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jeudi 26 mai 2016

Le prénom en adoption, le garder ou en changer?

plusieurs articles de références sur le sujet

  •  http://www.meanomadis.com/content/show_Articles.asp?id=534

"Sous le balcon de Juliette, Roméo se questionne : « Une rose n'aurait-elle pas la même beauté, le même parfum et les mêmes extraordinaires qualités si elle portait un autre nom ? ». Indéniablement, l'amour que Roméo eut pour Juliette aurait été aussi fort et éternel même si elle s'était nommée Gertrude ou Fleurette. De même, l'amour que nous portons aux enfants ne devrait pas être relié à leur prénom ! Néanmoins, on ne doit pas minimiser les enjeux symboliques et affectifs du nom d'une personne. Sans prénom, un être humain n’existe pas comme individu unique au monde. On ne peut pas parler de lui, il n'existe ni légalement ni symboliquement. Une des méthodes les plus machiavéliques de détruire la personnalité et l'unicité d'un être humain en prison ou dans des régimes répressifs, n'est-elle pas de remplacer son nom par un numéro ? Rappelons-nous la souffrance du « Petit chose» si bien évoquée par Alphonse Daudet.


Les parents adoptifs ont à résoudre un dilemme inconnu des parents biologiques ; changer ou ne pas changer le prénom ? « Puis-je le faire sans “risque” pour l'enfant ? Est-ce égoïste de ma part ? Quelles seront les conséquences affectives positives ou négatives de ce changement ? Ai-je le droit de lui « arracher » cette identité ? Va-t-il un jour me le reprocher ? ».


Si le parent ne veut pas regretter une telle décision, il faut qu’il puisse la prendre en fonction de ses goûts, ses valeurs, ses croyances, mais surtout en tenant compte des besoins présents et futurs de l’enfant.


D'emblée, nous prenons position en faveur d'un changement de nom. Non par caprice, ni par un fantasme irréaliste de pouvoir effacer les blessures du passé, non par étroitesse d'esprit ou par racisme, mais avant tout par une grande préoccupation d'utiliser tous les moyens à notre disposition afin de favoriser l'accueil, l'attachement parent-enfant et l'enracinement de l'enfant dans sa nouvelle vie.


À ce principe général, il faut apporter des nuances et des exceptions, particulièrement selon l'âge de l'enfant, son histoire personnelle et son type d'adoption ; par exemple la banque mixte au Québec. Le fait d’inclure le prénom d’origine parmi les prénoms, sans avoir à l’utiliser d’office, permet aussi de le laisser en banque pour le raviver au besoin lorsque viendra le temps de faire un retour en arrière pour mieux aller au devant.


Créer un attachement mutuel fort et sain est le plus grand défi en adoption. Il s'agit malheureusement d'un défi sous-estimé et surtout sous-expliqué aux futurs parents adoptants. La capacité d'un petit être humain à s'attacher sainement, profondément et entièrement à ses parents est un des facteurs les plus déterminants de sa survie, de son développement normal et de sa santé physique et mentale. Dans la préparation des futurs parents adoptants, on parle beaucoup de santé physique de l’enfant, des phases d'adaptation habituelles, des carences affectives possibles, des enjeux culturels, des crises d'identité probables, mais très rarement des conditions gagnantes à mettre en place pour favoriser un attachement sain parent-enfant. On constate avec tristesse les graves conséquences de cette ignorance chez les intervenants et les parents. Nous croyons ainsi profondément que le geste d'accueillir l'enfant en lui donnant un nouveau nom est un outil puissant qui peut favoriser l'attachement. Du côté des parents, cela permet de poser un premier geste d'accueil, d'amour et de contrôle sur le destin de l’enfant. Il s'agit des toutes premières décisions d'une série de milliers d'autres qu'ils auront à prendre dans leur rôle parental. Du côté de l'enfant, il sent, puis comprendra plus tard que ce sont ses parents qui aimaient assez ce nom pour le lui donner à lui seul. Enfants et parents pourront plus tard faire le récit de ce choix comme une première page d'histoire de la nouvelle famille qu'ils ont créée ensemble. La quête de son identité culturelle et ethnique viendra plus tard chez certains, jamais chez d'autres. Au besoin, le prénom d’origine pourrait refaire surface, parmi les prénoms d’usage courant, sans les éclipser.


Faire le deuil du prénom ne signifie pas oublier, effacer ou renier. Faire le deuil, c'est choisir le présent et le futur plutôt que de « ruminer » avec nostalgie le passé. Renommer un enfant ne doit pas être une tentative naïve d'empêcher l'enfant d'être fier de ses origines ou de lui faire oublier les blessures de son passé. C'est plutôt lui permettre de vivre totalement dans le présent, dans un nouveau lieu, une nouvelle réalité culturelle et affective. On se doit donc de donner à l'enfant la permission et surtout les moyens de faire le deuil de son passé. C’est un peu l’équivalent de l’adoption plénière."


