans révolus).
Nous avons contacté le service adoption pour comprendre, la secrétaire, puis l'assistante sociale responsable nous ont expliqué que c'était parce qu'ils nous avaient jugés "candidats idéaux pour un bébé pupille".
A priori c'est une situation fréquente, nous avons rencontrés d'autres couples dans ce cas là.

Sur le coup ça nous a mis un peu en colère : pourquoi ne pas avoir approfondi le sujet dès le départ avec nous ? Nous aurions été tout à fait ouverts à des rendez-vous supplémentaires ! Notre agrément express nous aura fait gagner du temps, mais finalement nous n'aurions pas été contre quelque chose de plus poussé.
En colère également parce qu' "on" semblait vouloir décider à notre place de la suite à donner à notre démarche alors que, si nous nous sommes effectivement inscrits sur la liste d'attente pour un pupille, le temps d'attente promis (7ans actuellement dans notre département mais combien dans quelques années avec tous ces couples qui resteront sur liste d'attente faute de pouvoir adopter à l'international ?) et l'âge maximum pour pouvoir prétendre à l'adoption d'un bébé pupille (45 ans) nous poussent à ouvrir d'autres portes, et ça nous l'avions bien précisé aussi.

La colère est vite retombée, finalement chaque petit bâton dans les roues permet de se remettre en question, de réfléchir encore, d'évoluer... J'imagine que c'est aussi le but visé.
Après réflexion, pour ma part, j'ai accepté qu'on nous "limite" à un seul enfant (mon homme parle encore parfois d'une fratrie), l'agrément est justement arrivé au moment où je me disais que deux enfants d'un coup seraient peut être un trop gros défi pour nous.
Par contre nous avons réellement construit notre projet sur "jusqu'à 5 ans" et "argumenté" en ce sens. Il y a beaucoup d'enfants dans notre entourage, et je travaille moi même dans la petite enfance, ainsi nous savons ce qu'est un enfant de 1, 3 ou 5 ans, nous ne désirons pas absolument un nourrisson et nous nous projetons tout à fait avec un enfant qui marche et parle déjà, nous sommes conscients de ce que cela implique en adoption (vécu de l'enfant...) etc. Enfin notre limite a été posée à 4 ans révolu parce qu'il nous semble important de pouvoir prendre le temps d'accueillir notre enfant sans avoir de "pression scolaire" à gérer dans l'immédiat. Néanmoins, après avoir sollicité plusieurs avis, nous avons décidé de ne pas non plus toucher à notre notice concernant l'âge, "le plus jeune possible" étant relativement flou et non restrictif. 

Dans nos rapports était également spécifié que nous étions ouverts à l'adoption d'un enfant présentant une particularité légère. Nous en discutions beaucoup, avions jeté un oeil à la liste des particularités de la Bulgarie sur le site de l'AFA, tenté de remplir ça chacun de notre côté et de voir ce que nous avions en commun... difficile, ou plutôt impossible, sans avis médical.
D'autant plus que sur ce point nos avis divergeaient beaucoup. Notre vécu n'y est sans doute pas pour rien et rend le sujet parfois sensible : pour moi, telle ou telle chose n'est finalement pas si grave au regard de ce qu'avait notre petit garçon (à l'époque où nous ne savions pas ce qu'il avait mais que nous espérions que ça ne soit "pas trop grave", je m'étais réellement préparée à toute sorte de pathologies et donc finalement ma réflexion sur les particularités avait déjà été menée assez loin), mais pour mon mari "maladie" rimait avec "mort", lors d'une de nos discussions il avait craqué en me disant "je ne veux pas qu'il meurt lui aussi" (alors que nous ne parlions évidemment pas de maladies mortelles).
Bref, au moment de l'agrément, nous savions qu'il allait falloir continuer à y réfléchir, nous accorder sans aller au delà des limites de l'un ou de l'autre, mais nous avions décidé de laisser ça se "décanter" dans l'esprit de chacun et d'attendre le retour des OAA avant de reprendre.


Quelles démarches post-agrément ? Avez-vous des pistes ? - Comment occupez-vous et gérez-vous l'attente ? (rien / Internet / réunion EFA / groupes de paroles / lectures / film) 
Nous avions déjà commencé à lister les pays dans lesquels nous pouvions adopter en fonction des critères demandés par les pays d'origine mais aussi en fonction du profil des enfants proposés à l'adoption.
Du côté de l'AFA il s'est avéré que la quasi-totalité des pays dans lesquels nous pouvions candidater fonctionnent par appel à dossiers et non par liste d'attente (pour les autres il y avait des "bémols" donc nous n'avons pas cherché plus loin). Nous avons répondu à certains appels à dossiers sans jamais faire partie des candidats retenus.
Côté OAA nous avons listés ceux auxquels nous pouvions nous adresser et en mars/avril nous avons donc fait partir 12 courriers, en plusieurs vagues. Tous nous ont répondu : 11 "non"... et 1 "peut être" !
Après plusieurs entretiens nous avons eu la chance d'être retenu par cet OAA, pour deux pays ! La fin 2016 a été consacrée au montage de nos dossiers, l'un est d'ors et déjà enregistré dans un premier pays, l'autre part d'ici 2-3 semaines dans le second. Les délais d'attente annoncés restent longs, mais quelle chance nous avons !

A cette occasion nous avons donc du affiner nos ouvertures concernant les besoins spécifiques, cette fois nous avons pris l'avis de plusieurs médecins (dont un dans une consultation adoption, un de l'OAA et notre médecin traitant) et nous avons réussi à y voir plus clair et à nous accorder.


Depuis le début de nos démarches nous nous sommes rapproché de l'antenne EFA de notre département, nous participons aux rencontres, aux réunions témoignages, aux débats, aux journées diverses... Mon mari s'est même investi auprès de l'association de part son expérience professionnelle utile pour une de leurs activités.
Toutes ces rencontres et ces discussions nous permettent de réfléchir, de nous préparer... et de discuter avec des personnes qui vivent la même chose que nous. Nous nous sommes même fait de bons amis que nous voyons en dehors des réunions !
Nous participons aussi aux journées organisées par notre OAA. Nous lisons beaucoup également, nous nous tenons au courant sur internet, avons regardé quelques films et documentaires... cette première année d'agrément est passée très vite et nous appréhendons le "vide" (pas si vide que ça au vu du programme décrit ci dessus) des mois et années à venir maintenant que nos dossiers sont partis ou presque.
Nous envisageons d'envoyer notre candidature à d'autres départements même si nous savons que les chances d'être retenus sont infimes.

Nos proches sont au courant de notre démarche, nous avons toujours parlé ouvertement de notre parcours. Tous nous soutiennent de bon coeur même si nous les sentons parfois désemparés face à la difficulté et à la longueur de ce parcours. Il y a parfois quelques maladresses, nous essayons de faire de la pédagogie, partageons certaines de nos lectures...