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lundi 18 septembre 2017

Mon quotidien avec mon enfant séropositif

Tout d’abord, je voudrais dire que les enfants séropositifs adoptés au Vietnam bénéficient tous d’une prise en charge thérapeutique dans leur pays de naissance.

En amont, avant l’arrivée de l’enfant, bien penser à aller faire une visite à la COCA pour que déjà vous soyez mis en lien avec un spécialiste (infectiologue ou hématologue), afin que les choses se mettent plus facilement en route à l’arrivée.

Maintenant je vous raconte mon vécu !

A l’orphelinat, après la rencontre, nous avons eu un entretien avec la directrice et le docteur. Le médiateur de notre OAA était présent.
On nous a expliqué le déroulement d’une journée-type à l’orphelinat avec un écrit et puis on nous a donné le traitement de notre fils pour un mois (apparemment tous les orphelinats le font). Ouf ! Premier soulagement ! Ce traitement était sous forme de cachets, dont certains un peu gros à mon avis.
Nous sommes repartis avec notre fils à l’hôtel, il était environ 16 heures et dès le premier soir nous lui avons donné ses médicaments. Ce qui était drôle, c’est que c’est lui qui nous indiquait avec ses petits doigts le nombre de cachets à donner ! Malgré quelques crises de pleurs liées pour beaucoup à l’incompréhension de notre part de la langue viet, notre fils a toujours pris ses médicaments lors de notre séjour au Vietnam.

Le voyage retour nécessite un petit aménagement au niveau de l’heure de prise des médicaments, compte tenu du décalage horaire. Nous ne nous en sommes pas trop fait pour cela et lui avons donné les médicaments à l’arrivée à Roissy et avons régulé sur les jours suivants.
Bien penser à prendre avec vous l’ordonnance si vous souhaitez emporter les médicaments sur vous ou dans vos bagages à main ! Cela dit nous n’avions pas pris d’ordonnance, nous avions les médicaments sur nous et le portique n’a pas sonné et nous n’avons pas eu de fouille, mais mon cœur a battu très fort au moment du passage !

A l’arrivée en France, notre fils a eu un temps d’adaptation et les trois premières semaines, il a, en particulier le soir, beaucoup pleuré pour ne pas prendre ses médicaments (les grosses gélules). Nous n’avons (en apparence !) pas paniqué, et lui avons parlé tout doucement, il a toujours fini par les prendre, parfois au bout d’une heure !

Nous avons eu ensuite notre rendez-vous à la COCA et le traitement a été réajusté, le dosage étant souvent trop fort au Vietnam. Pour un dosage plus juste et une facilité de prise du traitement notre fils est passé au sirop et là, miracle, depuis ce jour il prend son traitement comme on se lave les dents, avec une facilité déconcertante. En plus il y en a un qui est « trop bon ! », il aime le prendre en dernier et le plus mauvais en premier !
Nous sommes habitué à ces prises quotidiennes, chaque matin et chaque soir. Pour l’heure nous n’avons pas oublié une seule fois. Et si jamais il nous venait à oublier, c’est notre fils qui me rappelle à l’ordre « eh maman, t’as oublié mes "caments" ! »
Quand nous sortons (rarement le soir la première année) par exemple pour le réveillon ou quand nous partons en vacances nous faisons suivre le traitement cela ne pose aucun souci.
Tous les 3 mois, puis tous les 6 mois, notre garçon a une prise de sang qui indique le taux de réplication du virus, et depuis qu’il est passé au sirop le virus est indétectable, alors qu'au Vietnam il était encore détectable.

Les dosages sont augmentés régulièrement, au fur et à mesure de sa croissance.
Comme les seringues ne vont que jusqu’à 10ml (pour que l’embout puisse entrer dans le bouchon livré avec les sirops), et que les dosages ont augmenté, nous sommes à 4 et bientôt 5 seringues matin et soir (pour 3 sirops). Cela commence à être une petite contrainte mais notre fils est encore trop petit pour passer aux gélules.