Johanne Lemieux travailleuse sociale, 2002, et extrait de la normalité adoptive




  • http://www.lexpress.fr/styles/enfant/adoption-faut-il-changer-le-prenom-de-l-enfant_1657133.html

"Changer ou non le prénom d'un enfant adopté est avant tout une affaire de famille. Entre héritage du passé et symbole d'une nouvelle vie, l'adoption doit-elle passer par un changement de prénom?


"Changer ou non le prénom d'un enfant adopté, c'est un sujet qui génère beaucoup de discussions inappropriées et qui en dit long sur la façon dont sont traitées les familles adoptives", prévient d'entrée de jeu Jean-Vital de Monléon, pédiatre, spécialiste de l'adoption et auteur de Naître là-bas, grandir ici: l'adoption internationale. "Il faut aller au-delà des idées reçues sur l'adoption. Non, il n'est pas forcément mauvais de changer le prénom de l'enfant même quand il est grand", poursuit-il, à l'opposé de Françoise Dolto, qui s'était affichée résolument contre le changement de prénom.


Le médiatique pédiatre Marcel Rufo émet lui aussi un avis catégorique sur le sujet. "Lorsque les enfants ont déjà un prénom donné par leur mère ou leur père, il ne faut pas changer de prénom. Il faut leur laisser ce prénom en mémoire et en héritage de quelqu'un qui, pourtant, les a abandonnées", déclarait-il dans son émission Allo Rufo, sur France 5, précisant toutefois qu'en consultation, il ne voyait que les zones sombres de l'adoption. Jamais les adoptions réussies.


Fanny Cohen-Herlem, pédopsychiatre et psychanalyste, auteure de L'adoption, comment répondre aux questions des enfants?, suit les parents puis leurs enfants, de la demande d'agrément jusqu'au suivi post-adoption. Son avis se rapproche de celui du docteur Jean-Vital de Monléon, qui conseille de réagir au cas par cas. "Il y a de toute façon toujours une histoire individuelle à prendre en compte. Le prénom n'est que la partie émergée de l'iceberg. Il permet de s'interroger sur ce que l'on sait de l'histoire des enfants et sur ce qui fait sens dans la filiation", précise-t-elle. Ainsi faut-il prendre en compte différents facteurs avant de faire le choix décisif autour du prénom, qui pour toutes les familles, n'est jamais laissé au hasard.


"Certains prénoms ne rendent pas service à l'enfant", explique simplement Fanny Cohen-Herlem. De par leur sens dans la langue française ou parce qu'ils sont difficilement prononçables en français comme Tematamaruinanaiterai, qui a pourtant une jolie signification en polynésien, "Petite fille aux yeux tendres qui regarde le ciel". Parfois, néanmoins, le prénom d'origine s'impose aux parents. C'est le cas pour Christelle et son mari, qui ont adopté un petit garçon de trois ans, en 2009. "Nous voulions changer son prénom pour lui créer une nouvelle vie, une nouvelle naissance. Nous avions le prénom depuis longtemps mais après avoir vu notre petit Sergeï, tout est devenu limpide. C'est un prénom peu courant en France. Il sonne bien avec notre nom de famille et nous souhaitions lui apporter un peu de ses racines", raconte Christelle.


L'histoire du prénom


"Le prénom d'un enfant adopté n'est pas nécessairement attribué par ses parents biologiques", rappelle Jean-Vital de Monléon. Les prénoms peuvent être donnés de façon mécanique, par les organismes d'adoption, suivant une liste ou selon les circonstances, comme cet enfant prénommé comme un homme politique du fait de sa coupe de cheveu à la naissance ou cet autre dont le prénom signifiait "malvenu". Les parents ont alors peu de raisons de s'attacher au prénom d'origine de leur enfant. C'est le cas de Mélanie et son mari: "Lorsque nous avons adopté notre fille, elle avait cinq mois et demi. Elle n'avait pas d'histoire attachée à son prénom, puisqu'il ne lui avait pas été donné par ses parents biologiques. Nous l'avons appelée Janelle. Ce qui est amusant, c'est que Janelle n'est pas un prénom très répandu et que les gens pensent qu'il s'agit de son prénom d'origine."


"En nommant son enfant, on le fait rentrer dans sa filiation. Filiation dont on voudrait priver les familles adoptives", souligne Jean-Vital de Monléon, montrant du doigt les vains projets de loi sur le sujet. Il arrive d'ailleurs que des enfants plus âgés (à partir de six ans), demandent d'eux-mêmes à changer de prénom. "Car ils sont conscients que c'est un facteur d'intégration, dans la famille et dans la société".


