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jeudi 8 novembre 2018

une attente 4


Dans cette rubrique, nous vous proposons de retrouver régulièrement le témoignage d'une maman ou d'un papa encore dans l'attente de son(ses) enfant(s)... 


Votre profil ? 

Nous sommes âgés de 39 ans tous les deux, en couple hétérosexuel depuis 10 ans, et mariés depuis juin 2016. Nous n'avons pas encore d'enfant, mais sommes en pleine grossesse adoptive ;-).

Nous avons souhaité fonder une famille dès 2010. Je suis d'ailleurs tombée enceinte très vite, grossesse qui s'est terminée 3 mois plus tard... Je ne savais pas alors que ce serait mon unique grossesse biologique!

Et puis... les mois passent, sans que rien ne se passe. Ensuite, il y a eu la PMA, pendant plusieurs années... et puis un jour, nous avons dit stop à ces démarches médicales intrusives et à ce qu'engendraient les traitements pour ma santé.

Depuis quand avez vous le projet d'adopter ? quel a été votre cheminement vers l'adoption ?

Le jour même où nous avons pris la décision d'arrêter la PMA, nous avons étudié les voies qui s'offraient à nous. La parentalité fait partie de nos projets de vie, il était hors de question d'y renoncer.

Une fois passé le cap du deuil de la grossesse biologique, l'adoption a été très vite une évidence pour nous!

Nous avons tous deux des compositions familiales atypiques qui nous ont très tôt confrontés aux questions de ce qui fait une famille, un parent, et de la place ou pas de la transmission génétique dans tout ça (j'ai une sœur issue de PMA avec don avec qui je n'ai aucun gène en commun, le frère de mon mari a été élevé par un père "adoptif", qui n'était pas son géniteur... pour ne parler que d'eux !)


Votre projet ?

Nous avons un agrément pour un enfant de moins de 4 ans, de sexe indifférent, toute ethnie, et pouvant présenter des particularités légères et /ou curables.

Pour l'âge, nous avons observé les enfants de notre entourage, avec comme question : pourrions nous nous sentir parents d'un enfant de tel âge?

Concernant les particularités, nous avons rencontré un pédiatre spécialisé, de la COCA, qui nous a expliqué une masse de pathologies, leur prise en charge, leurs séquelles... une fois munis de ces infos, nous avons réfléchi chacun de notre côté, nous étant mis d'accord : pour nous, il fallait que les deux puissent se sentir parents de notre enfant, et donc si l'un s'opposait à une pathologie, il n'y avait pas de discussion. Bon, j'avoue, ça ne nous a pas empêchés de tenter d'argumenter ;-). Mais au final, nous sommes tous les deux pleinement d'accord avec les limites de notre projet.

Quelles démarches post-agrément ?

Nous avons obtenu l'agrément en septembre 2017.


Le Conseil Départemental nous avait bien dit que nous avions le profil idéal pour un nourrisson pupille de l'état, nous avons donc fait le choix d'attendre un an ou deux, pour voir si cela pouvait aboutir... et puis, les coûts d'une procédure à l'international nous faisaient peur, nous avions encore besoin d'évoluer sur cet aspect.

Et puis nous avons rencontré des parents, qui avaient adopté un an auparavant en Thaïlande. En entendant leur parcours, nous avons pris conscience de la difficulté d'être acceptés par un OAA, et du délai possible avant de voir s'entrouvrir une porte...

Fin novembre 2017, nous avons envoyé des courriers aux OAA agréés de notre département, presque tous, ayant écarté uniquement ceux qui ne travaillaient que dans les pays où les enfants adoptables étaient grands.

4 jours plus tard, à notre immense surprise, nous recevions un courrier d'amorce de rencontre avec un OAA - d'ailleurs nous n'avions pas compris, et nous avons fait la gueule tout le week-end, croyant qu'il s'agissait d'une arnaque, puisqu'ils ont eu la bonne idée de joindre l'échéancier des frais à cette première réponse!

Au final, 4 OAA nous ont répondu qu'ils souhaitaient nous rencontrer. Nous en avons écarté 2, qui travaillaient avec le même pays, car nous n'étions pas à l'aise avec les procédures d'adoption là-bas, notamment les délais entre l'apparentement, la rencontre et le retour à la maison.

On a tout misé sur le Vietnam! Les 2 OAA rencontrés nous ont donné leur réponse définitive la même semaine, après diverses étapes de rencontres. Nous avons eu le luxe de choisir par affinités :-)

Aujourd'hui, nous avons l'agrément depuis 14 mois, et un dossier au Vietnam depuis 6 mois. Nous sommes en attente du coup de fil de la rue d'à côté, ou du pays là-bas, qui fera de nous des parents.

Comment occupez-vous et gérez-vous l'attente ? 

Nous essayons de nous rappeler qu'il y a autre chose à vivre, et notamment nos derniers mois en tant que couple sans enfant... mais on y pense tout le temps. Notre enfant n'est pas là, mais il est déjà beaucoup dans nos têtes, et il se fraie un chemin dans nos cœurs...


