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samedi 9 juillet 2016

Une adoption 6



A&A, française et italien vivant à Barcelone. L'Espagne étant signataire de la Haye, nous avons commencé notre démarche adoptive en Catalogne en novembre 2013. Après 10 mois, nous avons pu décrocher l'agrément pour 1 enfant de 0-3 ans sans N.E.

En Espagne, nous ne postulons pas aux OAA. Si notre profil (âge, mariage, etc) et les caractéristiques de l'enfant correspondent aux critères du pays choisi, nous sommes accepter d'office (selon OAA avec liste d'attente pré-envoie du dossier ou pas).

Par un mélange de coup de cœur, hasard, chance ..nous nous sommes rapidement décidés pour la Pologne.

Principaux critères: âge (40 ans maximum entre l'enfant et le parent plus âgé, jusqu'à 45 en NE), tranche 0-3 ans accepté (et assignations d'enfants de cet âge arrivées régulièrement), bonne santé des parents, préférence pour les couples mariés catholiques. 

Nous avons donc "signé" avec l'agence en Août 2014, et nous sommes en attente d'assignation. À ce moment, l'attente estimée étaient de 18 mois pour la fin du processus.

L'attente... Chacun la vit différemment et par étape. La première année j'étais assez légère.. J'ai pressé les amis et la famille pour recueillir les participations au BJB de notre enfant, avec l'intention (qui reste la même) de le monter dés l'appel magique). J'ai constitué un stock d'amigurumi fait maison, lu des tonnes et vu beaucoup de films et documentaires.. Nous avons donné un surnom à notre futur enfant, Kamil@. 

Puis les jours passaient et les 18 mois ont été dépassés. J'ai ralenti la lecture, baisse créative, l'attente se fait plus dure.
Chéri le vit mieux que moi, en apparence, mais cela commence à lui peser sérieusement dernièrement.

À travers les réseaux sociaux, je connais beaucoup de famille espagnole en attente et certaines étant devant nous sur la liste.. Et il semble que cela bouge au compte goûte.. Grâce à eux, et aux différents blogs et groupes, nous avons tissé des liens forts avec quelques familles, qui sont un soutien essentiel pour vivre au mieux l'attente et le post-adoption. Certains sont maintenant des amis avec un grand A.

Selon l'OAA, il y a un bouchon de signature avant nous, qui se solutionnera petit à petit. Nouvelle estimation, appel magique entre 24 et 30 mois après la signature. 
Nous en sommes à 23.. 

Comment je me sens? Nerveuse, anxieuse, mais pleine de rêves de famille, un beau mélange dans cette montagne d'émotions adoptives. J'espère pouvoir vous raconter dans quelques mois / années le chapitre de l'aboutissement de la démarche et le début de notre plus grande aventure, celle de notre famille à 3 (voir plus, qui sait!)

http://looking4ourchild.blogspot.fr/?m=1

lundi 4 juillet 2016

Une adoption 5


Dans cette rubrique, nous vous proposons de retrouver régulièrement le témoignage d'une maman ou d'un papa adoptant sur son parcours, son chemin vers son enfant et sur leur adaptation commune...


- Année de l'adoption ?

2010
- Quel pays ?
Ethiopie

- Age de l'enfant à son arrivée ?
2 ans et 8 mois

- Votre profil ? Votre projet ?
Nous avons rapidement décidé que la PMA n'était pas pour nous et nous nous sommes lancés pleins d'espoir dans l'adoption ! Nous avions 28 et 31 ans lors du dépôt de la demande d'agrément. Nous avions un projet classique 0-4 ans, toutes ethnies.

- L'agrément, les OAA, l'apparentement ?
L'agrément a été éprouvant, après une attente de près d'un an après le dépôt de la demande, de longs entretiens de plusieurs heures, sur le mode dérangeant. Mais nous étions tellement contents d'avancer, et optimistes : à ce moment là, l'adoption était moins difficile, et il nous semblait que l'issue de notre démarche ne dépendait que de notre volonté.
Début 2009, lorsque nous avons eu l'agrément, on disait déjà qu'il était difficile d'être pris par un OAA. Nous avions tout préparé, fichier Excel à l'appui, et le mailing des candidatures est parti trois jours après, avec arrosage systématique de toutes les OAAs possibles, car nous n'avions pas de préférence de pays. Erreur stratégique : nous nous sommes retrouvés avec une série d'entretiens qui nous a presque débordés ! Nous avons rencontré 4 OAAs, dont deux nous ont paru vraiment sympathiques, et nous sommes partis avec la première qui nous a acceptés fermement. Du coup, nous n'avons pas rencontré la 5ème qui nous avait également convoquée.
L'apparentement est arrivé très rapidement après le dépôt du dossier en Ethiopie. C'était le 31 décembre 2009. J'ai essayé de prendre des notes, et je crois que je n'ai réussi qu'à écrire "garçon" (comme si je risquais de l'oublier !) et son prénom. D'emblée on nous a donné deux dates de naissances, et du coup c'était un peu difficile de se projeter. Il fallait accepter l'apparentement pour avoir le dossier et les photos. Ensuite, au fil des mois, nous avons reçu 3 fois des photos. Il avait tellement changé à chaque fois ! L'attente avant le voyage n'a duré qu'un peu plus de six mois, mais avec un blocage au milieu qui nous a causé trois mois d'incertitude. C'était un véritable calvaire. Nous ne vivions plus que dans l'attente du feu vert.

- Quelle prise en charge de l'enfant sur place ? (accueil, prise en charge médicale, préparation à l'adoption...)
Il n'était pas possible de visiter l'orphelinat : comme il était très grand, il y aurait eu des blancs dans les couloirs sans arrêt s'ils avaient autorisé les visites. Mais nous avions un petit film qui montrait la vie des enfants. Ils faisaient de leur mieux mais ça semblait tout de même assez "usine". Le petit album que nous avions envoyé pour la préparation avait été touché puisqu'il était abimé, mais je ne suis pas sûre qu'un enfant de cet age puisse comprendre grand chose. Il a surtout servi a posteriori, pour constater que tout ce qui était dans l'album était bien à la maison !