Dans la famille de Guilhem, tous les premiers nés ont des prénoms commençant par la lettre G depuis dix générations. Il ne pouvait en être autrement pour son premier enfant. "Nous avions en tête depuis longtemps le prénom Gabriel", raconte Stéphanie, son épouse. "Lorsqu'on nous a présenté notre fils, il s'appelait Samuel, un prénom que nous aimions beaucoup, avec la même musicalité que Gabriel. Cela nous a fait hésiter, mais nous ne voulions pas casser la filiation. Nous avons donc gardé Samuel en deuxième prénom et l'avons appelé par ses deux prénoms pendant quelques semaines, le temps de laisser Samuel s'effacer. Leur prénom, c'est le premier cadeau que j'ai fait à mes enfants. Je ne leur ai pas donné la vie mais je leur ai donné un prénom", confie-t-elle.


Si il ne faut pas sacraliser à tout prix le prénom de naissance, il est important cependant de ne pas le faire disparaître complètement. Jean-Vital de Monléon insiste sur l'importance de le laisser en deuxième prénom. "Il est fondamental de conserver ce prénom, par respect pour l'histoire de l'enfant". Le faire disparaître serait d'ailleurs pour Fanny Cohen-Herlem "une façon de nier l'existence d'un avant. Comment l'enfant pourrait-il devenir un sujet, qui pense, qui a une identité, si il doit se construire sur du sable mouvant?"




  • http://leblogdeladoption.blogspot.fr/2008/12/le-prnom-le-changer-ou-le-garder.html

"Plusieurs personnes m'ont demandé récemment ce que je pensais du prénom des enfants adoptés, doit-on le changer ou le garder ?
J'en parle aussi parce que cela aurait été évoqué il y a quelques temps par le "psy de la télé". Le personnage parle très bien, il sait beaucoup de choses et a fait avancer pas mal de choses pour le bien des enfants et des familles, il a aussi beaucoup d'humour, ce qui est pour moi une grande qualité.
Le souci c'est qu'il parle très bien aussi de ce qu'il connaît moins bien. Et dans l'adoption, j'en ai un peu ras le bol des théories, des théoriciens, c'est avec de grandes théories que dans la médecine on dit (et fait) parfois n'importe quoi. Je crois beaucoup plus à l'expérience, à la pratique.
Je serais bref, et j'encourage ceux qui veulent en savoir plus à lire (ou relire) le chapitre assez long que j'ai écrit dans mon livre sur le sujet.
En bref, c'est bien joli et sans doute bien vrai de dire que cela peut troubler un enfant, déjà un peu grand de ne plus être appelé de la même façon. Mais cet enfant vient déjà de changer de culture, de parents, parfois de pays, le prénom ce n'est finalement qu'un détail de plus dans les changements.
Au contraire, garder son prénom, c'est parfois (je pense à quelques exemples, ce n'est ni de la théorie, ni du militantisme) le retenir un peu dans sa vie d'avant, l'empêcher de trouver sa place. Cette vie d'avant qu'il ne faut pas oublier, qu'il faut respecter, mais qu'il est important de laisser à sa place si on veut progresser.

Pour tout enfant quelque soit son mode de filiation, le choix du prénom par ses parents est quelque chose de capital, une façon parmi d'autres de créer un lien ....
De plus les prénoms d'origine ne correspondent parfois à rien, ils ont pu être donné par une administration par toujours bienveillante, ils sont parfois impossibles à prononcer, sujet de moqueries, etc...
Mon conseil est de choisir le prénom qui vous plaira, et de garder en deuxième prénom, celui d'origine, sauf s'il a une consonance trop négative (j'ai connu un enfant dont le prénom signifiait malvenu).
Enfin, une petite pensée pour ces trois soeurs arrivées d'Ethiopie il y a quelques mois. Les parents avaient décidés de garder leurs prénoms d'origine, choix tout à fait respectables, ils aimaient ces prénoms. Trois mois après toutes trois avaient fait le choix de leurs deuxièmes prénoms, prénoms bien français, bien gaulois, elles y avaient vu une concrétisation de leur adoption, un moyen de trouver leur place à l'école, dans la société. Les parents se sont inclinés. Toujours écouter et accompagner les enfants !


Publié par Jean-Vital de Monléon, pédiatre, médecin à la COCA de Dijon blog http://leblogdeladoption.blogspot.fr

Et vous, qu'en pensez vous?


jeudi 19 mai 2016

On a vu pour vous 2 : Holy Lola

Holy Lola
Film de Bertrand Tavernier, sorti en 2003

Synopsis (d'après http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=55456.html ">Allociné
) :
Le récit d'un désir d'enfant qui entraîne un jeune couple, Pierre et Géraldine, au coeur d'un voyage initiatique au bout du monde, dans un pays martyrisé par l'Histoire : le Cambodge. Pour eux, commence une aventure éprouvante et formidable : ronde des orphelinats, confrontation avec les autorités françaises et cambodgiennes, menaces de trafics. Sans oublier la méfiance et la jalousie mais aussi l'entraide de la petite communauté des adoptants réunie par le hasard. A travers cette quête, le couple fait face à ses peurs, ses égoïsmes. Il se déchire, se rapproche et en sort à jamais transformé.