Les effets secondaires : pour nous, rien de ce que nous avait dit la COCA.
En revanche on constate que les dents de devant (bien les brosser après la prise du traitement, les sirops sont très sucrés et collent) ont un dépôt qui ne part pas au brossage (il va falloir faire du laser), mais pour l’heure l’émail n’est pas attaqué.
Notre fils souffre aussi d’une aérophagie, pas toujours facile à vivre en collectivité et cela est bien lié au traitement. Il existe pour cela un traitement pour diminuer ces effets indésirables, mais nous trouvons que notre fils a bien assez de médicaments comme cela... pour l’heure lui n’est pas gêné, nous verrons à sa demande.

Côté psychologique, à ce jour, tout se passe bien. Notre fils ne pose aucune question ; pour lui c’est naturel de prendre son traitement et je crois que cela a même participé à la création du lien entre lui et moi (c’est maman qui lui donne le traitement).

Concernant le secret, nous l'avons dit à la famille à et certains amis, une fois que notre garçon était dans nos vies et qu'il avait fait craquer tout le monde ! Cela a été très bien pris et nous avons même été surpris par quelques réactions positives que nous n'attendions pas. Nous constatons que les jeunes sont particulièrement réceptifs et tolérants.
Nous n’avons rien dit à l’école ni même au médecin scolaire qui a trouvé notre fils en pleine forme ("on voit qu’il se porte bien et qu’il n’est pas malade", dixit le médecin scolaire !!!).
Premier problème cependant avec la maîtresse qui insiste pour qu'il soit présent à un voyage scolaire de trois jours. Outre le fait que nous pensons que c’est trop tôt pour lui d’aller vivre avec un collectif pendant trois jours loin de ses parents, en plus notre fils ne veut surtout pas y aller, la prise du traitement qui est tout sauf discrète nous oblige à refuser le voyage scolaire. Pour l’heure, nous nous sommes appuyé sur l’adoption en elle-même, "trop fraîche".
Mais nous sentons bien que pour le prochain voyage cela sera un peu plus difficile à faire comprendre. Nous avons pris conseil auprès de la référente adoption du département, qui est aussi maman adoptante. Elle nous a conseillé de dire « pour raison médicale, il a un traitement, il ne peut pas venir, et on ne peut mettre en place un PAI », sans préciser pour autant la nature de sa maladie. Elle a déjà conseillé cela à des parents dans ce cas et cela a bien fonctionné.

Voilà pour notre petite expérience de 2 ans avec un enfant porteur du VIH.

Mais c’est avant tout un bonheur immense, on oublie au quotidien totalement sa maladie, on ne voit que notre trésor d’amour.
En revanche, ce qui me semble important pour notre fils comme pour tous les enfants dans son cas c’est de pouvoir rencontrer des enfants adoptés porteurs du virus, en particulier à l’adolescence, afin que chaque enfant puisse se reconnaître dans un camarade, une amie, et ne vive pas sa maladie comme quelque chose de honteux.


Si vous êtes intéressés par l'adoption au Vietnam d'un enfant séropositif, ou porteur d'une autre particularité de santé, vous pouvez demander à rejoindre le groupe facebook "Adoption Vietnam EBS".

lundi 11 septembre 2017

on a lu pour vous: Les questions de Célestine





Célestine est toute bizarre. Elle voudrait tout savoir sur sa naissance, mais n'ose pas le demander à Ernest, l'ours qui l'a recueillie et qui l'élève.

