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lundi 10 juillet 2017

on a vu pour vous: Une vie toute neuve

Séoul, 1975. Jinhee a 9 ans. Son père la place dans un orphelinat tenu par des Soeurs catholiques. Commence alors l'épreuve de la séparation et la longue attente d'une nouvelle famille. Au fil des saisons, les départs des enfants adoptées laissent entrevoir une part du rêve, mais brisent aussi les amitiés à peine nées. Jinhee résiste, car elle sait que la promesse d'une vie toute neuve la séparera à jamais de ceux qu'elle aime.

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Tartine

Filmée à hauteur d’enfant, l’histoire de Jinhee fait écho à celle de la réalisatrice française Ounie Lecomte, qui a tourné ce film dans son pays d’origine, la Corée du Sud. La justesse des petites comédiennes, la délicatesse de la mise en scène et l’émotion suscitée par le destin de Jinhee bouleversent le spectateur de bout en bout. Un film magnifique, d’une grande pudeur. Peut être le plus beau film sur l’enfance que j’ai jamais vu.

Nala
 c'est un film absolument bouleversant de part sa finesse: arriver juste à témoigner de sentiments par l'histoire sans en faire trop, ni en parole, ni en mise en scène, c'est vraiment de l'art. Ne pas attendre donc une action trépidante, on est plutôt bercée par l'attente. et à recommander à toute personne qui passe en adoptie. 

Del
Mon film préféré sur l'adoption, et de loin ! J'ai été bouleversée par le cheminement de cette petite fille, de l'abandon à l'adoption, tiraillée entre les amitiés et les départs vécus comme des deuils... Note spéciale pour les rôles des nourrices de l'orphelinat et leur magnifique pudeur qui camoufle - tant bien que mal - leurs attachements et leurs déchirements.
C'est incroyablement juste et très fort en émotions. A voir par tous les postulants à l'adoption, en particulier ceux qui réfléchissent à l'adoption d'un enfant grand. 

samedi 1 juillet 2017

On a lu pour vous : L'adoption, de Zidrou et Monin

  
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Tartine   

Lorsqu'une orpheline péruvienne est adoptée par une famille française, la vie de tous est chamboulée. Gabriel va devoir apprendre à être grand-père, lui qui n'a jamais pris le temps d'être père. Les deux personnages vont peu à peu nouer des liens que même le vieux bourru était loin d'imaginer... 


 

Une bande dessinée en deux volumes, délicate et pleine de tendresse, d'humanité, d'amour et d'humour, au graphisme magnifique et doux, porté par des personnages ultra attachants. Je ne vous en raconte pas davantage... Le tome 2 a été publié le 31 mai dernier chez Bamboo. Normalement, vous aussi allez craquer pour Gabriel et Qinaya, si ce n'est pas déjà fait...


L'adoption, par Zidrou et Monin, publié chez Bamboo, collection Grand Angle
En 2 tomes : tome 1-Qinaya, tome 2-La Garua

dimanche 18 juin 2017

Une adoption

Dans cette rubrique, nous vous proposons de retrouver régulièrement le témoignage d'une maman ou d'un papa adoptant sur son parcours, son chemin vers son enfant et sur leur adaptation commune...


- Année de l'adoption ?

2016


- Age de l'enfant à son arrivée ?

14 mois


- Votre profil ? Votre projet ?

Couple de 37 et 42 ans, avec 4 enfants bio. Nous nous sommes orientés facilement vers l’adoption, convaincus que nous n’avions pas besoin de liens biologiques pour faire famille avec un enfant. Nous avions défini notre projet avant le début de la procédure d’agrément : un enfant de moins de 5 ans, avec certaines particularités médicales acceptées.


- L'agrément, les OAA, l'apparentement ?

Pour l’agrément, une petite inquiétude de ma part : je n’avais jamais eu l’occasion de discuter avec une « psy » et je m’inquiétais de savoir si elle ne s’envolerait pas dans des débats stratosphériques alors que je suis assez cartésienne.
Premier courrier au CG en juillet 2013 et agrément obtenu en septembre 2014. Les entretiens se sont déroulés à 4 : notre couple, la psychologue et l’assistante sociale. Tout s’est bien passé, même si raconter ma vie, mon enfance, ma vision des choses, mon couple… à des inconnues est assez déroutant. Aucune question « piège ». L’équipe a voulu rencontrer nos enfants. Un petit stress quand la psychologue et l’assistante sociale leur ont demandé s’ils souhaitaient un petit frère ou sœur de plus. Et s’ils avaient dit non ?
Notre projet était défini avant les entretiens et il n’a pas évolué pendant la procédure. Nous avons lu plusieurs livres sur l’adoption, et beaucoup de discussions sur les forums. Nous nous sommes inscrits à l’EFA sans pour autant nous rendre aux rassemblements mais en lisant leurs publications avec intérêt. Nous avons participé à des réunions sur les enfants à besoins spécifiques et à une réunion animée par un médecin de la COCA qui reprenait et détaillait de nombreuses pathologies et leurs conséquences. Nous avons aussi rencontré en tête à tête ce même médecin. Nous avons beaucoup parlé des cardiopathies et surtout des fentes labio-palatine car une proportion importante d’enfants apparentés était touchée par ces pathologies

A réception de l’agrément, nous avons immédiatement envoyé notre dossier à des OAA et un dossier à l’AFA  pour la Chine dans le cadre de son programme Special Needs. Concernant les OAA, sans surprise nous n’avons obtenu que des refus. L’un d’eux nous a appelés pour nous proposer un parrainage ; nous avons refusé car tel n’était pas notre projet. Nous nous sommes inscrits sur la liste d’attente des pupilles de notre département, tout en sachant que l’équipe du CD nous avait clairement indiqué qu’il était très peu probable que nous soyons appelés eu égard au nombre de nos enfants déjà présents au foyer.