Je suis en pleine grossesse, mais je ne peux pas sentir bouger mon petit, et j'attends l'échographie :-). Alors je guette des signes, qui me font dire que notre petit me fait coucou! Mon signe le plus absurde c'est d'avoir trouvé le Vietnam sur une bouteille de bière ;-)

J'ai l'impression, au fil des mois, que l'attente se fait plus physique, je sens un vide qui a besoin de se remplir par de la nourriture adoptive.

Alors nous assistons aux réunions EFA, notre OAA nous propose pas mal de formations (déjà 3 entre mars et novembre).
Et puis nous regardons des films, lisons des livres, rencontrons des gens en vrai ou virtuellement... Et nous témoignons!

Quel est votre vécu, vis à vis de vos proches, de cette attente ?

Nos proches sont tous très impatients, nous en profitons pour les préparer aux spécificités adoptives, notamment dans les premiers contacts. Pour l'instant ils sont à fond dans la compréhension, mais je parie qu'ils vont jeter leurs bonnes résolutions aux orties dès que notre enfant pointera le bout de son nez, et que nous devrons les éloigner avec des fourches et des piques! Même nos neveux et nièces nous demandent des nouvelles "du cousin".


crédit photo Cœur adoption


vendredi 3 août 2018

On a lu pour vous 11 : la normalité adoptive de Johanne Lemieux Tome 1






Vous songez à adopter, vous êtes sur le point d'accueillir un enfant par adoption ou vous êtes déjà parent adoptant ? Ce livre vous apportera des réponses et surtout des solutions concrètes pour exercer ce rôle de parent, à la fois semblable et différent de la parentalité biologique. Fondée sur des connaissances scientifiques solides, une longue expérience professionnelle et sur le vécu de milliers de familles adoptives, l'auteure vous offre l'essentiel de son approche éducative et psychosociale : l'adopte-parentalité. L'Adopteparentalité est désormais une collection où l'enfant adopté est au coeur des préoccupations et le parent au coeur des solutions. Dans ce premier ouvrage, vous recevrez les 12 clés essentielles pour vous aider, vous et l'enfant, à connaître, à comprendre et à célébrer sa normalité adoptive.

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Nala



LE livre que tout le monde vous conseillera d’avoir sur votre table de nuit dès le début de votre chemin en adoptie !
Mme Lemieux est une des personnalités francophones que l’on cite mais aussi qui donne des conférences et des formations sur l’adoption.
Son paradigme est de dire que les enfants adoptés, sont à la fois des enfants « modèle de base » comme les autres mais avec des options en plus, options diverses. Le propos est donc de démocratiser ce que l’on peut considérer comme « normal » pour un enfant adopté, et explique ce qu’est l’attachement.
Il faut reconnaitre que l’ouvrage est accessible, et que les fiches récapitulatives en fin de chapitres pour aider les futurs papas et les papas à se motiver à lire le bouquin « mais que Chéri il faut ABSOLUMENT que tu lises, hein doudou ? tu promets ?! ». De même qu’on y trouve la fameuse « lettre aux grands parents » pour expliquer entre autre combien le cocon nucléaire est nécessaire les premiers temps pour créer le lien d’attachement. Pleins d’allégories pour mieux faire passer des messages importants pour celles et ceux qui l’auront aussi entendu en conférence on les redit avec l’accent québécois qui chante !
J’avoue qu’au départ, avant d’être maman par adoption, vu que tout le monde en parlait je me suis dit « bon ok, je m’y colle ». Ça permet d’avoir des bases de réflexion solide pour la démarche d’agrément.  Mais surtout une fois mes enfants arrivés, j’y retourne,  et je relis les chapitres en rapport avec mes difficultés du moment. Ce n’est plus une projection théorique c’est un couteau suisse qu’on peut retrouver facilement.
Du coup, Johanne si vous me lisez par hasard, sachez que votre livre n’a pas quitté ma table de nuit depuis maintenant 2013 ! Rassurez vous point de poussière, il a des cornes à ces coins parce qu’il a vécu quelques balades, notamment un voyage jusqu’en Chine, comme un doudou pour me rassurer dans mes premiers pas de maman adoptante. Bien sur il ne s’ennuie pas, il loge tout à coté de son petit frère le tome 2…. Que je vous recommande aussi ;)

lundi 27 mars 2017

Une attente 3

Dans cette rubrique, nous vous proposons de retrouver régulièrement le témoignage d'une maman ou d'un papa encore dans l'attente de son(ses) enfant(s)...

Votre profil ?



Mon mari et moi sommes en couple depuis 9 ans et mariés depuis 2 ans et demi.

Nous avons 30 ans tous les deux.

Nous n’avons malheureusement par encore d’enfant. 

Depuis quand avez vous le projet d'adopter ? Quel a été votre cheminement vers l'adoption ?



Un an après le début de notre relation, nous avons eu l’envie de fonder notre famille.

A cette époque, nous pensions que ce serait « facile et rapide ».

Malheureusement, nous avons très vite compris/appris que c’est la vie qui décide pour nous et non l’inverse.

A la suite de plusieurs grossesses extra-utérines, mon gynécologue m’a retiré les trompes. Nous avions alors 24 ans.