- La rencontre ?
A l'orphelinat, après une nuit blanche dans l'avion, notre petit groupe de 5 couples + 2 animatrices venant chercher 8 enfants a été installé dans un petit salon avec des fauteuils et canapés. Je pense que nous étions tous verdâtres de fatigue et de stress. Les deux bébés sont arrivés dans les bras d'une nounou, puis les 4 grands sont entrés en courant. Les deux moyens, dont le notre, encadraient une nounou qui les tenait par la main. Notre petit bout est resté sur le pas de la porte, regardant partout sauf vers nous. Je lui ai pris la main et il s'est laissé emmener jusqu'à "notre" fauteuil. Il était très crispé et manipulait sans conviction les petites affaires que nous avions apporté. Au bout d'un moment, il s'est détendu légèrement, et puis c'est allé mieux de jour en jour. De notre côté, émotion énorme, pas "que du bonheur", mais un tsunami mélangé de bonheur, de stress, et de tristesse à la pensée que nous allions lui imposer encore un déracinement. Ce premier jour, lorsque la nounou est venu les chercher au bout d'une petite heure, ils sont tous partis en courant. Nous étions lessivés ! Le 3ème jour, il s'est retourné pour nous faire un signe. Le 5ème jour, nous partions. Il est venu avec nous sans montrer d'émotion, en mode un peu robot. Ravi de voir les voitures dehors, qui semblait être un des rares mots qu'il savait dire et a conservé longtemps après son arrivée en France. Intéressé pour jouer avec les robinets de l’hôtel. Puis dans l'avion, il a sombré dans un sommeil profond, la tête sur mes genoux.
Près de dix-huit mois plus tard, il m'a dit qu'il était mort de peur ce jour là, et ça l'avait marqué puisqu'il s'en souvenait très clairement ! En regardant les photos, c'est effectivement visible, mais tout à notre émotion, on ne s'en était pas rendu compte...

- Les débuts ? La vie de famille ? Les difficultés ?
Les débuts ont été rock'n roll, comme on peut l'imaginer de la vie avec un enfant de trois ans et des parents débutants ! Grosses crises d'incompréhension avec un enfant qui ne parle évidemment pas bien, tournée des médecins assez compliquée (au secours le rattrapage des vaccins), maman en plein blues et papa qui assure. Le plus difficile, pour moi, a été de me découvrir impatiente, pas si douce que je l'espérais, et tellement rapide à me mettre en colère... Je trouvais mon fils tellement beau et génial, il avait la banane, curieux de tout, tout le monde me disait "Alors ça va, vous êtes heureux ? Vous avez de la chance, il est mignon", et moi je ne me sentais pas à la hauteur... ça a duré longtemps. Environ 9 mois après, avec l'aide de kilos de chocolat et le soutien de mon mari et de quelques copinautes, je commençais à me détendre vraiment. J'ai appris à gérer ma colère. La sensation de ne plus jamais être tranquille m'a quittée avec l'entrée à l'école.
Par la suite, pas de problèmes de sommeil mais l'alimentation est rapidement devenue un casse-tête car il était en surpoids important et les repas ont été des moments de stress pendant des années.
Il a aussi très difficile pour nous de le voir pendant plus de deux ans se coller à n'importe quel adulte qui lui accordait de l'attention de façon inappropriée : mains dans le décolleté des dames ou une demi-heure dans les bras d'une vague connaissance, à 4,5 ans. Une des accompagnatrices de notre voyage avait raconté qu'à une période, ils avaient pris le parti d'interdire à son fils de toucher quiconque en dehors de la famille. J'avais trouvé ça un peu extrême mais j'ai compris a posteriori ! Ca l'empêchait parfois de jouer avec les autres enfants. Bien sûr on nous disait de le laisser faire, que c'était normal, que c'est comme ça en Afrique, que c'est bien d'être sociable... Comme nous avons mis longtemps à nous sentir légitimes en tant que parents, ça nous blessait particulièrement (non pas son comportement, qui n'était pas exceptionnel, mais l'attitude des autres qui ne respectaient pas ce que nous demandions). Certaines de connaissances ne mettaient aucune limite et cela nous forçait à jouer le rôle de méchants, au point où nous nous sommes éloignés de certains et où nous avons longtemps fui fêtes et invitations.

- Un souvenir marquant ?
Allez, deux pour le prix d'un : un triste et un merveilleux
- Plus de 6 mois après son arrivée, lorsque nous parlions de notre maison, nous disions "maison de Papa-Maman-C.". Nous avions remarqué depuis quelques jours que C., qui parlait de mieux en mieux, disait "maison de Papa-Maman". Un jour je lui ai demandé pourquoi il disait cela, car c'était aussi sa maison. Il m'a répondu "non, maison de C.", et a fait un geste vers le lointain. Je lui ai expliqué qu'avant il habitait en Ethiopie, mais que nous étions allé le chercher et qu'à présent il habiterait avec nous pour toujours. Il n'a pas paru étonné mais m'a répondu "C. triste". J'ai été estomaquée de découvrir qu'après tous ces mois, il avait encore besoin de la confirmation qu'il allait rester...
- Mon premier poème de fête des mères, 10 mois après son arrivée, récité avec un grand sourire et à des multiples reprises dès le vendredi soir...



jeudi 30 juin 2016

Bacapana


aujourd'hui, je souhaiterais vous parler d'un très joli blog http://adoption-bacapana.blogspot.fr/, mais surtout de sa créatrice Zeu.
Elle y raconte en images, le parcours des familles adoptantes. Toujours juste, avec de l'humour, parfois aussi dans la peine, ses dessins parlent de ce que nos familles adoptives et adoptantes peuvent vivre. J'aime son imagination, son coup de crayon, les couleurs mais surtout le fond.

Aussi c'est assez naturellement que je me suis aussi intéressée à ses créations de faire part http://monfairepartadoption.squarespace.com/
et que j'ai choisi à l'arrivée de mon dernier enfant de lui faire confiance. Elle vous proposera un devis, discutera de vos gouts, de vos souhaits et puis vous proposera des maquettes. J'ai beaucoup aimé sa création pour nous, et d'ailleurs, je ne suis pas la seule, le faire part a beaucoup plu.