Nous avons rapidement signé un Projet de Mise en Relation avec l’AFA pour la Chine. Puis nous avons assisté à la formation obligatoire, avons eu des contacts avec la psychologue et le médecin de l’AFA pour bien cerner notre projet et qu’ils s’assurent que celui-ci était réfléchi.  Nous avons monté le gros dossier officiel : pas la partie la plus facile. Mais il y avait l’aide technique des copinautes d’adoption. Notre dossier est enfin parti en Chine en mai 2015. Et là, plus de paperasse, plus rien à faire, juste attendre… Et ne pas trop compter sur l’AFA pour donner des informations. Quelques couples avec qui nous conversions ont été apparentés, nous partagions leur bonheur. Cela avançait donc espoir en vue pour nous.
Et puis en février 2016, l’appel ! Par chance nous étions tous les deux présents. Un petit garçon de tout juste 12 mois nous attendait. Nous avons pu discuter de son dossier médical et de sa particularité (inconnue pour nous jusque-là) avec le médecin de l’AFA et nous avons eu un retour par mail du médecin de la COCA, consulté un an plus tôt.


- Quelle prise en charge de l'enfant sur place ? (accueil, prise en charge médicale, préparation à l'adoption...) ?

Notre fils a vécu 14 mois dans l’orphelinat. Nous avons eu très peu d’informations concernant ses premiers mois de vie. Seulement quelques photos enregistrées sur une clef USB que nous avions envoyée à l’orphelinat (accompagnée d’un album photos de la famille et de quelques jouets). Lors de la remise officielle nous n’avons pas pu en savoir plus car la personne qui est venue avec lui ne le connaissait pas. Un carnet de vaccinations très complet nous a été remis, mais il a fallu refaire quasiment tous les vaccins car les analyses de sang faites à notre retour en France ont montré qu’il n’avait pas d’anticorps pour la grande majorité d’entre eux. Nous avons eu également un cahier de vie avec quelques photos et informations.

Au vu de son développement, je pense que notre fils a été bien pris en charge à l’orphelinat. J’ai par la suite appris qu’une fondation américaine parrainait cet orphelinat.


- La rencontre ?

Notre fils nous a été remis deux mois après l’apparentement, le lendemain de notre arrivée en Chine. Nous étions sereins, calmes, heureux lors de la présentation.
Il est arrivé dans les bras d’une inconnue pour lui, tétanisé. Il n’a pas pleuré pendant la remise officielle mais nous le sentions crispé et inquiet. Il s’est endormi dans mes bras au bout d’une demi-heure, certainement d’épuisement émotionnel.


- Les débuts ? La vie de famille ?

Faciles. En Chine, tout s’est immédiatement très bien passé. Il venait dans nos bras avec plaisir, se lovait dans l’écharpe de portage. Il était très souriant, prenait plaisir à tout, jouait. Il dormait et mangeait bien. Nous discutions chaque jour avec nos ainés restés en France. Nous avons obtenu le visa en avance et avons pris le premier avion, 5 jours plus tôt que prévu, pour rentrer et former notre grande famille.
Grande excitation au retour lors de la rencontre avec la fratrie. Notre enfant a vite pris ses marques à la maison. La vie à 7 s’est installée avec bonheur. Sa particularité est visible mais facile à vivre (peu de RV médicaux, des opérations seront à prévoir à partir de sa dixième année). Et nous n’y faisons d’ailleurs plus trop attention.  Nous nous savons chanceux.


- Les difficultés ?

Le sommeil. Après seulement quelques jours avec nous et même avant notre retour en Chine, notre fils ne s’endormait que dans nos bras. Cela a duré plusieurs semaines. Puis quand il se réveillait la nuit, il pleurait et ne se rendormait que dans notre lit. Cela a duré plus de 6 mois.

Le langage. Il ne dit que quelques rares mots alors qu’il a deux ans maintenant. Par contre il comprend et se fait comprendre autrement (notamment avec les bébés-signes que nous lui avons appris). Nous allons commencer des séances d’orthophonie sur les conseils de la COCA.

Nous serons vigilants à ce que sa particularité qui est en partie visible ne soit pas source de moqueries à l’école par exemple. Mais pour le moment nous ne sommes pas concernés.


- Un souvenir marquant ?

La réception de sa carte d’identité. La boucle était bouclée. Notre famille était au complet. Et cela marquait la fin de la paperasse aussi ;-)

jeudi 18 mai 2017

On a vu pour vous : Mother and child


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Tartine 

Karen est tombée enceinte à l'âge de quatorze ans, à l'époque, elle n'avait d'autre choix que d'abandonner cet enfant. C'était il y a trente-cinq ans...