Nous avons entamé un long et difficile parcours PMA, enchaîné les FIV et les examens en tout genre.

Chaque échec devenait de plus en plus difficile à vivre.

Nous avons donc décidé d’arrêter définitivement la PMA.



Par contre, l’envie de fonder notre famille, l’envie d’avoir notre enfant, l’envie de le voir grandir et s’épanouir, l’envie de lui transmettre nos valeurs…n’a pas cessé pour autant.



En novembre 2013, nous écrivions pour la première fois au Conseil Général de notre département.

En novembre 2014, nous obtenions notre agrément.




Votre projet ?
Comment l'avez-vous construit ?



Nous avons un agrément pour un enfant de 0 à 3 ans. Sachant que l’assistante sociale a ressenti chez nous, un besoin de materner, nous devrions être parents d’un bébé pupille.

Nous n’avons pour le moment entamé aucune démarche à l’étranger alors même que notre agrément nous y « autorise ».

Nous ne sommes, finalement, pas encore prêts à faire de telles démarches et puis nous pensons que nous avons de bonnes chances de voir notre projet aboutir dans notre département.

Et puis, compte tenu de nos « critères », notre dossier ne serait probablement pas accepté à l’étranger.

Nous avons donc choisi d’attendre que le Conseil de Famille nous choisisse…





Quelles démarches post-agrément ? Avez-vous des pistes ?


Je crois que tout ce qui se rapproche de près ou de loin au monde de l’adoption nous intéresse.

Nous sommes adhérents à l’Association EFA de notre département.

EFA organise très régulièrement des accueils. Lors de chaque accueil il y’a un thème qui permet d’orienter l’échange mais chacun est libre de parler de ce qu’il souhaite. (Toujours en lien avec l’adoption bien sûr)

Ce qui est intéressant, c’est d’échanger avec d’autres postulants mais également avec des parents par adoption qui nous racontent leurs différents parcours/ressentis. C’est un moment enrichissant qui nous pousse toujours à nous poser de nouvelles questions.

EFA propose également des conférences comme par exemple : ‘La création du lien d’attachement par le jeu », conférence à laquelle nous assisterons le mois prochain.

Pour ma part, je dévore tous les livres qui parlent d’Adoption

Si je ne devais retenir qu’un livre, je choisirai celui de Johanne LEMIEUX : La normalité adoptive : les clés pour bien comprendre son enfant.

Je lis aussi beaucoup les blogs et les forums mais laisse rarement des commentaires.

Je suis également en train de tricoter une couverture pour notre futur enfant.




- Comment occupez-vous et gérez-vous l'attente ?

Tous nos proches sont au courant de nos démarches. Notre famille mais aussi nos amis savent que nous attendons « le coup de téléphone magique » qui changera à jamais notre vie.

Chacun réagit à sa manière, certains osent nous poser des questions, d’autres, surement par peur d’être indiscrets ou de nous faire de la peine, ne nous en parlent jamais.

Même nos petits neveux savent qu’ils auront peut-être bientôt un nouveau petit cousin ou une nouvelle petite cousine.

Ce n’est pas du tout un sujet tabou pour nous. Cela fait partie de notre histoire.

Ce qui est sûr, c’est que nous sommes prêts à accueillir notre enfant.

Nous savons que l’attente va encore être très longue, plusieurs mois, plusieurs années peut-être mais nous finirons par être une famille. 

Le mot « Patience » a vraiment pris pour nous tout son sens. 

Boupe




lundi 6 mars 2017

Une attente 2

Dans cette rubrique, nous vous proposons de retrouver régulièrement le témoignage d'une maman ou d'un papa encore dans l'attente de son(ses) enfant(s)...

Votre profil ? (âge / couple ou célibataire / déjà des enfants ou non)
 
Nous sommes en couple depuis 2006, marié depuis 2 ans, J'ai aujourd'hui 28 ans, Monsieur 38 ans. Nous sommes considérés sans enfant. "Nous" avons été enceinte d'un petit garçon, décédé à 6mois de grossesse.


Depuis quand avez vous le projet d'adopter ? Quel a été votre cheminement vers l'adoption ?
Il y a 8 ans nous avons décidé de fonder une famille, 18 mois plus tard, fin 2010, nous apprenions la stérilité de mon mari. Peu de temps avant les examens, il m'avait dit préférer l'adoption s'il se révélait stérile, moi je n'y avais pas réfléchi : "chaque chose en son temps, peut être qu'il n'y a aucun souci... et puis ça veut dire que je ne serai jamais enceinte". C'était alors plus une constatation qu'un regret.

Cette discussion m'avait poussé à y réfléchir et à me renseigner, j'ai écumé les sites internet, blogs, forums, et finalement quand le résultat est arrivé, moi j'étais prête à me lancer... mais lui avait fait le chemin inverse : "je veux te voir enceinte". Ajouté à cela les médecins qui vous donnent facilement espoir : "c'est un cas facile, vous êtes jeunes, ça va marcher", l'idée de l'adoption n'avait pas complètement disparue mais était rangée dans un coin de nos têtes. Nous en discutions régulièrement, avions acheté un livre, je continuais à me renseigner et à faire des "comptes-rendus" à l'homme, mais nous ne nous sentions pas prêts à nous lancer pour de bon, toujours dans l'espoir que la prochaine tentative serait la bonne.