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Nala

Ernest l'ours mal léché et gourmand s'est vu devenir papa par adoption le jour où il a rencontré Célestine petite souris abandonnée. Le souci pour Ernest c'est d'en parler sans blesser Célestine, parce que voila Célestine a été trouvé dans une poubelle, pas facile à dire à une enfant! pourtant c'est avec justesse que ce petit livre tendrement croqué aborde ce délicat sujet: toute vérité est elle bonne à dire? garant de l'histoire de nos enfants adoptés, comment leur transmettre ce qui leur appartient sans induire de jugement ou de connotation négative? j'aime à penser que nos enfants peuvent entendre beaucoup s'ils sont accompagnés, et que les mots leurs sont choisi. Comme Ernest, beaucoup de parents se verront poser les questions les plus piquantes au moment le moins opportun. Fragilisé pour y répondre au vif, il faut parfois proposer d'y répondre plus tard pour réfléchir à ces mots.
un petit livre qu'on aime beaucoup,
et qui nous a fait aussi aller vers le film d'animation

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Del

J'avais acheté ce livre alors que notre première adoptée était encore toute petite, 3 ou 4 ans peut être... Mais je l'ai trouvé si bouleversant que j'ai préféré attendre avant de le lui lire.
Je me suis tellement retrouvée en l'ours Ernest... Sa difficulté à dire le vrai mot, le mot cru et franc, qui fait mal mais qu'il faut bien dire un jour... Son impossibilité à répondre à tant de questions... Qui ? Pourquoi ?
Finalement, j'ai laissé ce livre à disposition mais je ne n'en ai jamais fait la lecture aux enfants. C'est un livre merveilleux mais tellement à fleur de peau, si intime, que je trouvais presque inapproprié d'en faire une "lecture du soir", à moins qu'il vienne justement au bon moment, au moment où l'enfant formule lui aussi ces questions...

lundi 4 septembre 2017

On a vu pour vous: les as de la jungle

Les as de la jungle
une série animée française et un long métrage sorti en 2017
L'histoire est celle d'une équipe de super-justiciers chargés de défendre et de faire régner la paix dans la jungle. L'équipe est composée du leader Maurice, un manchot-tigre, surnommé « Grand Guerrier Tigre » accompagné du Junior, son fils adoptif, poisson-clown dans son bocal, de Miguel un gorille bleu, du scientifique tarsier Gilbert et de Batricia, chauve-souris secrètement amoureuse de Gilbert. Al et Bob, quant à eux, sont deux crapauds qui n’accompagnent pas les héros en mission mais restent à la base...
Dans le long métrage sortie en 2017, on apprend comment Maurice est devenu le Grand Guerrier Tigre : petit manchot orphelin, il a été adopté par Natacha, une maman tigre, elle même super justicière ! Il doit affronter un koala démoniaque avec l'aide son équipe et de sa maman...




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Tartine 
Mes enfants -et nous aussi- étant super fans de la série télé, nous sommes allés en famille voir le film cet été au ciné. Comme la série, c'est plein de gags, super dynamique et c'est -comme la série encore- toujours décalé. Et calibré pour plaire aussi bien aux enfants qu'aux adultes. Quant à l'évocation de l'enfance de Maurice, elle permet d'aborder son adoption et met l'accent sur cette famille élargie qu'il s'est créé avec ses copains justiciers. Mais ce qui est le plus touchant, c'est le fait que l'adoption (celle de Maurice et celle de Junior) y est complètement banalisée et naturelle. Et ça fait un bien fou.

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Nala

vu sur les conseils de Tartine, mes enfants ont adoré, c'est plein d'humour et effectivement très libéré sur l'adoption. A noter pour les toulousain(es) qu'un partenariat a été fait entre le studio de production (toulousain) et la mairie avec un parcours/chasse aux trésors dans la ville (3 euros dispo à l'office du tourisme ou au muséum) et une exposition temporaire au muséum d'histoire naturelle pour prolonger le plaisir! mes enfants ont adorés aussi donner suite à ces héros avec ses 2 manifestations.