Aujourd'hui, Elizabeth, sa fille, est une brillante avocate. Elle n'a jamais tenté de retrouver la trace de sa mère biologique jusqu'au jour où elle tombe enceinte. De son côté, Lucy voit enfin son rêve d'adopter un enfant se réaliser. Confrontées simultanément à d'importants choix de vie, ces trois femmes verront leurs destins se croiser de manière inattendue...

Mother and child est un film américain de Rodrigo Garcia, sorti en 2010, avec Naomi Watts (Elizabeth), Annette Bening (Karen) et Kerry Washington (Lucy). Comptez aussi sur la présence au générique de Samuel L. Jackson, dans un rôle touchant et plutôt éloigné de ses prestations habituelles chez Quentin Tarantino ou autre confrère énergique !

Rodrigo Garcia signe un film d'une très grande justesse et sans tabou sur le thème de l'abandon, de l'adoption, de la stérilité et de la maternité. Il en mesure les blessures à travers les portraits croisés de ses trois héroïnes. Un magnifique film choral que j'aime vraiment beaucoup. Terriblement touchant.

lundi 24 avril 2017

Une adoption

Dans cette rubrique, nous vous proposons de retrouver régulièrement le témoignage d'une maman ou d'un papa adoptant sur son parcours, son chemin vers son enfant et sur leur adaptation commune... 



 -Année de l'adoption ? 

2015


- Quel pays ?
Vietnam


- Age de l'enfant à son arrivée ?

2 ans et demi


- Votre profil ? Votre projet ? L'agrément?

Nous avons commencé les démarches d'obtention de l'agrément en 2012, au bout d'un an de mariage. J'avais alors 25 ans et mon mari 28 ans. Notre projet s'est construit pour un (ou deux) enfant(s) de moins de six ans, pouvant présenter une particularité "physique" (maladie ou handicap n'entravant pas sa future autonomie), mais pas mentale. Nous étions ouverts à toute origine, toute ethnie, sans préférence pour un pays.
Le temps de l'agrément s'est bien passé, les travailleuses sociales étaient très sympathiques, juste un peu surprises lorsque nous leur avons dit que nous ne souhaitions pas vraiment de nourrisson à pouponner. Malgré notre âge, nous nous sommes toujours beaucoup plus projetés vers un enfant plus grand.
Nous avons obtenu notre agrément en juin 2013.



- Les OAA, l'apparentement ?
Après quelques échanges infructueux avec l'AFA, nous avons décidé de nous tourner vers des OAA. Le premier à qui nous avons envoyé notre dossier s'est montré intéressé par notre profil et a officiellement retenu notre candidature début 2014. Il comptait nous orienter vers la Chine, mais nous avons du rapidement arrêter les démarches car ce pays n'a pas voulu faire de dérogation par rapport à mon âge (27 ans au lieu des 30 exigés). Nous avons donc été réorientés vers le Vietnam, où notre dossier s'est envolé en avril 2014.
Notre OAA était très confiant par rapport à la réussite de notre projet. Il nous a dit que nos ouvertures étaient "originales" dans la mesure où nous acceptions beaucoup de particularités "visibles" (fentes labio-palatines, agénésies, ...) et peu de particularités "invisibles" (maladies infectieuses, pathologie cardiaque...).
Début décembre, notre OAA nous a contacté pour vérifier avec nous quelques détails liés aux particularités acceptées. Notamment une :
"Êtes-vous toujours OK pour une cécité unilatérale ?"
Cela ne posait pas de problème. J'avais eu une collègue présentant cette particularité, et cela ne la gênait pas dans la vie de tous les jours, je ne m'en étais même pas aperçue avant qu'elle me le dise !
Le 15 décembre 2014, notre OAA a appelé mon mari. Quand je l'ai eu au téléphone un peu plus tard, il m'a annoncé, très ému, qu'une petite fille de deux ans nous attendait peut-être au Vietnam. Sa particularité ? Elle était aveugle d'un œil. (Aaaah... tous les éléments se recollent !)
Son dossier médical a été communiqué à un spécialiste de notre choix, et le 18 décembre, nous avons confirmé officiellement à l'OAA que nous étions partants ! Nous avons découverts de nombreuses photos et vidéos de notre fillette, dans lesquelles elle jouait, riait, marchait... Parfaite !



-Quelle prise en charge de l'enfant ? 
Notre fille était placée dans une structure spécialisée pour les enfants devant bénéficier de soins particuliers, comme de la rééducation visuelle par exemple. Elle s'y trouvait depuis très longtemps, et avait déjà passé plus d'examens médicaux que moi dans toute ma vie. Sa déficience visuelle a été vraisemblablement causé par une rubéole contractée in utero. Comme il peut y avoir d'autres séquelles de cette maladie (cardiaques, cérébrales, surdité), de nombreux tests avaient été menés pour que son dossier médical soit le plus précis possible.