Notre parcours n'a pas été aussi simple que ce que les médecins avaient promis, nous avons enchaîné pas mal de tentatives mais en 2013 je tombe enceinte. Malheureusement lors des échographies notre bébé présente  un retard de croissance et plusieurs signes inquiétants, au niveau des mains, du visage, mais surtout du cerveau... les médecins mettent du temps à poser un diagnostic exact mais il s'avère que le handicap dont souffre notre petit garçon est vraiment très lourd. Nous subissons une IMG.

Nous avons repris la PMA après, mais nous arrivions vraiment à saturation. La question de l'adoption s'est sérieusement reposée. Je pense que le fait d'avoir vécu une grossesse m'a beaucoup aidé à franchir le pas : mon fils m'avait permis d'être enceinte, je ne ressentais pas forcément le besoin de revivre ça, cependant j'ai mis quelques mois à me sentir prête, non pas à adopter, mais à passer l'agrément : trop peur que les travailleurs sociaux nous "maltraitent", d'autant plus par rapport à notre histoire difficile. Et puis n'ayant jamais perdu de vue la situation de l'adoption au cours des dernières années, je savais que ça devenait très compliqué...

Le déclic a eu lieu juste après notre mariage en mai 2015. Nous avons envoyé le premier courrier au conseil départemental en juillet, avons été convoqué à la première réunion en septembre, renvoyé le dossier de "demande officielle" dans la foulée... puis tout s'est très vite enchaîné : tout nos entretiens se sont déroulés sur le dernier trimestre de 2015.
Contrairement à ce que j'avais craint, ça s'est extrêmement bien passé. Psychologue comme assistantes sociales nous ont mis en confiance, nous avons pu nous raconter ouvertement. Il n'était nullement question de jugement, juste de nous connaître. Le rapport de la psychologue nous a d'ailleurs beaucoup ému tant elle nous avait parfaitement cernés ! Celui des assistantes sociales est plus basique mais très positif également, il est surtout question de décrire notre situation et notre mode de vie, ainsi que notre projet.


Votre projet ? (notice d'agrément / dossier international ou national).
Comment l'avez-vous construit ? 
Nous avons obtenu notre agrément pour "un enfant le plus jeune possible, toutes origines" en février 2016.

Nous avons été un peu déstabilisé par cette notice d'agrément, en effet lors de nos entretiens nous avions bien précisé que nous souhaitions adopter un ou deux enfants jusqu'à 5 ans (4 ans révolus).
Nous avons contacté le service adoption pour comprendre, la secrétaire, puis l'assistante sociale responsable nous ont expliqué que c'était parce qu'ils nous avaient jugés "candidats idéaux pour un bébé pupille".
A priori c'est une situation fréquente, nous avons rencontrés d'autres couples dans ce cas là.

Sur le coup ça nous a mis un peu en colère : pourquoi ne pas avoir approfondi le sujet dès le départ avec nous ? Nous aurions été tout à fait ouverts à des rendez-vous supplémentaires ! Notre agrément express nous aura fait gagner du temps, mais finalement nous n'aurions pas été contre quelque chose de plus poussé.
En colère également parce qu' "on" semblait vouloir décider à notre place de la suite à donner à notre démarche alors que, si nous nous sommes effectivement inscrits sur la liste d'attente pour un pupille, le temps d'attente promis (7ans actuellement dans notre département mais combien dans quelques années avec tous ces couples qui resteront sur liste d'attente faute de pouvoir adopter à l'international ?) et l'âge maximum pour pouvoir prétendre à l'adoption d'un bébé pupille (45 ans) nous poussent à ouvrir d'autres portes, et ça nous l'avions bien précisé aussi.

La colère est vite retombée, finalement chaque petit bâton dans les roues permet de se remettre en question, de réfléchir encore, d'évoluer... J'imagine que c'est aussi le but visé.
Après réflexion, pour ma part, j'ai accepté qu'on nous "limite" à un seul enfant (mon homme parle encore parfois d'une fratrie), l'agrément est justement arrivé au moment où je me disais que deux enfants d'un coup seraient peut être un trop gros défi pour nous.
Par contre nous avons réellement construit notre projet sur "jusqu'à 5 ans" et "argumenté" en ce sens. Il y a beaucoup d'enfants dans notre entourage, et je travaille moi même dans la petite enfance, ainsi nous savons ce qu'est un enfant de 1, 3 ou 5 ans, nous ne désirons pas absolument un nourrisson et nous nous projetons tout à fait avec un enfant qui marche et parle déjà, nous sommes conscients de ce que cela implique en adoption (vécu de l'enfant...) etc. Enfin notre limite a été posée à 4 ans révolu parce qu'il nous semble important de pouvoir prendre le temps d'accueillir notre enfant sans avoir de "pression scolaire" à gérer dans l'immédiat. Néanmoins, après avoir sollicité plusieurs avis, nous avons décidé de ne pas non plus toucher à notre notice concernant l'âge, "le plus jeune possible" étant relativement flou et non restrictif. 

