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vendredi 22 juin 2018

on a lu pour vous 10: Ma famille verte



Gugule Guduk vient du Birnam, de la planète terre. Comme elle n’avait plus de parents, elle en a reçu d’autres. Elle les découvre en arrivant à l’aérostation et… ils sont tout verts ! Tout le monde est vert sur cette planète ! Tout lui paraît étrange. Sa nouvelle famille a les oreilles pointues et sent le caoutchouc, on ne mange pas du riz, mais de la purée qui a un goût de vase, on parle aussi une langue bizarre... Mais elle finit par la trouver chouette sa nouvelle vie verte !

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Nala

je remercie ma co-main de parlons adoption toujours à la plage sur les publications de l'adoption et qui m'a fait découvrir cet album. J'ai, en tant que parent adoptant, beaucoup aimé la mise en perspective. Un peu comme dans le film "il a déjà tes yeux" on sort des évidentes adoptions d'enfant de couleur par un couple de blancs. ça parle donc de différence, mais aussi de ce qu'on définit comme la beauté. La narratrice est l'enfant adopté et la aussi j'ai bien aimé que ce soit un enfant qui parle, on prend parfois trop la parole pour nos enfants. Mes enfants ont eux aussi bien aimé, je ne saurai dire si ma fille s'est identifiée aux personnages mais elle a redemandé à lire l'histoire, ce qui est plutôt bon signe!



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Mitzie

Cette histoire, c'est un peu celle de l'adoption en Tanzanie de Chicoine, mais en version plus sympa : une enfant française adoptée sur une autre planète ! Au départ rebutée par les goûts, les odeurs et l'aspect de sa nouvelle planète, elle finit par s'adapter très bien à cette famille bienveillante, mais aussi au-delà à sa nouvelle vie, donc on dépasse un peu les parents qui débordent d'amour pour toucher à la façon dont la société accueille les personnes différentes. La fin du livre aborde l'age adulte, et l'héroïne trouve une place en tant qu'adulte, même différente, sur sa planète.

C'est un chouette message, bien délivré par l'idée géniale d'avoir présenté la situation du point de vue de l'enfant, soit renversée par rapport à ce qu'on voit habituellement : c'est la famille qui est étrange plutôt que l'enfant qui est étranger. L'enfant est assez détachée, pas victime ni guerrière, elle s’adapte tranquillement. Et la famille sait rester accueillante sans être intrusive ! Les adoptants vus sous un jour favorable sans être gnian gnian, ça fait plaisir !

Pour finir, l'album a une taille moyenne parfaite (taille petite BD comme Petit poilu) et des illustrations à la fois simples, expressives et soignées, que j'ai beaucoup appréciées. Mon fils de 10 ans a bien aimé aussi même s'il est un peu trop grand pour s'y intéresser plus que cela.

lundi 14 mai 2018

Test : quel parent adoptif êtes/serez-vous ?


Vous avez lu Johanne Lemieux, vous savez donc qu’il existe trois types d’attachement chez les enfants : piano, velcro, solo et sumo. Chez les enfants adoptés, on rencontre souvent les types velcro et sumo, possiblement les deux à la fois.

Vous savez donc à quel enfant vous attendre, mais vous, quel parent serez-vous, ou quel parent êtes-vous ? Parlons Adoption vous propose ce test infaillible, rédigé par une équipe de moi-même et testé par un échantillon non représentatif de trois copines. Cochez toutes les propositions qui vous correspondent.



1. Mes objets préférés pour le premier contact avec mon enfant :
~ Un nounours, un biberon et un mouchoir parfumé.
# Un ballon, une petite voiture et une girafe qui fait squick.
♪ Un album photo qui parle, des boites à encastrer et des gommettes.

2. Le corps à corps avec mon enfant, c’est :
# A dada sur mon bidet.
~ Une évidence, et même du peau à peau.
♪ Berçage dans le hamac.

3. Mon moyen de transport préféré avec mon enfant :
~ L’écharpe de portage.
♪ A pieds en se tenant la main.
# Le biporteur.

4. Lorsque je suis en rage, mon moyen pour redescendre :
# Aller me laver les mains en respirant.
♪ Regarder une photo de quand ça va bien en respirant.
~ Un carré de chocolat noir en respirant.