-La rencontre?
La rencontre s'est déroulée comme un rêve. Notre fille y avait été bien préparée, nous avions même des photos d'elle découvrant l'album photo que nous lui avions envoyé.
Elle a tout de suite reconnu son papa, en l'appelant ainsi en vietnamien. Nous avons joué avec elle une demi-heure, je lui ai donné une bouillie et son biberon, et hop ! Nous sommes repartis avec elle, en taxi. En quelques instants, elle faisait partie de notre vie pour toujours



- Les débuts ? La vie de famille ? Les difficultés ?
Notre fille était (et est toujours) très facile à vivre. Les débuts ont été calmes, je pense. Nous avions essayé de nous préparer au pire, alors tout semblait globalement facile.
Vivre à l'hôtel, au Vietnam est ce qui m'a semblé le plus pesant je crois. D'ailleurs, les quelques problèmes rencontrés (la faire manger correctement, des terreurs nocturnes chaque nuit) ont cessé dès notre arrivée à la maison.
La vie à trois s'est instaurée tout naturellement, nous avons pu rester plus de deux mois tous les trois à la maison, puis j'ai pris un congé parental de six mois.
L'attachement mutuel s'est fait tranquillement, de son côté comme du nôtre, sans heurts, ni vite ni lentement.
Je m'étais préparée au fait que mon enfant ne m'adopte que progressivement et pas instantanément, mais pas à celui qu'il en irait peut-être de même pour moi ! J'ai beaucoup culpabilisé au début car j'avais l'impression de mal faire mon "travail" de maman à ce sujet.
Actuellement j'ai une relation si fusionnelle avec ma fille que j'ai du mal à me souvenir précisément de cette époque où elle m'était si étrangère !
Sa particularité ne l'a jamais vraiment gênée à la maison, un peu plus dans des endroits inconnus. Un an après son arrivée, nous avons découvert avec surprise que son œil droit commençait à voir ! Elle porte désormais des lunettes, car son "bon" œil est myope. L’œil droit, lui ne peut pas vraiment bénéficier d'une correction, mais il voit un peu et c'est déjà formidable !

 -Un souvenir marquant ? 
Quelques mois après son arrivée, elle a du subir un examen de ses yeux sous anesthésie générale. Quand je l'ai vu s'éloigner avec l'anesthésiste, son doudou à la main, mon cœur s'est déchiré et j'ai pris pleinement conscience de mon attachement si fort pour elle, de mon amour devenu pleinement inconditionnel. A son réveil, très désorientée, elle ne s'est calmée que lorsque l'infirmière l'a sortie de son lit pour la déposer dans mes bras, tout contre moi, et j'ai pu mesurer combien moi aussi j'étais importante pour elle.

lundi 17 avril 2017

Une Adoption

Dans cette rubrique, nous vous proposons de retrouver régulièrement le témoignage d'une maman ou d'un papa adoptant sur son parcours, son chemin vers son enfant et sur leur adaptation commune... 


-Année de l'adoption ?
2016

- Quel pays ?
Madagascar

- Age des enfants à son arrivée ?
4 ans et 11 mois

- Votre profil ? Votre projet ? L'agrément?

Nous avions 28 ans quand on a su que l'on ne pourrait pas avoir d'enfant de sang. Nous avions pris le chemin de l'adoption comme une évidence. Nous avons comme beaucoup tester la PMA, nous avions été martelé par " le risque " de grossesse gémellaire, cela fut notre plus grand souhait et on a mené tout notre agrément sur ce point. Nous avons cheminé toute l'année 2013 dans la procédure d’agrément et défendu nos idées que nous voulions des jumeaux et pas forcement des bébés. Nous avons décroché notre sésame fin novembre 2013 pour un enfant ou jumeaux jusqu’à 71 mois.
Dés lors nous avons démarché beaucoup d'oaa et organismes en mettant en avant notre projet gémellaire. Madagascar fut notre priorité par rapport au " fady" ( tabou) qui pense que les jumeaux portent malheur dans une région du sud est de l'ile.

- Les OAA, l'apparentement ?

Nous avions envoyé le lendemain de noël 2013, 46 courriers pour postuler vers les oaa qui pourrait nous convenir mais aussi les départements susceptibles de nous comprendre pour le coté gémellaire.
Beaucoup de réponses négatives ou de propositions qui n’étaient pas notre projet. Nous avions fait le choix de suivre notre chemin et nous avons été invité à un entretien avec un oaa religieux pour Madagascar.
L'entretien dura près de 3h30 et à la fin, nous savions que nous étions acceptés et que notre projet gémellaire serait un point fort pour notre dossier.
Les mois passent, on monte le dossier, qui part vers Antananarivo pour être accepté par l'autorité centrale de l'adoption malgache (ACAM) fin 2014.
Nous prenons par la suite notre mal en patience et nous nous preparions à etre appellé vers l'été 2016 pour espérer un départ pour la fin 2016, selon ce à quoi nous avait préparé l'oaa.
10 novembre 2015 10h47; le téléphone de madame sonne pour nous annoncer l'apparentement de jumeaux mixtes. Comme prévu, nous etions débordé par le travail et on attendait pas cela ainsi et si vite. Le soir même, on reçoit le dossier par mail et on se force de regarder tout le dossier avant de regarder les photos jointes.
Le dossier nous parait clair, mais on l'envoie en copie mail au médecin de la COCA qui nous confirme ce que l'on pensait. Tout va bien et le dossier est bien complet.
A compter de ce moment, nous avons avertis famille, proches et employeur du grand voyage que l'on préparé.
Nous partirons le 26 mars 2016 et une rencontre le 31 mars 2016 à 13 000 kms de la maison.