Dans nos rapports était également spécifié que nous étions ouverts à l'adoption d'un enfant présentant une particularité légère. Nous en discutions beaucoup, avions jeté un oeil à la liste des particularités de la Bulgarie sur le site de l'AFA, tenté de remplir ça chacun de notre côté et de voir ce que nous avions en commun... difficile, ou plutôt impossible, sans avis médical.
D'autant plus que sur ce point nos avis divergeaient beaucoup. Notre vécu n'y est sans doute pas pour rien et rend le sujet parfois sensible : pour moi, telle ou telle chose n'est finalement pas si grave au regard de ce qu'avait notre petit garçon (à l'époque où nous ne savions pas ce qu'il avait mais que nous espérions que ça ne soit "pas trop grave", je m'étais réellement préparée à toute sorte de pathologies et donc finalement ma réflexion sur les particularités avait déjà été menée assez loin), mais pour mon mari "maladie" rimait avec "mort", lors d'une de nos discussions il avait craqué en me disant "je ne veux pas qu'il meurt lui aussi" (alors que nous ne parlions évidemment pas de maladies mortelles).
Bref, au moment de l'agrément, nous savions qu'il allait falloir continuer à y réfléchir, nous accorder sans aller au delà des limites de l'un ou de l'autre, mais nous avions décidé de laisser ça se "décanter" dans l'esprit de chacun et d'attendre le retour des OAA avant de reprendre.


Quelles démarches post-agrément ? Avez-vous des pistes ? - Comment occupez-vous et gérez-vous l'attente ? (rien / Internet / réunion EFA / groupes de paroles / lectures / film) 
Nous avions déjà commencé à lister les pays dans lesquels nous pouvions adopter en fonction des critères demandés par les pays d'origine mais aussi en fonction du profil des enfants proposés à l'adoption.
Du côté de l'AFA il s'est avéré que la quasi-totalité des pays dans lesquels nous pouvions candidater fonctionnent par appel à dossiers et non par liste d'attente (pour les autres il y avait des "bémols" donc nous n'avons pas cherché plus loin). Nous avons répondu à certains appels à dossiers sans jamais faire partie des candidats retenus.
Côté OAA nous avons listés ceux auxquels nous pouvions nous adresser et en mars/avril nous avons donc fait partir 12 courriers, en plusieurs vagues. Tous nous ont répondu : 11 "non"... et 1 "peut être" !
Après plusieurs entretiens nous avons eu la chance d'être retenu par cet OAA, pour deux pays ! La fin 2016 a été consacrée au montage de nos dossiers, l'un est d'ors et déjà enregistré dans un premier pays, l'autre part d'ici 2-3 semaines dans le second. Les délais d'attente annoncés restent longs, mais quelle chance nous avons !

A cette occasion nous avons donc du affiner nos ouvertures concernant les besoins spécifiques, cette fois nous avons pris l'avis de plusieurs médecins (dont un dans une consultation adoption, un de l'OAA et notre médecin traitant) et nous avons réussi à y voir plus clair et à nous accorder.


Depuis le début de nos démarches nous nous sommes rapproché de l'antenne EFA de notre département, nous participons aux rencontres, aux réunions témoignages, aux débats, aux journées diverses... Mon mari s'est même investi auprès de l'association de part son expérience professionnelle utile pour une de leurs activités.
Toutes ces rencontres et ces discussions nous permettent de réfléchir, de nous préparer... et de discuter avec des personnes qui vivent la même chose que nous. Nous nous sommes même fait de bons amis que nous voyons en dehors des réunions !
Nous participons aussi aux journées organisées par notre OAA. Nous lisons beaucoup également, nous nous tenons au courant sur internet, avons regardé quelques films et documentaires... cette première année d'agrément est passée très vite et nous appréhendons le "vide" (pas si vide que ça au vu du programme décrit ci dessus) des mois et années à venir maintenant que nos dossiers sont partis ou presque.
Nous envisageons d'envoyer notre candidature à d'autres départements même si nous savons que les chances d'être retenus sont infimes.

Nos proches sont au courant de notre démarche, nous avons toujours parlé ouvertement de notre parcours. Tous nous soutiennent de bon coeur même si nous les sentons parfois désemparés face à la difficulté et à la longueur de ce parcours. Il y a parfois quelques maladresses, nous essayons de faire de la pédagogie, partageons certaines de nos lectures...

lundi 20 février 2017

Une attente 1



Dans cette rubrique, nous vous proposons de retrouver régulièrement le témoignage d'une maman ou d'un papa encore dans l'attente de son(ses) enfant(s)...

Votre profil ? (âge / couple ou célibataire / déjà des enfants ou non)

Nous sommes un couple marié qui avons, respectivement, 35 et 43 ans.
Nous sommes les parents biologiques d’une grande fille de 10 ans ½.

En ce qui concerne notre cadet - que nous attendons toujours -, les démarches d’adoption ont débuté il y a 7 ans déjà…

Depuis quand avez vous le projet d'adopter ?