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Nala
aujourd'hui c'est un film presque désuet puisqu'il parle d'une procédure individuelle autrefois plus répandue mais aujourd'hui limitée avec la signature progressive des pays de la Convention de la Haye pour l'adoption des enfants, on y vit le parcours d'un couple, qui se déchire, qui palpite, qui s'épuise au rythme d'un pays dont l'administration prend son temps, on y voit les pots de vin, les intermédiaires, la course aux documents et il en manque toujours un, mais aussi la solidarité des couples entre eux qui vivent la même galère on effleure la douleur de l'infertilité et du poids sur un couple, sur le vécu médicalisé de la femme en PMA, de l'homme impuissant, je n'ai pas aimé le personnage de Pierre, tout comme je suis restée sur ma fin sur les premiers instants avec leur enfant, j'ai tiqué sur certains dires ou gestes comme celui ou Géraldine donne sa fille dans les bras d'une autre maman alors que ça ne fait que quelques jours qu'elle est sa maman, j'ai aimé les confidences des 2 parents dans un magnétophone pour leurs enfants et les moments de scène de vie cambodgiennes (marché, repas) un incontournable film à mes yeux meme s'il commence à dater un peu
Del
J'ai regardé ce film il y a fort fort longtemps et je m'en souviens mal. J'aime beaucoup Jacques Gamblin... et je n'ai pas du tout aimé ce film. J'ai été mal à l'aise du début à la fin, sans doute parce que c'est exactement ce que je ne voulais pas vivre comme procédure. Et forcément, je ne me suis pas reconnue dans ce couple qui souffre. Il faudrait que je le revoie parce que je ne me souviens même pas si ça m'avait émue. (pourtant j'ai dû le voir en pleine procédure vers ma fille, donc à fond dans la projection !
Tartine
Je connais bien le film, que je revois régulièrement. C'est un film que j'adore. Je l'avais vu en salles à l'époque (fin 2004) et nous avions entamés nos démarches 6 mois plus tôt. J'étais donc en plein dedans, la tête pleine d'étoiles et de questions. Je trouve le film très fort, pas du tout désuet, ni daté. Je pense que c'est -et que ça restera- le meilleur film fait sur l'adoption internationale. J'avais trouvé très intéressant que Tiffany et Bertrand Tavernier choisissent le Cambodge parce que c'est un pays où l'adoption internationale a toujours été compliquée et parasitée par de nombreux facteurs et parce c'est un pays spécialement meurtri. J'aime les personnages de Pierre et Géraldine, mais j'aime aussi le 3e personnage du film, qui est le Cambodge. J'aime le fait que Rithy Panh soit dans le film et qu'il ait cette belle scène à la fin. J'ai aimé aussi qu'il y ait de la légèreté aussi dans le film avec quelques pointes d'humour (la partie de crapette, certains dialogues improvisés autour des bouteilles de champagne -ben oui, j'ai aussi visionné les bonus du DVD !), j'ai aimé les comédiens -surtout Isabelle Carré... J'ai trouvé le couple extrêmement crédible. Leurs déchirements comme leur fusion. J'ai aimé leurs doutes, leur intimité, le fait de les trouver à deux doigts de perdre toute éthique... Je me suis vraiment retrouvée dans ce couple de mon côté ! Tavernier reste au plus près des personnages, avec le souci de raconter une histoire vraie et pas juste cinématographique. Bref, c'est un de mes films préférés.
Nala
ce que tu décris Tartine par rapport à l'émotion que te procure ce film dans ton parcours, moi je l'ai ressenti plusieurs sur des musiques qui m'ont accompagné pendant l'attente, et qui la symboliseront toujours pour moi... à tel point que quand j'en entends une sans crier gare à la radio ça me remue toujours! pour en revenir à Holy Lola, je l'ai vu une 1ere fois alors que je n'étais pas encore en démarche d'adoption puis je l'ai revisionné recemment, du coup c'est sur que je suis dans une autre dynamique et que je suis plus détachée des sentiments transmis?
Et vous ?