-Quelle prise en charge de l'enfant ? La rencontre?

Les enfants sont à l'orphelinat depuis leur naissance.
Ils ont été préparé à notre venue, car nous avons fait parvenir un album photo pour les 2 afin de présenter leurs futurs parents ainsi que leur cadre de vie et la famille. nous avions aussi mis un " poupety " à chacun.
La rencontre fut loin d’être idéal car l'orphelinat n'avait pas été prévenu de notre arrivée, on était attendu 2 semaines plus tard. 30 min après la rencontre, nous avons quitté l'orphelinat et nous n'y sommes plus retournés avec regret du à des aléas de grèves administratives.

- Les débuts ? La vie de famille ? Les difficultés ?

Les débuts... Nous parlions que français et eux que le dialecte local... donc personne ne les comprenait... nous avions eu une liste de 30 mots afin de comprendre les besoins primaires... Ce fut sport pour le début mais 10 jours plus tard, cela avait déjà bien changé, vu qu'on ne leur parlait que français et il voulait plaire et étaient ravis d'avoir des parents.

La procédure malgache demande une présence de 12 semaines sur place. 5 semaines de mise en relation, 31 jours pour le délai de non recours et enfin 2-3 semaines pour faire les papiers afin de rentrer à 4 à la maison.
Le 1er mois, nous avons pris un appart hotel où l'on a pu y faire une vie de famille et bien ancrer les liens et les prémices de l'attachement. Nous avions prévu de retourner pour le jugement dans la ville de l'orphelinat et dans ce dernier, mais des grèves des tribunaux ont fait que nous ne devions pas y aller et que le jugement n'a pas eu lieu en séance publique mais en seing privé avec notre déléguée local.

Pour la suite de notre séjour, nous sommes allés en chambre d’hôte chez notre chauffeur nounou. Nous avons pris le temps de faire un peu de tourisme avec les enfants afin de découvrir l'ile et les trésors qu'elle regorge avec sa faune flore et la beauté des paysages.

Les difficultés, il y en a eu... Nous n'avons pas supporter le traitement anti palu qui nous a rendu malade les 1ers jours avec les enfants... La distance de notre fils avec sa maman car il a du faire le deuil de la séparation avec sa nourrice de qui il était proche, cela a duré 17 jours.

Nous avons eu des gros moments de stress car sur place, il n'y a pas de stress pour faire les papiers... " Pourquoi faire aujourd'hui, ce qu'un autre pourra faire demain..."

Un souvenir marquant ?

La réaction de certaines personnes quand on disait qu'ils étaient jumeaux de Mananjary, ça a fait fuir des personnes et on a même eu droit d’être reconduit à l’extérieur d'un magasin pour éviter de leur amener le mauvais sort...
Aujourd’hui cela fait 1 an que l'on est en famille et on oublie vite le chemin parcouru quand on voit le bonheur du chamboulement que nos enfants nous ont apportés.
Aujourd'hui, ils sont scolarisés en Grande section de maternelle, ils parlent presque mieux le français que leurs camarades et ils sont fiers d’être des petits bretons...

lundi 10 avril 2017

on a vu pour vous: Ma vie de Courgette

Courgette n’a rien d’un légume, c’est un vaillant petit garçon. Il croit qu’il est seul au monde quand il perd sa mère. Mais c’est sans compter sur les rencontres qu’il va faire dans sa nouvelle vie au foyer pour enfants. Simon, Ahmed, Jujube, Alice et Béatrice : ils ont tous leurs histoires et elles sont aussi dures qu’ils sont tendres. Et puis il y a cette fille, Camille. Quand on a 10 ans, avoir une bande de copains, tomber amoureux, il y en a des choses à découvrir et à apprendre. Et pourquoi pas même, être heureux.




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Nala

j'ai vu ce film avec 2 de mes enfants. J'ai hésité pour l'age par rapport au propos mais je crois que chaque enfant peut accéder à des sujets même graves s'ils sont présentés avec bienveillance. Il n'est pas très long, tout juste 1h.
Mes filles ont adoré, pourtant c'est parfois triste, ça dit que les adultes peuvent faire du mal aux enfants, par négligence ou intentionnellement, ça parle d'alcoolisme... mais ça parle aussi de l'enfance et de la richesse de ces ressources: les amis, qui gagnent à être connu, les moments de partages, les adultes donneurs de soins, les émotions qui peuvent évoluer, les dessins qui disent beaucoup.
et moi j'ai été conquise. c'est très délicat dans l'approche de sujets durs, c'est bordé de silences chargés d'émotions, du non verbal dans ces petits personnages de pâtes tellement bien reproduits par rapport à la réalité. ça nous a permis de parler d'orphelinat, d'enfants grands pour lesquels le projet d'adoption est parfois compliqué à construire. Et sur le plan artistique, les graphismes, les couleurs, sont vraiment beaux.
Il ne vous reste plus qu'à courir l'acheter en DVD ou l'emprunter à votre médiathèque!