Quand notre fille a eu 2 ans ½ environ, l’envie d’avoir un nouvel enfant est arrivée sans prévenir.
Cependant, alors que l’on aurait tout à fait pu envisager une seconde grossesse, c’est l’adoption qui s’est imposée à moi. Un sentiment qui venait de loin, quelque chose qui, semble-t-il, avait toujours été là, me disait que cet enfant, je n’avais pas essentiellement besoin de le porter.

J’ignorais comment aborder ce sujet avec mon époux car je craignais un refus de sa part.
Alors, j’ai laissé passer quelques semaines avant de me jeter à l’eau.

Évidemment, comme nous n’avions jamais été sensibilisés à l’adoption, que nous ne connaissions personne dans notre entourage proche qui soit concerné, il a été quelque peu surpris par l’idée.
Pour autant, sans l’accepter spontanément, il ne l’a pas écartée et m’a demandé de lui laisser le temps de la réflexion.

Quel a été votre cheminement vers l'adoption ?

Alors que je m’inscrivais sur de nombreux forums de discussions et que je commençais à étudier concrètement les différentes démarches, mon mari a fait un travail davantage « intérieur ».
Après s’être questionné sur la parentalité, c’est avec intérêt qu’il s’est renseigné sur l’adoption.
Et… après quelques mois, il a accepté que notre second enfant se fasse une place dans nos cœurs, sans passer par mon ventre.

C’est en janvier 2010 que nous avons été conviés à la réunion d’information du Conseil Général de notre département et que nous avons déposé notre dossier de demande d’agrément.
 

Votre projet ? (notice d'agrément / dossier international ou national).
Comment l'avez-vous construit ?

A partir de là, le mot « ATTENTE » a pris tout son sens… et nous n’étions pourtant qu’au commencement ! Il aura fallu une année entière avant que nous rencontrions les travailleurs sociaux qui allaient nous accompagner dans la construction mentale de notre enfant. A l’issue de rendez-vous avec ces professionnels - tantôt individuels, tantôt en couple ou encore avec notre fille – notre projet d’adoption prenait la forme d’un enfant de 0 à 5 ans sans particularités.

Encore une année s’est écoulée et « ATTENTE » et « PATIENCE » n’ont pas toujours fait bon ménage, mais… Février 2012, notre agrément en poche, nous nous lancions dans la grande aventure !
 

Quelles démarches post-agrément ? Avez-vous des pistes ? - Comment occupez-vous et gérez-vous l'attente ? (rien / Internet / réunion EFA / groupes de paroles / lectures / film)

L’important était de concilier notre désir d’agrandir la famille avec le besoin d’un enfant d’en avoir une. Aussi, le sexe et l’origine de l’enfant n’étaient pas déterminants. C’est pourquoi nous avons à la fois fait une demande pour l’adoption d’un enfant pupille (adoption nationale) et des courriers aux organismes agréés pour nous orienter vers l’adoption internationale.
Je me suis mise à constituer une bibliothèque conséquente sur le thème de l’adoption et à dévorer les ouvrages.
Nous nous sommes confrontés au douloureux film « Holy Lola » et… bien sûr, alors que mon mari avait déjà pris conscience du chemin chaotique que nous allions emprunter, de mon côté j’étais complètement dans l’illusion d’une aventure parfaite et idyllique au-dessus des nuages, au milieu des Bisounours.
Si nous avons été rapidement sélectionnés par un Organisme Agréé pour l’adoption d’un enfant en République Démocratique du Congo, et que, dans un laps de temps raisonnable, nous avons eu l’immense bonheur de nous voir apparentés à un magnifique petit garçon de 4 ans ½… les semaines, mois et années qui ont suivi ont eu raison des Bisounours et des nuages !

Au fil du temps, l’« ATTENTE » et l’« IMPUISSANCE » nous collaient au corps.
J’ai quitté les forums, doucement cessé de lire sur l’adoption.
Ce qui nous hantait, c’était que nous aimions déjà ce petit garçon qui grandissait loin de nous et surtout que nous lui avions fait miroiter une vie de famille et qu’il nous était impossible de ne pas respecter l’engagement que nous avions pris envers lui.
Le trahir, alors que des adultes avaient déjà rendu compliqué son début de vie, nous était tout simplement inacceptable.

Notre engagement envers lui, notre devoir de parents, nous a contraints à tenir le coup :
Quand son pays d’origine a cessé d’autoriser les sorties du territoire pendant 24 mois,
Quand nous avons appris que l’avocat en charge de notre dossier en avait profité pour partir sur la pointe des pieds,
Quand après une course terrible contre la montre, c’était dans un improbable rebondissement, que notre propre pays refusait de le laisser entrer.
 

Quel est votre vécu, vis à vis de vos proches, de cette attente ? (vous êtes accompagnés / vous n'en parlez pas / vous avez choisi quelques personnes pour en parler)

Entre l’apparentement à notre fils et aujourd’hui, où on croit entrevoir le bout du tunnel, il s’est passé 4 années. J’ai souvent décrit nos ressentis respectifs comme des montagnes russes. Si parfois on osait se laisser aller à l’espoir que tout irait bien, d’autres fois en revanche il était bien difficile de mettre un pied devant l’autre. Je crois, si je n’ai pas sauté à pieds joints dedans, avoir frôlé la dépression.

