Dans cette rubrique, nous vous proposons de retrouver régulièrement le témoignage d'une maman ou d'un papa encore dans l'attente de son(ses) enfant(s)...
Votre profil ?
Nous sommes âgés de 39 ans tous les deux, en couple hétérosexuel depuis 10 ans, et mariés depuis juin 2016. Nous n'avons pas encore d'enfant, mais sommes en pleine grossesse adoptive ;-).
Nous avons souhaité fonder une famille dès 2010. Je suis d'ailleurs tombée enceinte très vite, grossesse qui s'est terminée 3 mois plus tard... Je ne savais pas alors que ce serait mon unique grossesse biologique!
Et puis... les mois passent, sans que rien ne se passe. Ensuite, il y a eu la PMA, pendant plusieurs années... et puis un jour, nous avons dit stop à ces démarches médicales intrusives et à ce qu'engendraient les traitements pour ma santé.
Depuis quand avez vous le projet d'adopter ? quel a été votre cheminement vers l'adoption ?
Le jour même où nous avons pris la décision d'arrêter la PMA, nous avons étudié les voies qui s'offraient à nous. La parentalité fait partie de nos projets de vie, il était hors de question d'y renoncer.
Une fois passé le cap du deuil de la grossesse biologique, l'adoption a été très vite une évidence pour nous!
Nous avons tous deux des compositions familiales atypiques qui nous ont très tôt confrontés aux questions de ce qui fait une famille, un parent, et de la place ou pas de la transmission génétique dans tout ça (j'ai une sœur issue de PMA avec don avec qui je n'ai aucun gène en commun, le frère de mon mari a été élevé par un père "adoptif", qui n'était pas son géniteur... pour ne parler que d'eux !)
Votre projet ?
Nous avons un agrément pour un enfant de moins de 4 ans, de sexe indifférent, toute ethnie, et pouvant présenter des particularités légères et /ou curables.
Pour l'âge, nous avons observé les enfants de notre entourage, avec comme question : pourrions nous nous sentir parents d'un enfant de tel âge?
Concernant les particularités, nous avons rencontré un pédiatre spécialisé, de la COCA, qui nous a expliqué une masse de pathologies, leur prise en charge, leurs séquelles... une fois munis de ces infos, nous avons réfléchi chacun de notre côté, nous étant mis d'accord : pour nous, il fallait que les deux puissent se sentir parents de notre enfant, et donc si l'un s'opposait à une pathologie, il n'y avait pas de discussion. Bon, j'avoue, ça ne nous a pas empêchés de tenter d'argumenter ;-). Mais au final, nous sommes tous les deux pleinement d'accord avec les limites de notre projet.
Quelles démarches post-agrément ?
Nous avons obtenu l'agrément en septembre 2017.
Le Conseil Départemental nous avait bien dit que nous avions le profil idéal pour un nourrisson pupille de l'état, nous avons donc fait le choix d'attendre un an ou deux, pour voir si cela pouvait aboutir... et puis, les coûts d'une procédure à l'international nous faisaient peur, nous avions encore besoin d'évoluer sur cet aspect.
Et puis nous avons rencontré des parents, qui avaient adopté un an auparavant en Thaïlande. En entendant leur parcours, nous avons pris conscience de la difficulté d'être acceptés par un OAA, et du délai possible avant de voir s'entrouvrir une porte...
Fin novembre 2017, nous avons envoyé des courriers aux OAA agréés de notre département, presque tous, ayant écarté uniquement ceux qui ne travaillaient que dans les pays où les enfants adoptables étaient grands.
4 jours plus tard, à notre immense surprise, nous recevions un courrier d'amorce de rencontre avec un OAA - d'ailleurs nous n'avions pas compris, et nous avons fait la gueule tout le week-end, croyant qu'il s'agissait d'une arnaque, puisqu'ils ont eu la bonne idée de joindre l'échéancier des frais à cette première réponse!
Au final, 4 OAA nous ont répondu qu'ils souhaitaient nous rencontrer. Nous en avons écarté 2, qui travaillaient avec le même pays, car nous n'étions pas à l'aise avec les procédures d'adoption là-bas, notamment les délais entre l'apparentement, la rencontre et le retour à la maison.
On a tout misé sur le Vietnam! Les 2 OAA rencontrés nous ont donné leur réponse définitive la même semaine, après diverses étapes de rencontres. Nous avons eu le luxe de choisir par affinités :-)
Aujourd'hui, nous avons l'agrément depuis 14 mois, et un dossier au Vietnam depuis 6 mois. Nous sommes en attente du coup de fil de la rue d'à côté, ou du pays là-bas, qui fera de nous des parents.
Comment occupez-vous et gérez-vous l'attente ?
Nous essayons de nous rappeler qu'il y a autre chose à vivre, et notamment nos derniers mois en tant que couple sans enfant... mais on y pense tout le temps. Notre enfant n'est pas là, mais il est déjà beaucoup dans nos têtes, et il se fraie un chemin dans nos cœurs...
Je suis en pleine grossesse, mais je ne peux pas sentir bouger mon petit, et j'attends l'échographie :-). Alors je guette des signes, qui me font dire que notre petit me fait coucou! Mon signe le plus absurde c'est d'avoir trouvé le Vietnam sur une bouteille de bière ;-)
J'ai l'impression, au fil des mois, que l'attente se fait plus physique, je sens un vide qui a besoin de se remplir par de la nourriture adoptive.
Alors nous assistons aux réunions EFA, notre OAA nous propose pas mal de formations (déjà 3 entre mars et novembre).
Et puis nous regardons des films, lisons des livres, rencontrons des gens en vrai ou virtuellement... Et nous témoignons!
Nos proches sont tous très impatients, nous en profitons pour les préparer aux spécificités adoptives, notamment dans les premiers contacts. Pour l'instant ils sont à fond dans la compréhension, mais je parie qu'ils vont jeter leurs bonnes résolutions aux orties dès que notre enfant pointera le bout de son nez, et que nous devrons les éloigner avec des fourches et des piques! Même nos neveux et nièces nous demandent des nouvelles "du cousin".
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| crédit photo Cœur adoption |