lundi 28 août 2017

on a vu pour vous: Lion

Une incroyable histoire vraie : à 5 ans, Saroo se retrouve seul dans un train traversant l’Inde qui l’emmène malgré lui à des milliers de kilomètres de sa famille. Perdu, le petit garçon doit apprendre à survivre seul dans l’immense ville de Calcutta. Après des mois d’errance, il est recueilli dans un orphelinat et adopté par un couple d’Australiens.
25 ans plus tard, Saroo est devenu un véritable Australien, mais il pense toujours à sa famille en Inde.
Armé de quelques rares souvenirs et d’une inébranlable détermination, il commence à parcourir des photos satellites sur Google Earth, dans l’espoir de reconnaître son village.
Mais peut-on imaginer retrouver une simple famille dans un pays d’un milliard d’habitants ?

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Nala

pour l'heure, un des film qui m'aura le plus transporté sur le plan des émotions, bien sur parce que le thème de l'adoption me touche particulièrement mais aussi parce qu'il me semble impossible de rester de marbre face à cet enfant (oui même adulte on reste encore l'enfant de ses parents). Comment se construire avec cette vie d'avant, cet OMNI (objet manquant non identifié) dont témoignent souvent les adoptés majeurs? ses souvenirs dont on est le seul détenteur dans ce nouveau monde adoptif? comment parler de son histoire et de ses sentiments avec ses parents adoptifs? et comment travailler à ce retour aux origines?
les bémols de cette histoire si bouleversante sont que les conditions dans lesquelles le jeune Saroo est confié à un orphelinat puis à sa famille adoptive sont loin d’être les plus fréquentes (l'absence de volonté d'abandon d'un enfant par sa famille de naissance). De même que si dans son cas, il retrouve trace de sa vie d'avant, certains n'auront jamais de réponses à leurs questions ou trouveront des réponses bien moins glamour que celle d'une mère qui n'a jamais arrêté de l'attendre.
Malgré ses bémols, préparez vos mouchoirs et foncez le voir si ce n'est deja fait

lundi 21 août 2017

On a lu pour vous: Une maman pour choco

Choco était un petit oiseau qui vivait tout seul. Il aurait bien voulu une maman. Il se mit en tête d'aller la chercher. Mais il ne savait pas à quoi elle ressemblait...


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Nala

accessible des 2/3 ans, peu de textes, mais des images parlantes, Choco cherche sa maman et commence ces recherches par les ressemblances, qui a la meme couleur? qui a les memes pattes que lui? etc.
mais finalement c'est celle qui lui ait la plus différente qui va lui proposer de devenir sa maman: mme Ourse deja maman d'un petit crocro, d'un petit cochon. Parce que les ressemblances ne sont pas nécessaire pour faire famille!
simple pour aborder le thème de la différence physique et de l'adoption, à conseiller aux parents adoptants et aux plus jeunes

lundi 14 août 2017

On a vu pour vous: Ernest et Célestine





Dans le monde conventionnel des ours, il est mal vu de se lier d'amitié avec une souris. Et pourtant, Ernest, gros ours marginal, clown et musicien, va accueillir chez lui la petite Célestine, une orpheline qui a fui le monde souterrain des rongeurs. Ces deux solitaires vont se soutenir et se réconforter, et bousculer ainsi l'ordre établi.

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Nala

en marge du thème de l'adoption, on retrouve Ernest et Célestine dans ce film d'animation qui reparle de leur rencontre mais aussi et surtout de leur amour bien qu'il soit peu commun. C'est une succession de petits évènements qui va les conduire à s'adopter et finalement à témoigner au grand jour de leur amour l'un pour l'autre loin des conventions sociales établies.
Un joli film sur l'acceptation de l'autre à voir des 5/6 ans et pour faire suite aux petits livres où on peut retrouver ces 2 personnages attachants
au delà des images j'aime beaucoup la musique un peu rétro

et par ici vous trouverez le site du film avec des coloriages à télécharger pour les amoureux d'Ernest et Célestine ici


lundi 7 août 2017

on a lu pour vous: Une famille pour Duvet


Fanny la lapine est triste. Sa maison est vide. Elle qui voudrait tant un bébé n'arrive pas à en avoir. Mais un jour, Pistache a une formidable idée :"Si on allait chercher un bébé "donné", un de ces bébés dont les parents ne peuvent pas s'occuper ?" Ce sera Duvet. Quel beau cadeau dans la vie de Pistache et Fanny !