Notre couple, par chance, a été fort et solide et nous a permis de tenir la barre quand tour à tour, l’un ou l’autre d’entre nous se décourageait.

Quant à la famille, ils n’ont jamais cessé d’être là mais il est difficile de partager notre ressenti profond. D’ailleurs, la position des proches, dans cette aventure, n’est sans doute pas la plus confortable. Faut-il se montrer rassurant ? Faut-il poser des questions au risque « d’enfoncer le couteau dans la plaie » ? Faut-il ne pas poser de questions au risque que les parents croient que l’on ne pense pas à tout ce qu’ils traversent ?

Je n’aurais jamais imaginé que la route vers notre fils puisse être aussi parsemée d’embuches.
Pour autant, la perspective de le serrer dans mes bras m’en ferait presque déjà oublier ces moments difficiles.

La joie de notre fille à la veille de l’arrivée de son frère, elle pourtant si pudique et discrète, les larmes émues de mes collègues de travail, l’impatience de nos mères sont autant d’indicateurs que tout le monde a pris part à cette attente, et ce, qu’on ait choisi d’exprimer ou de taire ce qui nous habitait.

Nous n’avons jamais cessé de l’attendre, mais plus encore aujourd’hui, il nous tarde vraiment qu’il arrive !!


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Hope

dimanche 27 septembre 2015

L'attente

L’attente, le mot qui tourne, retourne, prend ses aises en Adoptie...
En général accompagné du mot patience. Non pas qu’on y arrive, mais qu’il faut s’y résoudre.
Après la motivation et le rythme des rendez-vous de l’agrément, la course aux documents pour les OAA, l’AFA, et autres démarches, vient le moment ou le soufflé retombe.
Et il faut attendre.

Comment vivre au quotidien quand son cœur et son cerveau ne pense qu’à un coup de fil ou une lettre ?
Comment gérer une attente dont on ne connait jamais la date de fin ? Qui va s’éterniser, nous faire craquer, nous faire nous remettre en question, « mais pourquoi ? », « Est-ce que mon enfant est né ? », mais aussi rêver. De l’appel, de la rencontre, de prénom, de bleu ou de rose.
Les montagnes russes émotionnelles.

La grossesse de cœur engendre des maux, et beaucoup de mots pensés. Beaucoup (tous ?) ont besoin d’un exutoire.
Blog, réunion de postulants, groupe de parole, meilleurs amis. Pourtant ce n’est pas un sujet facile à amener en société. Beaucoup sont ignares du monde de l’Adoptie, pas forcément par mépris mais par raccourci : « mais il y a tellement d’enfants malheureux dans le monde ! ». Oui, mais tous ne sont pas adoptables. Oui, mais une procédure respectueuse du droit de l’enfant est la pierre fondatrice nécessaire à une démarche d’adoption.
Certains en parleront à leurs familles, pour découvrir des paroles blessantes, ou pour finir par ne plus supporter les questions pressantes : « ah, mais ce n’est pas bientôt fini, cette attente ? ».
D’autres prendront le parti de garder pour soi les démarches et avancées (ou reculées aussi) mais n’auront donc pas toujours d’oreilles pour parler de ce projet qui brûle les tripes.

Et puis, il faut vivre, ou survivre, être heureux, malheureux (merci Balavoine) aussi parce qu’il est impossible de figer le temps, de vivre en autarcie.
Il faut mettre des sous de côté pour le projet, des jours de repos... Autant de petits plaisirs dont il est parfois dur de se priver, quand on ne sait pas la date de fin de cette fichue attente !

Ici, là-bas, maintenant, demain, après-demain... Le temps et l’espace prennent de drôles de convenances en Adoptie, revenant inlassablement à la notion d’attente.

Ce n’est pas un cri, ce n’est pas une fatalité, c’est aussi ça la vie en Adoptie : attendre.

Nala

mardi 22 septembre 2015

L'agrément : les étapes

Un billet technique, pour aborder les démarches d'agrément.

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1. Premier contact
Ecrire une lettre simple, demandant un agrément pour l’adoption d’un enfant auprès de son conseil général, l’envoi en lettre simple suffit.

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2. Réunion d'information, dossier et évaluations
En retour, vous recevrez une convocation à une réunion d’information au cours de laquelle vous sera remis un dossier à remplir avec compléments d’informations (extrait de casier judiciaire, certificat médical, avis d’imposition, etc.) pour valider cette demande d’agrément. Certains CG ont des dossiers téléchargeables sur leur site Internet, et certains CG enfin l’envoient après la réunion. A cette réunion, une feuille de présence sera à signer.

Le dossier est à renvoyer en recommandé avec AR, la date de réception faisant foi pour le début de la procédure. A partir de cette date, normalement le CG a neuf mois pour instruire votre demande, avec au moins deux évaluations : une évaluation sociale et une évaluation psychologique.

2.1. L’évaluation psychologique :
Chaque CG a un fonctionnement propre, l’évaluation psychologique peut être réalisée par un psychiatre assermenté, par un psychologue du département de l’ASE ou par un psychologue assermenté.
Les couples sont en général reçus ensemble et parfois séparément. S’il y a des enfants au foyer, la personne peut demander à les évaluer.