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vendredi 25 mars 2016

On a vu pour vous 1 : Va, Vis et Deviens

Va, Vis et Deviens
Film de Radu Mihaileanu, sorti en 2005


Synopsis (d'après Allociné) :
En 1984, des milliers d'Africains de 26 pays frappés par la famine se retrouvent dans des camps au Soudan. A l'initiative d'Israël et des Etats-Unis, une vaste action est menée pour emmener des milliers de Juifs éthiopiens vers Israël.
Une mère chrétienne pousse son fils de neuf ans à se déclarer juif pour le sauver de la famine et de la mort. L'enfant arrive en Terre Sainte. Déclaré orphelin, il est adopté par une famille française sépharade vivant à Tel-Aviv. Il grandit avec la peur que l'on découvre son double-secret et mensonge : ni juif, ni orphelin, seulement noir.
Il découvrira l'amour, la culture occidentale, la judaïté mais également le racisme et la guerre dans les territoires occupés.


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Nala
C'est un film qui parle d'exil, de religion, de racisme et d'adoption : l'exil de juifs éthiopiens vers Israël en 1985, un enfant qui se fait passer pour juif pour être sauvé et qui est adopté.
Ce n'est pas surjoué, les acteurs sont vibrants, les silences pleins de vie. Le jeune acteur est incroyable dans les émotions qu'il transmet. J'ai beaucoup aimé la façon de filmer la relation naissante entre cet enfant en souffrance et sa mère adoptive, pleine de pudeur, dans ses gestes au départ mais avec aussi un amour qui grandit en fond.
On y lit son déracinement, dans tous les gestes simples, comme porter des chaussures...
On y parle du racisme des Blancs envers ces Noirs immigrés, de préjugés, de racisme entre des peuples avec une histoire commune, on y parle de gens courageux qui ont fait des choix, pour protéger l'être humain, au delà de ses préjugés et de ce racisme millénaire.
J'ai été émue, prise aux tripes, alors forcement je recommande ce film !
Tartine
J'avais beaucoup aimé à l'époque de sa sortie. Je l'ai revu depuis et j'avais un peu plus de critiques. Disons que je trouve que c'est un peu beaucoup appuyé et finalement un peu superficiel et plan plan. Et certains personnages auraient gagné à être un peu plus développés, notamment la famille adoptante. Et puis c'est vraiment long. Sinon, c'est sûr, le film parvient à sacrément émouvoir...
Del
Bon, je ne l'ai pas revu depuis... bien 5-6 ans au moins, donc c'est loin d'être frais !
D'abord, j'adore ce titre. "Va, vis et deviens". C'est ce que j'aimerais dire à mes enfants quand ils quitteront le foyer...
J'ai été trèèèèès émue par le film, très touchée notamment par la relation mère-fils (le scène de la sortie d'école m'a filé la chair de poule). Si je me souviens bien, Yaël Abécassis est plutôt juste dedans (Roschdy Zem moins mais correct quand même).
Après, la fin - pas crédible du tout - m'a à moitié déçue ; je pense qu'il faut l'interpréter comme un conte de fées... qui tombe un peu comme un cheveu sur la soupe, après une histoire plutôt crédible. Mais ça m'a émue quand même, sans doute parce que je suis maman adoptive - et qui plus est, trop bon public pour les histoires larmoyantes.
Je n'ai pas trouvé que c'était un film à recommander spécialement aux futurs parents adoptants (contrairement à "Une vie toute neuve" par exemple), parce que le contexte de départ est très particulier et ne ressemble pas à la plupart des adoptions, et surtout, parce que le thème de fond du film, c'est le secret que ce garçon trimballe.
Tartine
Moi aussi je suis bonne cliente des trucs larmoyants alors tu penses bien que je verse ma petite larme régulièrement aussi
La fin aussi, j'ai du mal. C'est tellement énorme.
La relation mère-fils, ben je trouve que ce n'est pas spécialement bien développé.
Nala
Et oui, fin de conte de fées !
Mais par contre je recommanderais quand même aux parents en chemin pour qu'ils "mesurent" le poids d'un secret, que ce soit sur son histoire mais ça peut être sur sa pathologie aussi...
Et vous ?

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vendredi 18 mars 2016

Ma fille et sa FLP

Ma puce est arrivée en France à l'age de 9 mois avec une double fente labio-palatine très impressionnante (et quasi aucun palais) non opérée.
Moi je ne voyais que ses magnifiques yeux bleus mais j'ai été surprise sur place du regard des autres adoptants dans l'orphelinat, puis des yeux des gens que j'ai croisé lors de mon retour en avion, puis de ceux des gens de mon village le premier mois où elle n'était pas opérée : gêne, dégout, pitié... Tous les enfants naissant avec une FLP en France sont opérés la première semaine après la naissance, aussi les gens ne sont pas habitués.
Ma grande a eu beaucoup de commentaires pas agréables sur le physique de sa nouvelle soeur, heureusement que je lui avais expliqué qu'elle serait bientôt opérée et "réparée", ce qu'elle a expliqué à ses camarades.