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Nala

c'est un livre pour enfant des 3 ans qui parle d'adoption, plutôt d'adoption intra nationale, et qui parlera donc plus aux familles d'enfants adoptés pupilles de l'état. L'histoire est simple, justement pour la rendre accessible aux plus jeunes. On y raconte le parcours de 2 parents lapins malheureux de n’être pas parents alors que tous autour d'eux ont des enfants. On y explique le rôle des travailleurs sociaux dans une pouponnière, qui réfléchissent aux meilleurs parents pour un enfant et qui ont la (lourde) tache de donner leur confiance à des adultes pour accueillir leur protégé. moyennant quelque raccourci c'est quand même un des rares livres accessibles tot et qui parle bien de l'adoption. Ce n'est pas mon livre préféré mais mes enfants aiment à aller le chercher pour le lire ensemble de temps en temps. Je l'ai parfois offert aussi à des enfants qui m'avaient posé des questions sur ce que c'était d’être maman adoptive.
 

lundi 10 juillet 2017

on a vu pour vous: Une vie toute neuve

Séoul, 1975. Jinhee a 9 ans. Son père la place dans un orphelinat tenu par des Soeurs catholiques. Commence alors l'épreuve de la séparation et la longue attente d'une nouvelle famille. Au fil des saisons, les départs des enfants adoptées laissent entrevoir une part du rêve, mais brisent aussi les amitiés à peine nées. Jinhee résiste, car elle sait que la promesse d'une vie toute neuve la séparera à jamais de ceux qu'elle aime.

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Tartine

Filmée à hauteur d’enfant, l’histoire de Jinhee fait écho à celle de la réalisatrice française Ounie Lecomte, qui a tourné ce film dans son pays d’origine, la Corée du Sud. La justesse des petites comédiennes, la délicatesse de la mise en scène et l’émotion suscitée par le destin de Jinhee bouleversent le spectateur de bout en bout. Un film magnifique, d’une grande pudeur. Peut être le plus beau film sur l’enfance que j’ai jamais vu.

Nala
 c'est un film absolument bouleversant de part sa finesse: arriver juste à témoigner de sentiments par l'histoire sans en faire trop, ni en parole, ni en mise en scène, c'est vraiment de l'art. Ne pas attendre donc une action trépidante, on est plutôt bercée par l'attente. et à recommander à toute personne qui passe en adoptie. 

Del
Mon film préféré sur l'adoption, et de loin ! J'ai été bouleversée par le cheminement de cette petite fille, de l'abandon à l'adoption, tiraillée entre les amitiés et les départs vécus comme des deuils... Note spéciale pour les rôles des nourrices de l'orphelinat et leur magnifique pudeur qui camoufle - tant bien que mal - leurs attachements et leurs déchirements.
C'est incroyablement juste et très fort en émotions. A voir par tous les postulants à l'adoption, en particulier ceux qui réfléchissent à l'adoption d'un enfant grand. 

samedi 1 juillet 2017

On a lu pour vous : L'adoption, de Zidrou et Monin

  
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Tartine   

Lorsqu'une orpheline péruvienne est adoptée par une famille française, la vie de tous est chamboulée. Gabriel va devoir apprendre à être grand-père, lui qui n'a jamais pris le temps d'être père. Les deux personnages vont peu à peu nouer des liens que même le vieux bourru était loin d'imaginer... 