Elle peut aussi créer un poster de naissance, http://monfairepartadoption.squarespace.com/posters-naissance/
ou un poster du doudou de votre enfant http://monfairepartadoption.squarespace.com/sweet-doudou/

en bref, une artiste, avec beaucoup d'écoute et de douceur pour vous faire un projet sur mesure! n'hésitez pas à vous laisser embarquer dans son monde de tendresse

Nala

lundi 20 juin 2016

On a vu pour vous 3: Retour en Ethiopie (documentaire)



Le documentaire réalisé par Bernard Simon est à l'initiative de l'association Les Enfants de Reine de Miséricorde.

2009 : 17 jeunes d'origine éthiopienne, adoptés il y a une quinzaine d'années par des familles françaises, retournent dans leur pays de naissance avec l'association qui a permis leur adoption. Marie-Sélamé, Gabriel, Florence, Nebberu, Zéritu ... sont retournés pour la première fois en Ethiopie...

En adoption, il n'y a pas de règle : chaque histoire est différente. Ainsi, chacun de ces jeunes gens a vécu ce retour aux sources à sa manière, en fonction de son rapport à son adoption, à son histoire, à sa sensibilité.


Nous assistons à des retrouvailles (ou plutôt des rencontres) pour certains d'entre eux (avec des membres de leur famille biologique, parfois leurs parents) : retrouvailles qui sont pour l'un très timides et pour l'autre plutôt enthousiastes...

A travers les témoignages des jeunes qui s'égrènent tout au long du documentaire, on ressent toute la portée de ce voyage, toute sa signification. Ces jeunes gens ont pu marcher à la rencontre de leur histoire d'avant l'adoption et découvrir en même temps un pays et un peuple inconnus. Des rendez vous trop brefs, un séjour trop court, mais nécessaires.

Le reportage est complété, dans les bonus, par l'histoire de Zéritu, qui retrouve celle qui a pris soin d'elle quelques années avant son adoption. Le regard de cette femme est renversant. Ce supplément est sans doute la partie la plus forte de ce retour aux origines...

Un film essentiel, ponctué de sensibilité et de sourires.

mardi 14 juin 2016

On a lu pour vous 1 : La route sombre

La Route sombre, de Ma Jian 



La province du Hubei, en Chine, dans les années 1990. Meili est une jeune paysanne mariée à Kongzi, l’instituteur du village, lointain descendant de Confucius. Ensemble, ils ont une fille, mais Kongzi, qui veut à tout prix un fils pour poursuivre la lignée de sa célèbre famille, met à nouveau Meili enceinte, sans attendre la permission légale. Commence alors pour Meili un enfer où elle se voit contrainte de fuir avec son mari et sa fille dans une longue cavale vers le Sud, fuyant les foudres du planning familial…

Roman interdit en Chine (Ma Jian a quitté son pays au milieu des années 1980), « La Route sombre » est une lecture belle, mais dérangeante, inconfortable et parfois insoutenable. La tragédie de Meili, qui va aller de déchéances en humiliations, de violences physiques en violences psychiques -obligée aussi de résister aux assauts de son mari, obsédé par l'idée d'une descendance masculine- est le portrait d'une femme parmi d'autres, victimes de la barbarie et de l'absurdité des hommes et de leurs lois.

Ma Jian décrit sans concession le calvaire de Meili et de nombreux autres personnages qui semblent parfois en plein rêve (ou plutôt en plein cauchemar) éveillé. Tout en distillant, à travers le personnage de la jeune femme -elle qui aspire à être une femme et pas juste une « porteuse »- l'espoir d'une autre vie.

Roman sur les conséquences de la politique de l'enfant unique, « La Route sombre » est une lecture qui prend à la gorge.



Par « l’une des voix les plus importantes et les plus courageuses de la littérature chinoise contemporaine » (Gao Xingjian)

jeudi 26 mai 2016

Le prénom en adoption, le garder ou en changer?

plusieurs articles de références sur le sujet

  •  http://www.meanomadis.com/content/show_Articles.asp?id=534

"Sous le balcon de Juliette, Roméo se questionne : « Une rose n'aurait-elle pas la même beauté, le même parfum et les mêmes extraordinaires qualités si elle portait un autre nom ? ». Indéniablement, l'amour que Roméo eut pour Juliette aurait été aussi fort et éternel même si elle s'était nommée Gertrude ou Fleurette. De même, l'amour que nous portons aux enfants ne devrait pas être relié à leur prénom ! Néanmoins, on ne doit pas minimiser les enjeux symboliques et affectifs du nom d'une personne. Sans prénom, un être humain n’existe pas comme individu unique au monde. On ne peut pas parler de lui, il n'existe ni légalement ni symboliquement. Une des méthodes les plus machiavéliques de détruire la personnalité et l'unicité d'un être humain en prison ou dans des régimes répressifs, n'est-elle pas de remplacer son nom par un numéro ? Rappelons-nous la souffrance du « Petit chose» si bien évoquée par Alphonse Daudet.


Les parents adoptifs ont à résoudre un dilemme inconnu des parents biologiques ; changer ou ne pas changer le prénom ? « Puis-je le faire sans “risque” pour l'enfant ? Est-ce égoïste de ma part ? Quelles seront les conséquences affectives positives ou négatives de ce changement ? Ai-je le droit de lui « arracher » cette identité ? Va-t-il un jour me le reprocher ? ».


Si le parent ne veut pas regretter une telle décision, il faut qu’il puisse la prendre en fonction de ses goûts, ses valeurs, ses croyances, mais surtout en tenant compte des besoins présents et futurs de l’enfant.


D'emblée, nous prenons position en faveur d'un changement de nom. Non par caprice, ni par un fantasme irréaliste de pouvoir effacer les blessures du passé, non par étroitesse d'esprit ou par racisme, mais avant tout par une grande préoccupation d'utiliser tous les moyens à notre disposition afin de favoriser l'accueil, l'attachement parent-enfant et l'enracinement de l'enfant dans sa nouvelle vie.


À ce principe général, il faut apporter des nuances et des exceptions, particulièrement selon l'âge de l'enfant, son histoire personnelle et son type d'adoption ; par exemple la banque mixte au Québec. Le fait d’inclure le prénom d’origine parmi les prénoms, sans avoir à l’utiliser d’office, permet aussi de le laisser en banque pour le raviver au besoin lorsque viendra le temps de faire un retour en arrière pour mieux aller au devant.