Souvent dans les pays d'origine les enfants sont opérés du visage (plus rarement du palais) pour leur donner un visage moins étrange et faciliter leur adoption, mais ce n'est pas toujours bien fait et il faut parfois plusieurs opérations de chirurgie correctrices en France.

Si l'enfant arrive jeune, il faut penser aussi au mode de garde, j'ai trouvé une nounou adorable pour s'occuper de ma puce, elle n'a pas eu peur de son physique et a accepté les contraintes alimentaires (biberons avec lait puis purées liquides qu'elle buvait beaucoup plus lentement que la normale jusqu'à 2 mois après sa deuxième opération, donc ses 14/15 mois...) mais je connais des familles qui ont eu des difficultés.


Selon les centres référents de fente labio-palatine en France, le calendrier des opérations peut être très différent, ce qui m'a surprise lorsque je me suis renseignée.

Pour ma puce :
- à l'age de 11 mois (un mois et demi après son arrivée) : première chirurgie, avec 5 jours d'hospitalisation. Pour compléter le nez et bouche, parce qu'elle buvait bien (ce qui n'est pas facile sans palais, certains bébés ont beaucoup de mal à être nourris).
- 2 mois et demi plus tard, le palais a été reconstruit... Parfois il se réouvre, ou il reste un petit trou qui communique avec le nez, ce qui pose problème car la nourriture du coup ressort un peu par le nez...
Chaque fois, pose ou contrôle des yoyos dans les oreilles car il y a de gros risques ORL s'il n'y en a pas.

- Ensuite 3 ans de tranquillité, avec juste un suivi ORL et la pose annuelle de yoyos.
Il peut y avoir besoin d'une rééducation en orthophonie lorsque l'enfant a du mal à parler (cela n'a jamais été un problème chez nous), souvent lorsque les opérations ont été mal faites, à l'étranger mais parfois aussi en France... Il faut donc bien se renseigner pour choisir son chirurgien, il y a un forum dédié : lien

- Puis à l'age de 4 ans, début du suivi orthodontiste (prévu au moins jusqu'à ses... 16 ans ! Un budget conséquent à prévoir car gros dépassements d'honoraires en général !) :
D'abord un appareil palais pour élargir le palais avant de faire les greffes osseuses pour reconstituer les parties de gencives manquantes sur la mâchoire du haut... mais qui surprend chez un enfant si jeune donc beaucoup de commentaires pas toujours agréables des camarades à l'école.
Puis un appareil fixé avec des bagues et ferraille pour rigidifier la mâchoire (pas douloureux heureusement)

Et à l'age de 4 ans et demi, avant que les dents de lait tombent, deux greffes osseuses (os pris sur la hanche) espacées de 3 mois pour réparer le trou de la gencive gauche, puis celui de la droite, afin que les dents définitives puissent y pousser : 3 jours à l'hôpital au moins, et un régime quasi liquide pendant 3 semaines après ces interventions (dur dur !). Ma miss sature désormais des blouses blanches et ne veut plus d'opérations !
Heureusement ensuite il y a juste une surveillance et du gros travail en orthodontie pour remettre les dents définitives en place (qui peuvent sortir partout, notamment sur le palais)

Enfin, bien sûr reste le suivi orl et la pose régulière de yoyos... et parfois un suivi psy car la relation à leur image est parfois difficile.


En conclusion... Ma fille est encore petite donc je n'ai pas beaucoup de recul. Effectivement elle a de la part d'autres enfants des questions voire des remarques pas agréables sur sa bouche et son appareil et ça la touche, parfois l'attriste, même si elle sait expliquer (et parfois elle choisit de dire que c'est sa vie privée et que ça ne regarde pas la personne qui l'interroge !) mais ce n'est pas ça qui la tracasse au quotidien.

Ce que je conseille aux familles intéressées, c'est de rencontrer un spécialiste avant, pour poser les questions et aussi pouvoir échanger avec lui à l'attribution car dans de rares cas, il y a des troubles associés et là ce n'est pas du tout la même prise en charge (par exemple un syndrome de Pierre Robin)
Une flp "basique" est plutôt une particularité médicale légère, je trouve, même si tout dépend bien sûr du ressenti de l'enfant.

M.

mercredi 24 février 2016

Témoignage // attachement

L'attachement... on en entend tellement parler en tant que parents adoptants ou futurs parents adoptants.