5. Mon séjour de rêve :
~ Club Med tout compris, barbecues et piscines.
# Rando nature et gastronomie locale.
♪ Thématique, par exemple yourte/poney/faire son compost.

6. J’y crois dur comme fer :
~ Le ventre est non le deuxième cerveau mais bel et bien le premier.
♪ Johanne Lemieux et le parenting power !
# Nos enfants ne sont pas nos enfants : ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même.

7. J’ai des enfants autour de moi :
# Mes nombreux filleuls de cœur adorent que je les emmène en balade ou au théâtre.
♪ Nièces, neveux, cousins et cousines. Je fais vivre la librairie de mon quartier grâce à leurs anniversaires.
~ Tous les bébés qui passent à proximité finissent dans mes bras, tout comme les chatons, poussins et autres toutous.

8. Dans une période où rien ne va à la maison, je me repose sur
~ Cocooning, mots doux et mousse au chocolat.
# Mon carnet d’adresses : ostéopathe, kinésiologue, psychomot’…
♪ Des jeux bien choisis et des contes dénichés ou écrits pour l’occasion.

9. Les bruits d’enfants, c’est :
~ Probablement chez moi.
♪ OK pour brailler des comptines, mais exit la batterie.
# Pas gênant, du moment que je suis ailleurs.

10. Ma famille, c’est :
# Ceux que j’ai choisis, ADNement connectés ou non.
♪ Les parents pour le camp de base, les enfants pour bousculer, les grands-parents pour ancrer, les cousins pour jouer, les parrains marraine pour ouvrir, chacun a sa place.
~ Un cocon douillet où on se ressource.

Faites vos comptes, et lisez les profils qui vous correspondent (ils ne sont pas exclusifs les uns des autres !)

J’ai pas mal de # : je suis un parent Sherpa
Le parent Sherpa a les pieds sur terre (dans ses chaussures de rando), et le visage serein (et hâlé). Il a déjà bien bourlingué et a toute confiance dans sa capacité à continuer à explorer ses nombreux intérêts et passions. Ni les apparences ni les jugements ne le préoccupent.

Présentement, il est ravi de faire une pause pour prendre le rôle de premier de cordée et de faire découvrir le monde à des petits humains tout en assurant leur sécurité. Il ne manque jamais un dimanche de rencontre familiales EFA, surtout quand c’est accrobranche.

Pour supporter de diminuer son rythme, le parent Sherpa gagnera à investir dans un canapé trois places qui gratte légèrement ainsi que dans un abonnement à un magazine d’évasion. Assis au milieu du canapé, un petit canard sous chaque aile, il pourra ainsi profiter des câlins sans trop étouffer.

J’ai pas mal de ♪ : je suis un parent Intello
Le parent Intello est bien outillé. S’il a pu être surpris tremblant dans son slip dans sa version pré-agrément, il a depuis lu Johanne Lemieux. Il a alors couru se procurer des rubans, un hamac et le planning des réunions d’EFA, et arbore désormais le sourire du bricoleur sortant de chez Leroy Merlin.

Il se reconnaît à sa silhouette légèrement voûtée, propice à la lecture comme aux câlins, ainsi qu’aux nombreux carnets dont il ne se sépare jamais. Le parent intello pourrait parler d’adoption pendant des heures ; c’est d’ailleurs lui qui finit par animer les réunions EFA.

Le parent Intello trouvera bénéfice à s’équiper d’une nouvelle bibliothèque et d’une paire de rideaux occultants. Il pourra ainsi ranger tous les livres qui trainent dans son salon pour dégager la place de danser sans craindre le regard des voisins, et faire descendre ses nombreuses idées jusque dans ses pieds.

J’ai pas mal de ~ : je suis un parent Poule
Le parent Poule, dans sa maison douillette où règne en permanence une odeur de gâteau, est rarement vu seul : ses enfants, mais aussi sa voisine, ses collègues et sa belle-sœur profitent de la chaleur ambiante. Le parent poule porte des foulards colorés qu’il sème sur son passage comme autant de doudous.

A l’instar des baleines, son septième sens lui permet de rester connecté à ses aimés et de leur offrir au besoin une attention douce et réconfortante. Les autres parents lui vouent une admiration teintée de commisération.