 

lundi 3 avril 2017

Témoignage: adopter avec un handicap


Notre parcours d'adoption : Atteinte d’un spina bifida entraînant une paraplégie des membres inférieurs, j’ai épousé Cédric en juin 2003 et donné naissance à notre premier enfant, Anthony, en juillet 2006. ​ Un an après sa naissance, au cours d’une visite annuelle, mon médecin gynécologue me fait part d’un problème de cicatrisation et nous explique qu’une seconde grossesse serait très compliquée voire même dangereuse pour moi. Ne souhaitant pas avoir un enfant biologique à tout prix, nous avons tout naturellement songé à l’adoption et nous avons entrepris les démarches en janvier 2008. Les enquêtes sociales et psychologiques se sont bien passées. Lors des premiers entretiens, les travailleurs sociaux nous ont questionnés sur l’organisation de notre quotidien avec mon handicap et sur mon autonomie. Par la suite, nos échanges se sont centrés sur notre projet d’adoption et la spécificité de cette parentalité. Neuf mois après le début des démarches, nous avons obtenu notre agrément pour l’adoption d’un enfant âgé de 2 à 7 ans, en tenant compte de l'âge de notre fils aîné.
Après avoir reçu beaucoup de refus de la part des OAA (Organismes Autorisés pour l’Adoption) du fait de mon handicap ou de la présence d’un enfant biologique au sein de notre foyer, il ne restait plus qu’un organisme susceptible d'accepter notre candidature. Bien que je sois un peu réticente suite à tous ces refus, mon mari a décidé d’abattre notre dernière carte en écrivant à ce dernier OAA. A notre grande surprise, la responsable nous a contactés afin de fixer un rendez-vous en septembre 2012. En effet, quatre années s’étaient écoulées entre le début de nos démarches et cet appel encourageant ! ​ Trois jours après avoir rencontré les responsables de l’organisme, nous avons reçu un courrier nous informant de l’acceptation de notre candidature et de l’enregistrement de notre dossier. En mars 2013, nous avons reçu l’appel magique pour un petit garçon âgé de 15 mois vivant à Djibouti. C’est en octobre 2013 que nous nous sommes envolés pour l’Afrique et que nous avons rencontré notre merveilleux Théo. Nous sommes rentrés en France le 5 octobre 2013 et notre aventure familiale à quatre a enfin pu commencer. ​ Je ne vais pas vous dire que notre vie est un long fleuve tranquille, il y a des hauts et des bas comme dans toutes les familles. Nous sommes une famille comme les autres à quelques détails près...

lundi 27 mars 2017

Une attente

Dans cette rubrique, nous vous proposons de retrouver régulièrement le témoignage d'une maman ou d'un papa encore dans l'attente de son(ses) enfant(s)...

Votre profil ?



Mon mari et moi sommes en couple depuis 9 ans et mariés depuis 2 ans et demi.

Nous avons 30 ans tous les deux.

Nous n’avons malheureusement par encore d’enfant. 

Depuis quand avez vous le projet d'adopter ? Quel a été votre cheminement vers l'adoption ?



Un an après le début de notre relation, nous avons eu l’envie de fonder notre famille.

A cette époque, nous pensions que ce serait « facile et rapide ».

Malheureusement, nous avons très vite compris/appris que c’est la vie qui décide pour nous et non l’inverse.

A la suite de plusieurs grossesses extra-utérines, mon gynécologue m’a retiré les trompes. Nous avions alors 24 ans.

Nous avons entamé un long et difficile parcours PMA, enchaîné les FIV et les examens en tout genre.

Chaque échec devenait de plus en plus difficile à vivre.

Nous avons donc décidé d’arrêter définitivement la PMA.



Par contre, l’envie de fonder notre famille, l’envie d’avoir notre enfant, l’envie de le voir grandir et s’épanouir, l’envie de lui transmettre nos valeurs…n’a pas cessé pour autant.



En novembre 2013, nous écrivions pour la première fois au Conseil Général de notre département.

En novembre 2014, nous obtenions notre agrément.




Votre projet ?
Comment l'avez-vous construit ?



Nous avons un agrément pour un enfant de 0 à 3 ans. Sachant que l’assistante sociale a ressenti chez nous, un besoin de materner, nous devrions être parents d’un bébé pupille.

Nous n’avons pour le moment entamé aucune démarche à l’étranger alors même que notre agrément nous y « autorise ».

Nous ne sommes, finalement, pas encore prêts à faire de telles démarches et puis nous pensons que nous avons de bonnes chances de voir notre projet aboutir dans notre département.

Et puis, compte tenu de nos « critères », notre dossier ne serait probablement pas accepté à l’étranger.

Nous avons donc choisi d’attendre que le Conseil de Famille nous choisisse…





Quelles démarches post-agrément ? Avez-vous des pistes ?


Je crois que tout ce qui se rapproche de près ou de loin au monde de l’adoption nous intéresse.

Nous sommes adhérents à l’Association EFA de notre département.

EFA organise très régulièrement des accueils. Lors de chaque accueil il y’a un thème qui permet d’orienter l’échange mais chacun est libre de parler de ce qu’il souhaite. (Toujours en lien avec l’adoption bien sûr)

Ce qui est intéressant, c’est d’échanger avec d’autres postulants mais également avec des parents par adoption qui nous racontent leurs différents parcours/ressentis. C’est un moment enrichissant qui nous pousse toujours à nous poser de nouvelles questions.