 

Une bande dessinée en deux volumes, délicate et pleine de tendresse, d'humanité, d'amour et d'humour, au graphisme magnifique et doux, porté par des personnages ultra attachants. Je ne vous en raconte pas davantage... Le tome 2 a été publié le 31 mai dernier chez Bamboo. Normalement, vous aussi allez craquer pour Gabriel et Qinaya, si ce n'est pas déjà fait...


L'adoption, par Zidrou et Monin, publié chez Bamboo, collection Grand Angle
En 2 tomes : tome 1-Qinaya, tome 2-La Garua

dimanche 18 juin 2017

Une adoption

Dans cette rubrique, nous vous proposons de retrouver régulièrement le témoignage d'une maman ou d'un papa adoptant sur son parcours, son chemin vers son enfant et sur leur adaptation commune...


- Année de l'adoption ?

2016


- Age de l'enfant à son arrivée ?

14 mois


- Votre profil ? Votre projet ?

Couple de 37 et 42 ans, avec 4 enfants bio. Nous nous sommes orientés facilement vers l’adoption, convaincus que nous n’avions pas besoin de liens biologiques pour faire famille avec un enfant. Nous avions défini notre projet avant le début de la procédure d’agrément : un enfant de moins de 5 ans, avec certaines particularités médicales acceptées.


- L'agrément, les OAA, l'apparentement ?

Pour l’agrément, une petite inquiétude de ma part : je n’avais jamais eu l’occasion de discuter avec une « psy » et je m’inquiétais de savoir si elle ne s’envolerait pas dans des débats stratosphériques alors que je suis assez cartésienne.
Premier courrier au CG en juillet 2013 et agrément obtenu en septembre 2014. Les entretiens se sont déroulés à 4 : notre couple, la psychologue et l’assistante sociale. Tout s’est bien passé, même si raconter ma vie, mon enfance, ma vision des choses, mon couple… à des inconnues est assez déroutant. Aucune question « piège ». L’équipe a voulu rencontrer nos enfants. Un petit stress quand la psychologue et l’assistante sociale leur ont demandé s’ils souhaitaient un petit frère ou sœur de plus. Et s’ils avaient dit non ?
Notre projet était défini avant les entretiens et il n’a pas évolué pendant la procédure. Nous avons lu plusieurs livres sur l’adoption, et beaucoup de discussions sur les forums. Nous nous sommes inscrits à l’EFA sans pour autant nous rendre aux rassemblements mais en lisant leurs publications avec intérêt. Nous avons participé à des réunions sur les enfants à besoins spécifiques et à une réunion animée par un médecin de la COCA qui reprenait et détaillait de nombreuses pathologies et leurs conséquences. Nous avons aussi rencontré en tête à tête ce même médecin. Nous avons beaucoup parlé des cardiopathies et surtout des fentes labio-palatine car une proportion importante d’enfants apparentés était touchée par ces pathologies

A réception de l’agrément, nous avons immédiatement envoyé notre dossier à des OAA et un dossier à l’AFA  pour la Chine dans le cadre de son programme Special Needs. Concernant les OAA, sans surprise nous n’avons obtenu que des refus. L’un d’eux nous a appelés pour nous proposer un parrainage ; nous avons refusé car tel n’était pas notre projet. Nous nous sommes inscrits sur la liste d’attente des pupilles de notre département, tout en sachant que l’équipe du CD nous avait clairement indiqué qu’il était très peu probable que nous soyons appelés eu égard au nombre de nos enfants déjà présents au foyer.