Le parent poule aura tout intérêt à adopter plusieurs enfants, ainsi que des furets, des tortues et des poules, afin de distribuer sa tendresse et son attention le plus largement possible sans déborder quiconque, mais aussi des chiens, des chats et des poneys afin d’en recevoir autant en retour.

On attend vos profils en commentaire !

lundi 7 mai 2018

Mythes et tabous de l'adoption 5 : il y a les bons et les méchants

Au cas où ça t’aurait échappé, l’éthique est une préoccupation constante dans l’adoption. L’adoptant, prêt à déplacer des montagnes et plein de thunes, est suspect d’emblée, sache-le.

Toi tu fais tout bien dans les clous. Tu t’adresses à des intermédiaires qui ont pignon sur rue, tu les rencontres et tu es rassuré. Ce sont de bonnes gens, des fonctionnaires dévoués, des bénévoles d’associations, de moins en moins des missionnaires. Ils ne gagnent pas grand-chose dans l’affaire, à part l’occasion de faire œuvre utile.

Car le principe est le suivant : tout enfant a droit à une famille, qui reste dans la majorité des cas le meilleur contexte pour grandir avec des soins et une protection suffisante. Bon par contre, on le dit moins, ça se heurte aux droits des pays à faire ce qu’ils veulent. Qui est bien sûr supposé être le meilleur pour leurs enfants. Comme il est bien connu que les régimes plus ou moins autoritaires de quatre coins du monde ont toujours les droits des femmes et des enfants dans leurs priorités, nous voilà rassurés.

On t’a averti à de multiples reprises : accroche-toi à ton éthique, car tu pourrais avoir la tentation d’y déroger. Toi tu es tranquille. Tu as vu Holy Lola. Tu as entendu parler de l’affaire de l’Arche de Zoé. Si un type à l’air louche et aux dents pointues vient frapper à ta porte, avec un joli bébé sous sa grande cape noire qu’il veut t’échanger contre de l’argent, tu sauras bien refermer la porte.



La question ne se pose bien sûr jamais aussi franchement, mais si on se laisse aller à la parano, elle trouve beaucoup d’interstices pour se glisser. Elle est dans les blancs des dossiers. Elle est dans les dates étranges. Elle est dans les quelques dizaines d’euros à compléter ici ou là. Anecdotiques ? Le doute peut s’insinuer partout, avec lui les excuses.

Ou sont-ce des explications ? Cela fonctionne ainsi dans ce pays. Le calendrier est différent. La notion de temps est différente. Ce fonctionnaire qui demande une rallonge, peut-être n’a-t-il pas été payé depuis 6 mois ?

Pire encore, la question peut se poser violemment lorsque l’enfant qui arrive raconte une histoire bien différente de celle de son dossier. Elle se pose lorsqu’on découvre que son enfant à des frères et sœurs biologiques, de façon plus ou moins fortuite. Elle pose douloureusement lorsque, souvent des années plus tard, un scandale éclate, même pays - même année.

Le temps a passé et tu entrevois ce qui était hors champ. Ton intermédiaire irréprochable, il n’a la main que sur une toute petite partie de la procédure. Le reste est entre les mains souveraines de pays, qui font souvent de leur mieux, parfois pas.

L’important, c’est ce qu’on dit à son enfant en le regardant dans les yeux. Nous-mêmes victimes aussi, participants mais sans connaissance de cause. Et je ne veux pas dire ici que toutes les adoptions internationales sont entachées, au contraire !

Je veux dire au contraire que ce mystère, ces doutes qui nous sont renvoyés à chaque affaire, à chaque scandale, ce facteur d’incertitude avec lesquels nous sommes nombreux à devoir composer, il nous fait parfois perdre de vue l’essentiel :

  • Il y avait un gosse qui grandissait tout seul, et il y avait nous qui offrions une place.
  • Il y a eu une mesure de protection de l’enfance.
  • Il y a une famille de plus dans le monde.


 

Ce serait plus facile s’il n’y avait pas de flous dans les dossiers. Mais si on attendait que les politiques sociales soient irréprochables, combien d’enfants grandiraient tous seuls ?

lundi 30 avril 2018

Mythes et tabous de l’adoption 4 : j’aime tous mes enfants pareils





Attention vos antennes frétillent :






Sujet hyper glissant…. Mais hyper intéressant ! 