Les entretiens aborderont :
- La construction de la famille
- L’histoire de chaque parent, leur enfance notamment
- Le désir d’enfant : comment en est-on arrivé à penser à l’adoption (deuil d’un enfant, stérilité, couples déjà parents souhaitant accueillir un enfant par adoption, etc.)
- Le deuil de l’enfant biologique
- La préparation à l’accueil d’un enfant et leur préparation à la parentalité adoptive
- Leurs capacités psychologiques à aborder les possibles problèmes spécifiques à l’adoption d’un enfant adopté, troubles de l’attachement, adolescence difficile, questions sur leurs origines, ...
- L’aide potentielle de l’entourage ou de professionnels en cas de besoin

2.2. L’évaluation sociale :
Elle sera réalisée par des travailleurs sociaux du CG qui ont en général une formation d’assistant social ou d'éducateur spécialisé.

Les entretiens porteront sur :
- La construction de la famille, si couples, mariage ou vie maritale,
- Les finances du foyer pour savoir si cela peut couvrir les besoins d’un enfant
- le logement de la famille pour savoir si celui-ci est adéquat à l’accueil d’un enfant
- L’histoire familiale, personnelle et professionnelle de chaque membre du foyer,
- La préparation à la parentalité adoptive,
- Les possibilités de présence des parents après l’arrivée de l’enfant au foyer : congé parental, diminution du temps de travail, etc.
-le projet d’adoption en lui-même (âge, fratrie ou non, ouvertures diverses ethnie particularités médicales…)

2.3. Les rapports :
A l’issue de ces entretiens sont rédigés des rapports qui seront relus avant le passage en commission par les candidats à l’agrément. Généralement on est convoqué pour lire les rapports ou on nous informe par courrier de téléphoner pour prendre un rendez-vous pour aller les lire au CG. Ce point est essentiel. Lors de cette dernière relecture, les futurs parents peuvent ajouter des précisions, voire reprendre un propos qu’ils trouvent mal retranscrit.
Le travailleur social et le psychologue concluent leurs rapports respectifs par un avis favorable, défavorable ou réservés (par exemple pour demande de complément de bilan) à la demande du ou des postulants.

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3. Le passage en commission
La commission peut se réunir de façon fixe tous les mois dans certains départements et de façon plus ponctuelle dans de petits départements. Les membres de la commission d'agrément émettent un avis concernant la demande des postulants, en fonction des rapports lus en commission, et c'est le président du Conseil Général qui accorde ou non l’agrément.
Les personnes sollicitant l’agrément peuvent être présentes et s’exprimer lors de cette commission. A noter que des rapports défavorables ne conduisent pas obligatoirement à un refus d’agrément mais sont très difficiles à utiliser ensuite, notamment en cas de projet d’adoption internationale.
Il est possible, à cette étape, de demander à ne pas passer en commission si les rapports sont négatifs et/ou ne représentent pas les propos tenus en entretien et ne reflètent pas votre projet. Dans ce cas vous pouvez demander à être réévalués par d’autres personnes (psy, et/ou AS).
Il est conseillé de ne pas passer en commission en cas de rapports négatifs mais de demander une réévaluation du projet, pour ne pas risquer un agrément inutilisable ou ne pas risquer un refus.

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4. L’agrément
La réponse de cette commission est transmise selon les CG par courrier en recommandé avec AR au demandeur ou en lettre simple.

l’agrément comporte une notice précisant les conditions d’application de cet agrément :
- nombre d'enfants
- tranche d'âge : « Enfant de tel âge à tel âge » ou « Enfant né avant le … » ou « de moins de X ans »
- origine : « pupille de l'Etat ou d'origine étrangère », pour les candidats les plus ouverts
- besoins spécifiques

En cas de refus d’agrément, une nouvelle demande pourra être effectuée en France, 30 mois plus tard.
Il est toutefois possible de déposer une demande de recours gracieux auprès du président du Conseil Général, ou une demande de recours contentieux auprès d'un juge

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5. Quelques précisions

5.1. Les particularités de santé :
Aujourd’hui, nombre de postulants s’ouvrent à des enfants dits "à particularités", qu’il s’agisse de particularités médicales, d’un âge avancé ou avec une histoire lourde.
Cette ouverture doit être précisée pour certains pays de façon claire dans la notice. Attention toutefois à ne pas libeller une notice trop fermée. Par exemple « enfant de moins de 3 ans avec particularité physique » alors qu’on est ouvert aux hépatites. Les pays d’origine des enfants peuvent prendre au mot les notices et refuser l’apparentement de certains dossiers.

5.2. La préparation à la parentalité adoptive :
Cette préparation est propre à chacun mais doit témoigner d’un investissement de la part du/des postulants que ce soit par des lectures, des visionnages de films et documentaires, des rencontres d’adoptants, de parents adoptifs et d’enfants adoptés.

5.3. Quelques liens utiles :
- adoption.gouv.fr : les étapes de ma demande
- le site d'EFA = Enfance et Familles d'Adoption

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