Créer un attachement mutuel fort et sain est le plus grand défi en adoption. Il s'agit malheureusement d'un défi sous-estimé et surtout sous-expliqué aux futurs parents adoptants. La capacité d'un petit être humain à s'attacher sainement, profondément et entièrement à ses parents est un des facteurs les plus déterminants de sa survie, de son développement normal et de sa santé physique et mentale. Dans la préparation des futurs parents adoptants, on parle beaucoup de santé physique de l’enfant, des phases d'adaptation habituelles, des carences affectives possibles, des enjeux culturels, des crises d'identité probables, mais très rarement des conditions gagnantes à mettre en place pour favoriser un attachement sain parent-enfant. On constate avec tristesse les graves conséquences de cette ignorance chez les intervenants et les parents. Nous croyons ainsi profondément que le geste d'accueillir l'enfant en lui donnant un nouveau nom est un outil puissant qui peut favoriser l'attachement. Du côté des parents, cela permet de poser un premier geste d'accueil, d'amour et de contrôle sur le destin de l’enfant. Il s'agit des toutes premières décisions d'une série de milliers d'autres qu'ils auront à prendre dans leur rôle parental. Du côté de l'enfant, il sent, puis comprendra plus tard que ce sont ses parents qui aimaient assez ce nom pour le lui donner à lui seul. Enfants et parents pourront plus tard faire le récit de ce choix comme une première page d'histoire de la nouvelle famille qu'ils ont créée ensemble. La quête de son identité culturelle et ethnique viendra plus tard chez certains, jamais chez d'autres. Au besoin, le prénom d’origine pourrait refaire surface, parmi les prénoms d’usage courant, sans les éclipser.


Faire le deuil du prénom ne signifie pas oublier, effacer ou renier. Faire le deuil, c'est choisir le présent et le futur plutôt que de « ruminer » avec nostalgie le passé. Renommer un enfant ne doit pas être une tentative naïve d'empêcher l'enfant d'être fier de ses origines ou de lui faire oublier les blessures de son passé. C'est plutôt lui permettre de vivre totalement dans le présent, dans un nouveau lieu, une nouvelle réalité culturelle et affective. On se doit donc de donner à l'enfant la permission et surtout les moyens de faire le deuil de son passé. C’est un peu l’équivalent de l’adoption plénière."


Johanne Lemieux travailleuse sociale, 2002, et extrait de la normalité adoptive




  • http://www.lexpress.fr/styles/enfant/adoption-faut-il-changer-le-prenom-de-l-enfant_1657133.html

"Changer ou non le prénom d'un enfant adopté est avant tout une affaire de famille. Entre héritage du passé et symbole d'une nouvelle vie, l'adoption doit-elle passer par un changement de prénom?


"Changer ou non le prénom d'un enfant adopté, c'est un sujet qui génère beaucoup de discussions inappropriées et qui en dit long sur la façon dont sont traitées les familles adoptives", prévient d'entrée de jeu Jean-Vital de Monléon, pédiatre, spécialiste de l'adoption et auteur de Naître là-bas, grandir ici: l'adoption internationale. "Il faut aller au-delà des idées reçues sur l'adoption. Non, il n'est pas forcément mauvais de changer le prénom de l'enfant même quand il est grand", poursuit-il, à l'opposé de Françoise Dolto, qui s'était affichée résolument contre le changement de prénom.


Le médiatique pédiatre Marcel Rufo émet lui aussi un avis catégorique sur le sujet. "Lorsque les enfants ont déjà un prénom donné par leur mère ou leur père, il ne faut pas changer de prénom. Il faut leur laisser ce prénom en mémoire et en héritage de quelqu'un qui, pourtant, les a abandonnées", déclarait-il dans son émission Allo Rufo, sur France 5, précisant toutefois qu'en consultation, il ne voyait que les zones sombres de l'adoption. Jamais les adoptions réussies.


Fanny Cohen-Herlem, pédopsychiatre et psychanalyste, auteure de L'adoption, comment répondre aux questions des enfants?, suit les parents puis leurs enfants, de la demande d'agrément jusqu'au suivi post-adoption. Son avis se rapproche de celui du docteur Jean-Vital de Monléon, qui conseille de réagir au cas par cas. "Il y a de toute façon toujours une histoire individuelle à prendre en compte. Le prénom n'est que la partie émergée de l'iceberg. Il permet de s'interroger sur ce que l'on sait de l'histoire des enfants et sur ce qui fait sens dans la filiation", précise-t-elle. Ainsi faut-il prendre en compte différents facteurs avant de faire le choix décisif autour du prénom, qui pour toutes les familles, n'est jamais laissé au hasard.


"Certains prénoms ne rendent pas service à l'enfant", explique simplement Fanny Cohen-Herlem. De par leur sens dans la langue française ou parce qu'ils sont difficilement prononçables en français comme Tematamaruinanaiterai, qui a pourtant une jolie signification en polynésien, "Petite fille aux yeux tendres qui regarde le ciel". Parfois, néanmoins, le prénom d'origine s'impose aux parents. C'est le cas pour Christelle et son mari, qui ont adopté un petit garçon de trois ans, en 2009. "Nous voulions changer son prénom pour lui créer une nouvelle vie, une nouvelle naissance. Nous avions le prénom depuis longtemps mais après avoir vu notre petit Sergeï, tout est devenu limpide. C'est un prénom peu courant en France. Il sonne bien avec notre nom de famille et nous souhaitions lui apporter un peu de ses racines", raconte Christelle.


L'histoire du prénom


"Le prénom d'un enfant adopté n'est pas nécessairement attribué par ses parents biologiques", rappelle Jean-Vital de Monléon. Les prénoms peuvent être donnés de façon mécanique, par les organismes d'adoption, suivant une liste ou selon les circonstances, comme cet enfant prénommé comme un homme politique du fait de sa coupe de cheveu à la naissance ou cet autre dont le prénom signifiait "malvenu". Les parents ont alors peu de raisons de s'attacher au prénom d'origine de leur enfant. C'est le cas de Mélanie et son mari: "Lorsque nous avons adopté notre fille, elle avait cinq mois et demi. Elle n'avait pas d'histoire attachée à son prénom, puisqu'il ne lui avait pas été donné par ses parents biologiques. Nous l'avons appelée Janelle. Ce qui est amusant, c'est que Janelle n'est pas un prénom très répandu et que les gens pensent qu'il s'agit de son prénom d'origine."