S’il est nécessaire au développement de chaque enfant d’être aimé et de se savoir aimé, l’amour ne suffit pas, il ne peut satisfaire tous les besoins de nos enfants qui ne sont pas des "modèles de base". Boris Cyrulnik (1) dit
« L'affectivité, pour moi, est une biologie périphérique. Les promesses génétiques d'un nouveau-né ne peuvent prendre forme que sous l'effet façonnant de l'affectivité. Les petits enfants roumains abandonnés, privés d'affect, sont nourris de glucides, de protides, de lipides. Leur programme génétique renferme tout ce qui est nécessaire à leur développement. Pourtant, ils ne réalisent aucune performance ».
On sait aussi que l’amour ne se commande pas, que les parents par adoption commencent d’abord par être des donneurs de soins, des « care givers », capitaines du bateau Océanfance  de Johanne Lemieux (2).
Et un jour, très rapidement ou non, on se le souhaite à tous, on les aime. Si ce n'est pas suffisant mais nécessaire, il faut pouvoir leur dire et leur montrer: nos enfants seront sensibles à nos marques d'amour. Cet amour sera probablement plus simple à reconnaitre, à nommer, à montrer, au fur et à mesure du temps passé ensemble, plus nourri par le partage des moments de jeux, de paroles, de calins.

Peut-on quantifier cet amour ?
@dreamstime

Aime –t –on alors tous nos enfants pareils ? mais faut-il aimer pareil? 


Faut-il rationnaliser ?
En tant que parents, on aimerait être toujours juste, équitable dans ce rôle pour chacun de nos enfants. Et on a de la culpabilité quand on n’a le sentiment de ne pas avoir été autant présent avec un de nos enfants, ou même un membre de la famille qu’avec un autre.
Il semble pourtant que notre présence sera forcément différente dans certaines circonstances: si un enfant a une maladie infantile, ou s’il doit être hospitalisé, les parents seront de fait plus sollicités pour cet enfant. Les autres enfants doivent être rassurés sur la présence du lien d’attachement, et sur l’amour s’il est présent, tout en expliquant que les parents ne peuvent être alors partout, super héros des temps modernes. Johanne Lemieux propose de symboliser pour les rendre visibles pour un enfant ces liens d'attachement par des rubans de l'enfant vers ses parents, ses frères et soeurs, ses grands parents... Ce n’est pas alors la quantité de temps, d’amour, que l’enfant va questionner, mais la qualité, l’irrévocabilité. Est ce que ce lien es solide? N’est-il pas justement important d’être présent quand un enfant a besoin d’une attention soutenue sans que cela ne remette en cause les autres liens ?
Chaque personne étant unique, faut-il vraiment s’obliger à penser qu’on aime nos enfants de la même façon ? N’y a-t-il pas autant de façon d’aimer qu’il y a de diversité chez l’humain ? Faut -il normer, border l’Amour ? est ce être un mauvais parent que d’être plus affectée selon les moments par l’un l’autre ou le dernier de ses enfants ? est ce qu'il est plus facile d'aimer nos enfants quand il n'y a pas de troubles de l'attachement?
Comme déjà évoqué dans d’autres articles, il a probablement plus une nécessité de nommer l’invisible pour nos enfants. De commencer déjà à en parler, à aborder l’Amour aux travers de très jolis livres comme C’est quoi l’Amour? 
 

Qui tente par les différents regards de membres d’une famille de répondre à cette épineuse question. 
Mais il y a aussi Mon Amour :
 


Pour dire que quoi qu’il arrive, l’amour est là, même quand on est imparfait à certains moments (parents comme enfants !),
Que chaque comportement ne remettra pas ce lien en question, que malgré l’histoire et les ruptures déjà vécues, les nouveaux capitaines du bateau tiendront bons dans les tempêtes. Que l'amour peut etre là même quand l'attachement prend du temps.
Mais aussi que même si on ne mesure pas la quantité de chaque lien, chaque enfant a une place à part entière que que soit sa fragilité ou ses forces parce que nos enfants sont tous nos préférés,

Ce mythe est vrai aussi pour d’autres liens, aime t on pareils chacun de ses parents, frères et sœurs ou même grands parents ? est-ce que ça rend plus fort le lien ?

Comment parlez-vous d’amour à vos enfants ?

·          1 Neuro psychiatre français https://fr.wikipedia.org/wiki/Boris_Cyrulnik
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