EFA propose également des conférences comme par exemple : ‘La création du lien d’attachement par le jeu », conférence à laquelle nous assisterons le mois prochain.

Pour ma part, je dévore tous les livres qui parlent d’Adoption

Si je ne devais retenir qu’un livre, je choisirai celui de Johanne LEMIEUX : La normalité adoptive : les clés pour bien comprendre son enfant.

Je lis aussi beaucoup les blogs et les forums mais laisse rarement des commentaires.

Je suis également en train de tricoter une couverture pour notre futur enfant.




- Comment occupez-vous et gérez-vous l'attente ?

Tous nos proches sont au courant de nos démarches. Notre famille mais aussi nos amis savent que nous attendons « le coup de téléphone magique » qui changera à jamais notre vie.

Chacun réagit à sa manière, certains osent nous poser des questions, d’autres, surement par peur d’être indiscrets ou de nous faire de la peine, ne nous en parlent jamais.

Même nos petits neveux savent qu’ils auront peut-être bientôt un nouveau petit cousin ou une nouvelle petite cousine.

Ce n’est pas du tout un sujet tabou pour nous. Cela fait partie de notre histoire.

Ce qui est sûr, c’est que nous sommes prêts à accueillir notre enfant.

Nous savons que l’attente va encore être très longue, plusieurs mois, plusieurs années peut-être mais nous finirons par être une famille. 

Le mot « Patience » a vraiment pris pour nous tout son sens. 

Boupe




lundi 20 mars 2017

Une adoption

Dans cette rubrique, nous vous proposons de retrouver régulièrement le témoignage d'une maman ou d'un papa adoptant sur son parcours, son chemin vers son enfant et sur leur adaptation commune... 






-Année de l'adoption ?

2009

- Quel pays ?
En France, notre bébé était pupille de l’Etat suite à une naissance sous anonymat. Mais nous avions à l'origine un dossier en Chine. Nous avons donc attendu près de 4 ans en Chine et ré-orienté notre projet douloureusement dans un premier temps, pour devenir parents d'une merveilleuse petite fille qui nous attendait à deux pas de chez nous.

- Age de l'enfant à son arrivée ?
5 mois

- Votre profil ? Votre projet ? L'agrément
Encore assez jeunes, sans enfant, deux bons emplois bref tous les voyants étaient au vert. Au départ nous souhaitions accueillir un enfant de toutes origines, plutôt âgé de 2 / 3 ans. Nous n'avions pas de projet en France, ni de nourrisson. La question d'une adoption nationale n'a même pas été évoquée.
L'agrément a été une mascarade : 2 entretiens avec le travailleur social, sans aucun intérêt, mais où nous avons compris que notre projet ne lui convenait pas et qu'il nous faudrait l'amender. Pour abréger nous avons accepté un agrément «  le plus jeune possible » en nous disant que nous pourrions finalement être libres d'accueillir un enfant plus âgé.  Le rendez-vous avec le psychiatre a été tout aussi ridicule, mais en plus très cher…

Entre notre premier courrier et la réception de l'agrément : 16 mois ! Huit mois pour rédiger un torchon bourré d'erreurs et qui nous a été communiqué après l'agrément… Nous avons laissé le rapport tel quel mais n'avons pas eu le choix avec le courrier du psychiatre qui comportait des fautes d'orthographe dans notre patronyme. Cela a encore pris 2 mois pour qu'il transmette un document pouvant prétendre à une traduction.

A partir du jour d'obtention de l'agrément j'ai écrit quotidiennement un journal d'attente car j'étais « traumatisée » à l'idée de ne plus me souvenir ce que j'avais fait le jour de la naissance de mon enfant.  Ecrire m'a beaucoup aidé et aujourd'hui j'ai un recueil de plusieurs centaines de pages à transmettre à ma fille, si elle le désire un jour.


- Les OAA, l'apparentement ?

Nous avons contacté une première série d'OAA. Sur les 10, 8 ont proposé un entretien. Nous sommes allés au plus simple et avons monté un dossier en Chine avec l'OAA rencontrée en premier. Il était annoncé entre 10 et 12 mois d'attente. Prudents nous avons tablé sur 14 mois.
Au final si nous avions du poursuivre en Chine, nous aurions du refaire un second agrément. Pour moi cette attente à reculons est vite devenue insoutenable. Nous avons tenté le Cambodge avec l'AFA pour ne pas nous éloigner trop de notre projet d'origine.Et lorsque la Chine a levé l'exclusivité nous avons recontacté l'ASE. Cette fois-ci, ce fût une merveilleuse rencontre avec une professionnelle remarquable. Les échanges fûrent riches et constructifs. Nous avons aussi découvert que notre antériorité était énorme car elle intégrait la période d'instruction de l'agrément. Nous étions donc présentables de suite en Conseil de famille !
Ce fût un choc et nous avons pris quelques mois pour prendre notre décision en cheminant chacun de notre côté. Ce fût très dur de faire le deuil de l'enfant de Chine. Nous n'avions jamais envisagé d'avoir un bébé et nous repartions à zéro quand à l'image mentale que nous pouvions nous en faire. De notre histoire chinoise nous n'avons conservé que le projet d'avoir une fille.
Nous avons su que le conseil de famille avait décliné une fois notre dossier mais au final nous avons été appelés après 5 ans, 2 semaines et 5 jours de démarches. Quand le téléphone a sonné j'étais à bout. C'était en septembre et nous avions décidé de mettre fin à notre parcours, au plus tard en décembre tant la vie en suspend me pesait. La nature de cet appel ? Au fond de moi je l'ai su immédiatement avant que la juge me l'annonce.