"En nommant son enfant, on le fait rentrer dans sa filiation. Filiation dont on voudrait priver les familles adoptives", souligne Jean-Vital de Monléon, montrant du doigt les vains projets de loi sur le sujet. Il arrive d'ailleurs que des enfants plus âgés (à partir de six ans), demandent d'eux-mêmes à changer de prénom. "Car ils sont conscients que c'est un facteur d'intégration, dans la famille et dans la société".


Dans la famille de Guilhem, tous les premiers nés ont des prénoms commençant par la lettre G depuis dix générations. Il ne pouvait en être autrement pour son premier enfant. "Nous avions en tête depuis longtemps le prénom Gabriel", raconte Stéphanie, son épouse. "Lorsqu'on nous a présenté notre fils, il s'appelait Samuel, un prénom que nous aimions beaucoup, avec la même musicalité que Gabriel. Cela nous a fait hésiter, mais nous ne voulions pas casser la filiation. Nous avons donc gardé Samuel en deuxième prénom et l'avons appelé par ses deux prénoms pendant quelques semaines, le temps de laisser Samuel s'effacer. Leur prénom, c'est le premier cadeau que j'ai fait à mes enfants. Je ne leur ai pas donné la vie mais je leur ai donné un prénom", confie-t-elle.


Si il ne faut pas sacraliser à tout prix le prénom de naissance, il est important cependant de ne pas le faire disparaître complètement. Jean-Vital de Monléon insiste sur l'importance de le laisser en deuxième prénom. "Il est fondamental de conserver ce prénom, par respect pour l'histoire de l'enfant". Le faire disparaître serait d'ailleurs pour Fanny Cohen-Herlem "une façon de nier l'existence d'un avant. Comment l'enfant pourrait-il devenir un sujet, qui pense, qui a une identité, si il doit se construire sur du sable mouvant?"




  • http://leblogdeladoption.blogspot.fr/2008/12/le-prnom-le-changer-ou-le-garder.html

"Plusieurs personnes m'ont demandé récemment ce que je pensais du prénom des enfants adoptés, doit-on le changer ou le garder ?
J'en parle aussi parce que cela aurait été évoqué il y a quelques temps par le "psy de la télé". Le personnage parle très bien, il sait beaucoup de choses et a fait avancer pas mal de choses pour le bien des enfants et des familles, il a aussi beaucoup d'humour, ce qui est pour moi une grande qualité.
Le souci c'est qu'il parle très bien aussi de ce qu'il connaît moins bien. Et dans l'adoption, j'en ai un peu ras le bol des théories, des théoriciens, c'est avec de grandes théories que dans la médecine on dit (et fait) parfois n'importe quoi. Je crois beaucoup plus à l'expérience, à la pratique.
Je serais bref, et j'encourage ceux qui veulent en savoir plus à lire (ou relire) le chapitre assez long que j'ai écrit dans mon livre sur le sujet.
En bref, c'est bien joli et sans doute bien vrai de dire que cela peut troubler un enfant, déjà un peu grand de ne plus être appelé de la même façon. Mais cet enfant vient déjà de changer de culture, de parents, parfois de pays, le prénom ce n'est finalement qu'un détail de plus dans les changements.
Au contraire, garder son prénom, c'est parfois (je pense à quelques exemples, ce n'est ni de la théorie, ni du militantisme) le retenir un peu dans sa vie d'avant, l'empêcher de trouver sa place. Cette vie d'avant qu'il ne faut pas oublier, qu'il faut respecter, mais qu'il est important de laisser à sa place si on veut progresser.

Pour tout enfant quelque soit son mode de filiation, le choix du prénom par ses parents est quelque chose de capital, une façon parmi d'autres de créer un lien ....
De plus les prénoms d'origine ne correspondent parfois à rien, ils ont pu être donné par une administration par toujours bienveillante, ils sont parfois impossibles à prononcer, sujet de moqueries, etc...
Mon conseil est de choisir le prénom qui vous plaira, et de garder en deuxième prénom, celui d'origine, sauf s'il a une consonance trop négative (j'ai connu un enfant dont le prénom signifiait malvenu).
Enfin, une petite pensée pour ces trois soeurs arrivées d'Ethiopie il y a quelques mois. Les parents avaient décidés de garder leurs prénoms d'origine, choix tout à fait respectables, ils aimaient ces prénoms. Trois mois après toutes trois avaient fait le choix de leurs deuxièmes prénoms, prénoms bien français, bien gaulois, elles y avaient vu une concrétisation de leur adoption, un moyen de trouver leur place à l'école, dans la société. Les parents se sont inclinés. Toujours écouter et accompagner les enfants !


Publié par Jean-Vital de Monléon, pédiatre, médecin à la COCA de Dijon blog http://leblogdeladoption.blogspot.fr

Et vous, qu'en pensez vous?