Pour ma part, j'avais lu de nombreux ouvrages sur le sujet, ma travailleuse sociale nous en avait parlé longuement et nous avait donné plusieurs conseils en la matière. Je me disais qu'avec mes nombreuses années d'expérience en tant que gardienne d'enfants et en tant que tante si dévouée et impliquée, tout se passerait bien.
Lors de notre toute première rencontre avec mon garçon, ce fut un moment magique, plus beau encore que ce que j'avais rêvé pendant de nombreuses années. Quelle petite beauté que ce mignon petit bébé de 6 mois.
Tout le monde m'avait dit: "tu seras une si bonne mère" et "que vous êtes chanceux d'avoir un enfant si jeune, il ne sera rappellera de rien et l'adaptation sera facile".
Mais aucune de ces belles prédictions ne s'est réalisées : malgré son tout jeune âge, mon garçon résistait : pas question de lui donner le biberon dans nos bras : il était capable de le tenir seul avec ses 2 petites mains et chaque fois que je voulais lui donner dans mes bras, c'était la crise et il préférait ne pas boire !
Ma T.S. me disait que c'était un moment important pour l'attachement alors je me suis "acharnée" à vouloir essayer de lui donner pendant 3 longs mois ! Et plus les jours passaient et plus il résistait et plus je me sentais totalement incompétente... Il ne voulait pas se faire bercer, il ne voulait pas se faire coller, n'aimait pas être pris dans nos bras (il se tenait loin de nous)...
Et les crises ! Oh ! les nombreuses crises : jours et nuits ! La nuit, il a fait des terreurs nocturnes jusqu'à ses 4 ans. Parfois jusqu'à 5 crises dans une même nuit !

J'étais épuisée, j'étais désemparée, découragée et je me haïssais. J'ai trouvé difficile d'aller chercher de l'aide dans ces moments car j'avais l'impression de me faire juger et qu'on penserait : "tu l'as tellement voulu, arrête de te plaindre et c'est ça avoir un enfant ; ce n'est pas toujours facile !" Ok, ce n'est pas toujours facile mais vraiment là, c'était carrément invivable, déchirant, culpabilisant.

Cette situation a duré 2 ans, oui 2 ans. Jusqu'à ce que mon garçon doive être hospitalisé pendant 3 jours. Nous l'avons donc veillé jour et nuit son père et moi. Un soir où je le berçais depuis des heures et où la douleur était intense, mon petit bout de chou me dit : "Maman, maman, ai mal! Maman, maman, ye t'aime". C'était la toute 1ère fois qu'il me disait ces mots : "Je t'aime". Durant la semaine qui a suivi, son comportement a vraiment changé. Mon conjoint et moi nous demandions si ça allait durer... Il nous a testé une autre fois (grosse crise) mais ensuite, il s'est véritablement laissé déposer, il nous faisait maintenant confiance, il s'est laissé aimer. Dans les mois qui ont suivi, il a comme voulu rattraper le temps perdu ; il venait me voir avec un doudou et une suce (alors qu'il n'en avait jamais utilisé) et voulait se faire bercer en jouant au bébé. On se collait de longs moments et ces instants étaient si bons ; mon cœur de mère pansait ses blessures des 2 dernières années.

Au moment de vous écrire ces lignes, mon grand garçon a 7½ ans et c'est un fils merveilleux. Je l'adore ! Pourtant, pendant les deux premières années, je dois l'avouer, je me suis demandée si un jour nous allions nous aimer tous les deux...

Si j'écris ce témoignage c'est vraiment pour des parents qui vivraient ce que j'ai vécu et qui, tout comme moi, trop honteux, n'en parleraient pas et resteraient avec leur culpabilité et leur sentiment d'impuissance, d'échec, de honte...
J'ai fini, au bout de quelques mois, par demander l'aide d'une psychologue spécialisée en adoption et elle nous a beaucoup aidé et supporté. J'ai utilisé ses conseils pendant de nombreuses années (routine, emmaillotage pour sécuriser, child holding, règles claires et constantes, etc).
J'ai aussi le goût de vous dire que durant ces années difficiles, nous avions décidé de ne pas avoir d'autres enfants et nous avions donné tous les articles de bébé. Et bien, notre fils nous a finalement fait changer d'idée et en janvier 2015, nous avons accueilli un deuxième petit bonhomme qui avait alors 1½ an. Avec lui, l'adaptation et l'attachement se développent tellement plus facilement. Oui, avec des périodes où l'insécurité revient, où il faut encadrer davantage, et toujours se dire que rien n'est acquis. Mais tout de même une adaptation tellement plus facile ! J'avais peur pour cette 2e adoption, tout en me sentant plus confiante, plus expérimentée mais on ne sait jamais ce qu'il adviendra. Surtout que nous avions décidé d'adopter un enfant avec besoins spéciaux. Mais quelle bonne idée !!!
Aujourd'hui, nous sommes une belle famille et nous sommes vraiment heureux ensemble !