Cinq jours plus tard nous avons déjà pu consulter son dossier, la décrivant comme en grand besoin de maternage. Après lecture et notre accord, nous avons pu découvrir sa photo et rentrer avec ce seul portrait à la maison.Notre fille était en pouponnière et nous l'avons rencontré encore 7 jours plus tard, soit 10 jours après l'appel.


Quelle prise en charge de l'enfant ? La rencontre
En néo-nat pendant 5 jours, elle a ensuite été transférée en pouponnière, dans une petite unité. Le personnel a été formidable avec notre fille. Elle a bénéficié de soins en kinésithérapie. Décrite comme tendue et pleurant beaucoup au départ, nous avons découvert un bébé très  calme. Son regard était perçant et vif, mais grave. Nous étions clairement à l'essai !

Le jour de la rencontre ce fût très court car elle était fatiguée. Nous étions avec la référente de notre fille et notre assistante sociale. Je n'ai pas pu prendre ma fille dans mes bras. Elle a eu un coup de foudre pour son papa et j'ai laissé faire, me contentant de petites caresses. Néanmoins, je me souviens avoir écrit dans son journal: «  ton papa avait les gestes, et j'avais les mots ». En sortant je suis allée faire des courses de puériculture mais j'étais totalement perdue dans le magasin au milieu de mamans super averties.
Après 8 jours de visites quotidiennes en pouponnière, puis à la maison, nous avons enfin débuté notre vie à trois.


- Les débuts ? La vie de famille ? Les difficultés ?

La période d'apparentement a constitué une vraie parenthèse enchantée. Le bonheur que nous avons procuré, à nos proches et ceux qui nous avaient soutenus, a  aussi suscité des moments très intenses.
Le retour à la maison a été à la fois simple et difficile. Mon mari a pris l'intégralité du congé d'adoption et moi j'avais repris des études donc je pouvais assez bien gérer mon emploi du temps, mais pas la fatigue liée à ma double tâche de mère et étudiante a pesée.

Je ne vais pas mentir : j'ai totalement décompensée le lendemain de son arrivée définitive au domicile. Ma fille était facile et donc je me sentais d'autant plus coupable de ressentir son arrivée comme une certaine privation de liberté. Mais je l'avais tellement voulue que j'ai tout enfoui. Heureusement j'ai très vite réagi et rencontré mon médecin qui a trouvé que notre histoire était quand même un tel bouleversement que l'on pouvait bien craquer un peu. Encore aujourd'hui je ressens une grande culpabilité d'avoir eu ces difficultés à devenir mère.

Néanmoins, rapidement nous avons trouvé notre rythme à trois. La rencontre de notre merveilleuse nounou a été aussi déterminante. Elle a pris soin de notre fille pendant 3 ans, avec deux autres enfants. Nous nous voyons encore.
En revanche, mon mari a chèrement payé son congé. Il a été licencié peu de temps après son retour. Rien n'a été dit en ce sens mais c'était pourtant évident. Bien entendu il ne regrette rien.
Notre bébé était TRES facile à vivre : sommeil, alimentation, développement, santé… et encore aujourd'hui notre poulette se montre heureuse, bien que très cérébrale et sensible aux liens d'amitié.

Nous sommes retournés à la pouponnière deux ans plus tard, un peu au hasard d'une promenade. Nous avons été très bien reçus et ma fille a pu revoir son unité avec sa référente. Nous n'avions qu'un modeste album de la maternité et de la pouponnière. Se rendre à la pouponnière lui a permis de construire son histoire et d'affirmer à 30 mois : «  moi j'ai été deux bébés. Avant j'étais R. à la pouponnière et après j'étais S. à la maison ».

Nous avons aussi adressé, 3 ans après, un courrier et une photo à la maternité. Je tenais à les remercier personnellement et à leur montrer que l'accueil réservé à ma fille avait contribué aussi à en faire cette merveilleuse petite personne.


 Un souvenir marquant ? Plutôt deux

Quand j'ai raccroché du fameux appel : je me suis assise et je n'ai pas appelé immédiatement mon mari. J'ai gardé pendant une ou deux minutes cette nouvelle pour moi, rien que moi. J'ai ressenti un tel soulagement, perdu ce poids énorme qui pesait depuis si longtemps. J'étais si légère.

Nous étions ensemble depuis 9 mois et ce matin là je devais partir pour faire ma soutenance en vue de mon diplôme. Ma puce était sur mes genoux juste après son biberon. Elle a pris ma main délicatement et l'a porté à ses lèvres. Son regard noir a plongé dans le mien et elle a déposé un doux baiser sur ma main. C'était son premier baiser, la première fois où j'ai eu la certitude qu'elle me disait à moi qu'elle m'acceptait pour être sa maman pour la vie, qu'elle me disait :  « Voilà je t'ai adopté ».