jeudi 19 mai 2016

On a vu pour vous 2 : Holy Lola

Holy Lola
Film de Bertrand Tavernier, sorti en 2003

Synopsis (d'après http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=55456.html ">Allociné
) :
Le récit d'un désir d'enfant qui entraîne un jeune couple, Pierre et Géraldine, au coeur d'un voyage initiatique au bout du monde, dans un pays martyrisé par l'Histoire : le Cambodge. Pour eux, commence une aventure éprouvante et formidable : ronde des orphelinats, confrontation avec les autorités françaises et cambodgiennes, menaces de trafics. Sans oublier la méfiance et la jalousie mais aussi l'entraide de la petite communauté des adoptants réunie par le hasard. A travers cette quête, le couple fait face à ses peurs, ses égoïsmes. Il se déchire, se rapproche et en sort à jamais transformé.

~~~~~~~~~~
Nala
aujourd'hui c'est un film presque désuet puisqu'il parle d'une procédure individuelle autrefois plus répandue mais aujourd'hui limitée avec la signature progressive des pays de la Convention de la Haye pour l'adoption des enfants, on y vit le parcours d'un couple, qui se déchire, qui palpite, qui s'épuise au rythme d'un pays dont l'administration prend son temps, on y voit les pots de vin, les intermédiaires, la course aux documents et il en manque toujours un, mais aussi la solidarité des couples entre eux qui vivent la même galère on effleure la douleur de l'infertilité et du poids sur un couple, sur le vécu médicalisé de la femme en PMA, de l'homme impuissant, je n'ai pas aimé le personnage de Pierre, tout comme je suis restée sur ma fin sur les premiers instants avec leur enfant, j'ai tiqué sur certains dires ou gestes comme celui ou Géraldine donne sa fille dans les bras d'une autre maman alors que ça ne fait que quelques jours qu'elle est sa maman, j'ai aimé les confidences des 2 parents dans un magnétophone pour leurs enfants et les moments de scène de vie cambodgiennes (marché, repas) un incontournable film à mes yeux meme s'il commence à dater un peu
Del
J'ai regardé ce film il y a fort fort longtemps et je m'en souviens mal. J'aime beaucoup Jacques Gamblin... et je n'ai pas du tout aimé ce film. J'ai été mal à l'aise du début à la fin, sans doute parce que c'est exactement ce que je ne voulais pas vivre comme procédure. Et forcément, je ne me suis pas reconnue dans ce couple qui souffre. Il faudrait que je le revoie parce que je ne me souviens même pas si ça m'avait émue. (pourtant j'ai dû le voir en pleine procédure vers ma fille, donc à fond dans la projection !
Tartine
Je connais bien le film, que je revois régulièrement. C'est un film que j'adore. Je l'avais vu en salles à l'époque (fin 2004) et nous avions entamés nos démarches 6 mois plus tôt. J'étais donc en plein dedans, la tête pleine d'étoiles et de questions. Je trouve le film très fort, pas du tout désuet, ni daté. Je pense que c'est -et que ça restera- le meilleur film fait sur l'adoption internationale. J'avais trouvé très intéressant que Tiffany et Bertrand Tavernier choisissent le Cambodge parce que c'est un pays où l'adoption internationale a toujours été compliquée et parasitée par de nombreux facteurs et parce c'est un pays spécialement meurtri. J'aime les personnages de Pierre et Géraldine, mais j'aime aussi le 3e personnage du film, qui est le Cambodge. J'aime le fait que Rithy Panh soit dans le film et qu'il ait cette belle scène à la fin. J'ai aimé aussi qu'il y ait de la légèreté aussi dans le film avec quelques pointes d'humour (la partie de crapette, certains dialogues improvisés autour des bouteilles de champagne -ben oui, j'ai aussi visionné les bonus du DVD !), j'ai aimé les comédiens -surtout Isabelle Carré... J'ai trouvé le couple extrêmement crédible. Leurs déchirements comme leur fusion. J'ai aimé leurs doutes, leur intimité, le fait de les trouver à deux doigts de perdre toute éthique... Je me suis vraiment retrouvée dans ce couple de mon côté ! Tavernier reste au plus près des personnages, avec le souci de raconter une histoire vraie et pas juste cinématographique. Bref, c'est un de mes films préférés.
Nala
ce que tu décris Tartine par rapport à l'émotion que te procure ce film dans ton parcours, moi je l'ai ressenti plusieurs sur des musiques qui m'ont accompagné pendant l'attente, et qui la symboliseront toujours pour moi... à tel point que quand j'en entends une sans crier gare à la radio ça me remue toujours! pour en revenir à Holy Lola, je l'ai vu une 1ere fois alors que je n'étais pas encore en démarche d'adoption puis je l'ai revisionné recemment, du coup c'est sur que je suis dans une autre dynamique et que je suis plus détachée des sentiments transmis?
Et vous ?

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vendredi 25 mars 2016

On a vu pour vous 1 : Va, Vis et Deviens

Va, Vis et Deviens
Film de Radu Mihaileanu, sorti en 2005


Synopsis (d'après Allociné) :
En 1984, des milliers d'Africains de 26 pays frappés par la famine se retrouvent dans des camps au Soudan. A l'initiative d'Israël et des Etats-Unis, une vaste action est menée pour emmener des milliers de Juifs éthiopiens vers Israël.
Une mère chrétienne pousse son fils de neuf ans à se déclarer juif pour le sauver de la famine et de la mort. L'enfant arrive en Terre Sainte. Déclaré orphelin, il est adopté par une famille française sépharade vivant à Tel-Aviv. Il grandit avec la peur que l'on découvre son double-secret et mensonge : ni juif, ni orphelin, seulement noir.
Il découvrira l'amour, la culture occidentale, la judaïté mais également le racisme et la guerre dans les territoires occupés.


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Nala
C'est un film qui parle d'exil, de religion, de racisme et d'adoption : l'exil de juifs éthiopiens vers Israël en 1985, un enfant qui se fait passer pour juif pour être sauvé et qui est adopté.
Ce n'est pas surjoué, les acteurs sont vibrants, les silences pleins de vie. Le jeune acteur est incroyable dans les émotions qu'il transmet. J'ai beaucoup aimé la façon de filmer la relation naissante entre cet enfant en souffrance et sa mère adoptive, pleine de pudeur, dans ses gestes au départ mais avec aussi un amour qui grandit en fond.
On y lit son déracinement, dans tous les gestes simples, comme porter des chaussures...
On y parle du racisme des Blancs envers ces Noirs immigrés, de préjugés, de racisme entre des peuples avec une histoire commune, on y parle de gens courageux qui ont fait des choix, pour protéger l'être humain, au delà de ses préjugés et de ce racisme millénaire.