Nous avons rapidement signé un Projet de Mise en Relation avec l’AFA pour la Chine. Puis nous avons assisté à la formation obligatoire, avons eu des contacts avec la psychologue et le médecin de l’AFA pour bien cerner notre projet et qu’ils s’assurent que celui-ci était réfléchi.  Nous avons monté le gros dossier officiel : pas la partie la plus facile. Mais il y avait l’aide technique des copinautes d’adoption. Notre dossier est enfin parti en Chine en mai 2015. Et là, plus de paperasse, plus rien à faire, juste attendre… Et ne pas trop compter sur l’AFA pour donner des informations. Quelques couples avec qui nous conversions ont été apparentés, nous partagions leur bonheur. Cela avançait donc espoir en vue pour nous.
Et puis en février 2016, l’appel ! Par chance nous étions tous les deux présents. Un petit garçon de tout juste 12 mois nous attendait. Nous avons pu discuter de son dossier médical et de sa particularité (inconnue pour nous jusque-là) avec le médecin de l’AFA et nous avons eu un retour par mail du médecin de la COCA, consulté un an plus tôt.


- Quelle prise en charge de l'enfant sur place ? (accueil, prise en charge médicale, préparation à l'adoption...) ?

Notre fils a vécu 14 mois dans l’orphelinat. Nous avons eu très peu d’informations concernant ses premiers mois de vie. Seulement quelques photos enregistrées sur une clef USB que nous avions envoyée à l’orphelinat (accompagnée d’un album photos de la famille et de quelques jouets). Lors de la remise officielle nous n’avons pas pu en savoir plus car la personne qui est venue avec lui ne le connaissait pas. Un carnet de vaccinations très complet nous a été remis, mais il a fallu refaire quasiment tous les vaccins car les analyses de sang faites à notre retour en France ont montré qu’il n’avait pas d’anticorps pour la grande majorité d’entre eux. Nous avons eu également un cahier de vie avec quelques photos et informations.

Au vu de son développement, je pense que notre fils a été bien pris en charge à l’orphelinat. J’ai par la suite appris qu’une fondation américaine parrainait cet orphelinat.


- La rencontre ?

Notre fils nous a été remis deux mois après l’apparentement, le lendemain de notre arrivée en Chine. Nous étions sereins, calmes, heureux lors de la présentation.
Il est arrivé dans les bras d’une inconnue pour lui, tétanisé. Il n’a pas pleuré pendant la remise officielle mais nous le sentions crispé et inquiet. Il s’est endormi dans mes bras au bout d’une demi-heure, certainement d’épuisement émotionnel.


- Les débuts ? La vie de famille ?

Faciles. En Chine, tout s’est immédiatement très bien passé. Il venait dans nos bras avec plaisir, se lovait dans l’écharpe de portage. Il était très souriant, prenait plaisir à tout, jouait. Il dormait et mangeait bien. Nous discutions chaque jour avec nos ainés restés en France. Nous avons obtenu le visa en avance et avons pris le premier avion, 5 jours plus tôt que prévu, pour rentrer et former notre grande famille.
Grande excitation au retour lors de la rencontre avec la fratrie. Notre enfant a vite pris ses marques à la maison. La vie à 7 s’est installée avec bonheur. Sa particularité est visible mais facile à vivre (peu de RV médicaux, des opérations seront à prévoir à partir de sa dixième année). Et nous n’y faisons d’ailleurs plus trop attention.  Nous nous savons chanceux.


- Les difficultés ?

Le sommeil. Après seulement quelques jours avec nous et même avant notre retour en Chine, notre fils ne s’endormait que dans nos bras. Cela a duré plusieurs semaines. Puis quand il se réveillait la nuit, il pleurait et ne se rendormait que dans notre lit. Cela a duré plus de 6 mois.

Le langage. Il ne dit que quelques rares mots alors qu’il a deux ans maintenant. Par contre il comprend et se fait comprendre autrement (notamment avec les bébés-signes que nous lui avons appris). Nous allons commencer des séances d’orthophonie sur les conseils de la COCA.

Nous serons vigilants à ce que sa particularité qui est en partie visible ne soit pas source de moqueries à l’école par exemple. Mais pour le moment nous ne sommes pas concernés.


- Un souvenir marquant ?

La réception de sa carte d’identité. La boucle était bouclée. Notre famille était au complet. Et cela marquait la fin de la paperasse aussi ;-)