J'ai été émue, prise aux tripes, alors forcement je recommande ce film !
Tartine
J'avais beaucoup aimé à l'époque de sa sortie. Je l'ai revu depuis et j'avais un peu plus de critiques. Disons que je trouve que c'est un peu beaucoup appuyé et finalement un peu superficiel et plan plan. Et certains personnages auraient gagné à être un peu plus développés, notamment la famille adoptante. Et puis c'est vraiment long. Sinon, c'est sûr, le film parvient à sacrément émouvoir...
Del
Bon, je ne l'ai pas revu depuis... bien 5-6 ans au moins, donc c'est loin d'être frais !
D'abord, j'adore ce titre. "Va, vis et deviens". C'est ce que j'aimerais dire à mes enfants quand ils quitteront le foyer...
J'ai été trèèèèès émue par le film, très touchée notamment par la relation mère-fils (le scène de la sortie d'école m'a filé la chair de poule). Si je me souviens bien, Yaël Abécassis est plutôt juste dedans (Roschdy Zem moins mais correct quand même).
Après, la fin - pas crédible du tout - m'a à moitié déçue ; je pense qu'il faut l'interpréter comme un conte de fées... qui tombe un peu comme un cheveu sur la soupe, après une histoire plutôt crédible. Mais ça m'a émue quand même, sans doute parce que je suis maman adoptive - et qui plus est, trop bon public pour les histoires larmoyantes.
Je n'ai pas trouvé que c'était un film à recommander spécialement aux futurs parents adoptants (contrairement à "Une vie toute neuve" par exemple), parce que le contexte de départ est très particulier et ne ressemble pas à la plupart des adoptions, et surtout, parce que le thème de fond du film, c'est le secret que ce garçon trimballe.
Tartine
Moi aussi je suis bonne cliente des trucs larmoyants alors tu penses bien que je verse ma petite larme régulièrement aussi
La fin aussi, j'ai du mal. C'est tellement énorme.
La relation mère-fils, ben je trouve que ce n'est pas spécialement bien développé.
Nala
Et oui, fin de conte de fées !
Mais par contre je recommanderais quand même aux parents en chemin pour qu'ils "mesurent" le poids d'un secret, que ce soit sur son histoire mais ça peut être sur sa pathologie aussi...
Et vous ?

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vendredi 18 mars 2016

Ma fille et sa FLP

Ma puce est arrivée en France à l'age de 9 mois avec une double fente labio-palatine très impressionnante (et quasi aucun palais) non opérée.
Moi je ne voyais que ses magnifiques yeux bleus mais j'ai été surprise sur place du regard des autres adoptants dans l'orphelinat, puis des yeux des gens que j'ai croisé lors de mon retour en avion, puis de ceux des gens de mon village le premier mois où elle n'était pas opérée : gêne, dégout, pitié... Tous les enfants naissant avec une FLP en France sont opérés la première semaine après la naissance, aussi les gens ne sont pas habitués.
Ma grande a eu beaucoup de commentaires pas agréables sur le physique de sa nouvelle soeur, heureusement que je lui avais expliqué qu'elle serait bientôt opérée et "réparée", ce qu'elle a expliqué à ses camarades.

Souvent dans les pays d'origine les enfants sont opérés du visage (plus rarement du palais) pour leur donner un visage moins étrange et faciliter leur adoption, mais ce n'est pas toujours bien fait et il faut parfois plusieurs opérations de chirurgie correctrices en France.

Si l'enfant arrive jeune, il faut penser aussi au mode de garde, j'ai trouvé une nounou adorable pour s'occuper de ma puce, elle n'a pas eu peur de son physique et a accepté les contraintes alimentaires (biberons avec lait puis purées liquides qu'elle buvait beaucoup plus lentement que la normale jusqu'à 2 mois après sa deuxième opération, donc ses 14/15 mois...) mais je connais des familles qui ont eu des difficultés.


Selon les centres référents de fente labio-palatine en France, le calendrier des opérations peut être très différent, ce qui m'a surprise lorsque je me suis renseignée.

Pour ma puce :
- à l'age de 11 mois (un mois et demi après son arrivée) : première chirurgie, avec 5 jours d'hospitalisation. Pour compléter le nez et bouche, parce qu'elle buvait bien (ce qui n'est pas facile sans palais, certains bébés ont beaucoup de mal à être nourris).
- 2 mois et demi plus tard, le palais a été reconstruit... Parfois il se réouvre, ou il reste un petit trou qui communique avec le nez, ce qui pose problème car la nourriture du coup ressort un peu par le nez...
Chaque fois, pose ou contrôle des yoyos dans les oreilles car il y a de gros risques ORL s'il n'y en a pas.

- Ensuite 3 ans de tranquillité, avec juste un suivi ORL et la pose annuelle de yoyos.
Il peut y avoir besoin d'une rééducation en orthophonie lorsque l'enfant a du mal à parler (cela n'a jamais été un problème chez nous), souvent lorsque les opérations ont été mal faites, à l'étranger mais parfois aussi en France... Il faut donc bien se renseigner pour choisir son chirurgien, il y a un forum dédié : lien

- Puis à l'age de 4 ans, début du suivi orthodontiste (prévu au moins jusqu'à ses... 16 ans ! Un budget conséquent à prévoir car gros dépassements d'honoraires en général !) :
D'abord un appareil palais pour élargir le palais avant de faire les greffes osseuses pour reconstituer les parties de gencives manquantes sur la mâchoire du haut... mais qui surprend chez un enfant si jeune donc beaucoup de commentaires pas toujours agréables des camarades à l'école.
Puis un appareil fixé avec des bagues et ferraille pour rigidifier la mâchoire (pas douloureux heureusement)

Et à l'age de 4 ans et demi, avant que les dents de lait tombent, deux greffes osseuses (os pris sur la hanche) espacées de 3 mois pour réparer le trou de la gencive gauche, puis celui de la droite, afin que les dents définitives puissent y pousser : 3 jours à l'hôpital au moins, et un régime quasi liquide pendant 3 semaines après ces interventions (dur dur !). Ma miss sature désormais des blouses blanches et ne veut plus d'opérations !
Heureusement ensuite il y a juste une surveillance et du gros travail en orthodontie pour remettre les dents définitives en place (qui peuvent sortir partout, notamment sur le palais)

Enfin, bien sûr reste le suivi orl et la pose régulière de yoyos... et parfois un suivi psy car la relation à leur image est parfois difficile.


En conclusion... Ma fille est encore petite donc je n'ai pas beaucoup de recul. Effectivement elle a de la part d'autres enfants des questions voire des remarques pas agréables sur sa bouche et son appareil et ça la touche, parfois l'attriste, même si elle sait expliquer (et parfois elle choisit de dire que c'est sa vie privée et que ça ne regarde pas la personne qui l'interroge !) mais ce n'est pas ça qui la tracasse au quotidien.

Ce que je conseille aux familles intéressées, c'est de rencontrer un spécialiste avant, pour poser les questions et aussi pouvoir échanger avec lui à l'attribution car dans de rares cas, il y a des troubles associés et là ce n'est pas du tout la même prise en charge (par exemple un syndrome de Pierre Robin)
Une flp "basique" est plutôt une particularité médicale légère, je trouve, même si tout dépend bien sûr du ressenti de l'enfant.

M.

mercredi 24 février 2016

Témoignage // attachement

L'attachement... on en entend tellement parler en tant que parents adoptants ou futurs parents adoptants.

Pour ma part, j'avais lu de nombreux ouvrages sur le sujet, ma travailleuse sociale nous en avait parlé longuement et nous avait donné plusieurs conseils en la matière. Je me disais qu'avec mes nombreuses années d'expérience en tant que gardienne d'enfants et en tant que tante si dévouée et impliquée, tout se passerait bien.
Lors de notre toute première rencontre avec mon garçon, ce fut un moment magique, plus beau encore que ce que j'avais rêvé pendant de nombreuses années. Quelle petite beauté que ce mignon petit bébé de 6 mois.
Tout le monde m'avait dit: "tu seras une si bonne mère" et "que vous êtes chanceux d'avoir un enfant si jeune, il ne sera rappellera de rien et l'adaptation sera facile".
Mais aucune de ces belles prédictions ne s'est réalisées : malgré son tout jeune âge, mon garçon résistait : pas question de lui donner le biberon dans nos bras : il était capable de le tenir seul avec ses 2 petites mains et chaque fois que je voulais lui donner dans mes bras, c'était la crise et il préférait ne pas boire !
Ma T.S. me disait que c'était un moment important pour l'attachement alors je me suis "acharnée" à vouloir essayer de lui donner pendant 3 longs mois ! Et plus les jours passaient et plus il résistait et plus je me sentais totalement incompétente... Il ne voulait pas se faire bercer, il ne voulait pas se faire coller, n'aimait pas être pris dans nos bras (il se tenait loin de nous)...
Et les crises ! Oh ! les nombreuses crises : jours et nuits ! La nuit, il a fait des terreurs nocturnes jusqu'à ses 4 ans. Parfois jusqu'à 5 crises dans une même nuit !

J'étais épuisée, j'étais désemparée, découragée et je me haïssais. J'ai trouvé difficile d'aller chercher de l'aide dans ces moments car j'avais l'impression de me faire juger et qu'on penserait : "tu l'as tellement voulu, arrête de te plaindre et c'est ça avoir un enfant ; ce n'est pas toujours facile !" Ok, ce n'est pas toujours facile mais vraiment là, c'était carrément invivable, déchirant, culpabilisant.

Cette situation a duré 2 ans, oui 2 ans. Jusqu'à ce que mon garçon doive être hospitalisé pendant 3 jours. Nous l'avons donc veillé jour et nuit son père et moi. Un soir où je le berçais depuis des heures et où la douleur était intense, mon petit bout de chou me dit : "Maman, maman, ai mal! Maman, maman, ye t'aime". C'était la toute 1ère fois qu'il me disait ces mots : "Je t'aime". Durant la semaine qui a suivi, son comportement a vraiment changé. Mon conjoint et moi nous demandions si ça allait durer... Il nous a testé une autre fois (grosse crise) mais ensuite, il s'est véritablement laissé déposer, il nous faisait maintenant confiance, il s'est laissé aimer. Dans les mois qui ont suivi, il a comme voulu rattraper le temps perdu ; il venait me voir avec un doudou et une suce (alors qu'il n'en avait jamais utilisé) et voulait se faire bercer en jouant au bébé. On se collait de longs moments et ces instants étaient si bons ; mon cœur de mère pansait ses blessures des 2 dernières années.

Au moment de vous écrire ces lignes, mon grand garçon a 7½ ans et c'est un fils merveilleux. Je l'adore ! Pourtant, pendant les deux premières années, je dois l'avouer, je me suis demandée si un jour nous allions nous aimer tous les deux...

Si j'écris ce témoignage c'est vraiment pour des parents qui vivraient ce que j'ai vécu et qui, tout comme moi, trop honteux, n'en parleraient pas et resteraient avec leur culpabilité et leur sentiment d'impuissance, d'échec, de honte...
J'ai fini, au bout de quelques mois, par demander l'aide d'une psychologue spécialisée en adoption et elle nous a beaucoup aidé et supporté. J'ai utilisé ses conseils pendant de nombreuses années (routine, emmaillotage pour sécuriser, child holding, règles claires et constantes, etc).
J'ai aussi le goût de vous dire que durant ces années difficiles, nous avions décidé de ne pas avoir d'autres enfants et nous avions donné tous les articles de bébé. Et bien, notre fils nous a finalement fait changer d'idée et en janvier 2015, nous avons accueilli un deuxième petit bonhomme qui avait alors 1½ an. Avec lui, l'adaptation et l'attachement se développent tellement plus facilement. Oui, avec des périodes où l'insécurité revient, où il faut encadrer davantage, et toujours se dire que rien n'est acquis. Mais tout de même une adaptation tellement plus facile ! J'avais peur pour cette 2e adoption, tout en me sentant plus confiante, plus expérimentée mais on ne sait jamais ce qu'il adviendra. Surtout que nous avions décidé d'adopter un enfant avec besoins spéciaux. Mais quelle bonne idée !!!
Aujourd'hui, nous sommes une belle famille et nous sommes vraiment heureux ensemble !


Au fil des ans, j'ai réalisé que l'attachement se développe de mille et une façons. J'aurais dû me faire davantage confiance et suivre mon instinct qui me disait que ce n'était pas en forçant le biberon et les moment à se bercer que l'attachement s'améliorerait.
Je réalise maintenant qu'en plus des conseils de la psychologue, certains jeux ont pu nous aider mon fils et moi :
- cajoler nos animaux de compagnie (nous avions 2 chats), leur donner des soins et des bisous ;
- danser ensemble (mine de rien, il s'amuse mais on est collé) ;
- lui faire faire de l'exercice couché sur le dos, en bougeant les pieds et les bras; favorise le contact visuel encore par le jeu ;
- chanter en le regardant ;
- prendre un bain ensemble et s'amuser ;
- faire des cours de natation (il était collé à moi...) ;
- se promener ensemble avec un "maman kangourou" ou autre sac ventral pour petit ;
- se maquiller et rire !
- jouer au médecin avec la petite trousse médicale (se toucher mais par le jeu alors rien n'y paraît)
- tout ce qui vous fera rire ensemble et vous fera être un peu plus collé ou vous permettre de vous toucher l'un, l'autre...