Au fil des ans, j'ai réalisé que l'attachement se développe de mille et une façons. J'aurais dû me faire davantage confiance et suivre mon instinct qui me disait que ce n'était pas en forçant le biberon et les moment à se bercer que l'attachement s'améliorerait.
Je réalise maintenant qu'en plus des conseils de la psychologue, certains jeux ont pu nous aider mon fils et moi :
- cajoler nos animaux de compagnie (nous avions 2 chats), leur donner des soins et des bisous ;
- danser ensemble (mine de rien, il s'amuse mais on est collé) ;
- lui faire faire de l'exercice couché sur le dos, en bougeant les pieds et les bras; favorise le contact visuel encore par le jeu ;
- chanter en le regardant ;
- prendre un bain ensemble et s'amuser ;
- faire des cours de natation (il était collé à moi...) ;
- se promener ensemble avec un "maman kangourou" ou autre sac ventral pour petit ;
- se maquiller et rire !
- jouer au médecin avec la petite trousse médicale (se toucher mais par le jeu alors rien n'y paraît)
- tout ce qui vous fera rire ensemble et vous fera être un peu plus collé ou vous permettre de vous toucher l'un, l'autre...

mardi 2 février 2016

EBS // Fente Labio-Palatine

Zoom sur les fentes faciales, et plus particulièrement la fente labio-palatine

Qu'est-ce que c'est ?

Les fentes faciales sont des malformations congénitales atteignant la lèvre, la gencive et/ou le palais. Elles résultent d'une absence de fusion des tissus embryonnaires.

On distingue :
- la fente labiale : seule la lèvre est touchée, partiellement ou complètement (une fente labiale complète inclut le seuil narinaire, donc on observe une déformation du nez).
- la fente labio-maxillaire : lèvre et arcade dentaire.
- la fente labio-maxillo-palatine, plus couramment appelée fente labio-palatine (FLP) : lèvre, arcade dentaire et palais. C'est la forme de fentes la plus répandue (70%), et elle concerne 75% de garçons.
- les fentes palatines : fente vélaire (seul le voile du palais est touché) ou fente vélo-palatine (voile du palais + palais dur). Ces formes de fentes, sans atteinte labiale, concernent 70% de filles.

Les fentes faciales sont l'une des malformations congénitales les plus fréquentes : en Europe, un bébé sur 500 à 700 en est atteint ; cette malformation est encore plus fréquente en Asie.
Un peu partout dans le monde, les préjugés portés sur les fentes faciales conduisent à l'abandon de nombreux bébés qui en sont atteints. C'est pour cela que la fente labio-palatine est une particularité très fréquente en adoption internationale, qui plus est en Asie.

Certaines fentes labio-palatines sont syndromiques, c'est à dire qu'elles sont associées à d'autres malformations. Ces cas sont rares mais il est important de ne pas négliger la présence d'autres anomalies, même légères, notamment dans l'étude d'un dossier d'un enfant proposé à l'adoption.

Quelle prise en charge ?

Il s'agit d'une prise en charge pluridisciplinaire, qui peut être effectuée au sein de "centres de compétence" (une quinzaine répartis sur toute la France).

→ chirurgie maxillo-faciale :
Il existe quelques différences de protocoles pour la fermeture d'une fente labio-palatine. Mais d'une manière générale, pour les bébé nés en France avec une FLP, la prise en charge chirurgicale se fait selon ces étapes :
- vers l'âge de 6 mois : fermeture de la lèvre et de la narine, et du voile du palais ;
- vers 12-18 mois : fermeture du palais dur ;
- vers 5 ans : greffe osseuse pour fermer l'arcade dentaire ;
- éventuellement, quand la croissance est terminée : chirurgie orthognatique pour positionner correctement les mâchoires supérieures et inférieures, si l'orthodontie ne suffit pas. Une reprise de la lèvre et du nez peut également être effectuée tardivement, à but esthétique mais aussi fonctionnel, si une narine affaissée entrave la respiration nasale ou si la parole est trop nasonnée.

Dans le cadre d'une adoption internationale, les enfants porteurs de FLP peuvent arriver non-opérés, opérés seulement de la lèvre (ce qui semble être le plus courant), ou déjà totalement refermés.

→ orthodontie : Expansion de la mâchoire supérieure, préalable à la greffe osseuse ; alignement dentaire ; prothèse ou implant en cas de dent manquante, avancement maxillaire et/ou mandibulaire en fin de croissance dans certains cas.

→ ORL : La majorité des enfants nés avec une FLP sont sujets aux otites à répétition, pouvant entraîner des séquelles définitives dont une perte auditive. Un suivi attentif est donc indispensable. La pose de drains trans-tympaniques est effectuée chez 50% des patients.

→ phoniatre et/ou orthophoniste : La rééducation orthophonique est souvent nécessaire, s'il y a une fuite d'air se percevant comme un nasonnement ou des troubles de l'articulation. Un éventuel reflux alimentaire (par le nez) peut également persister.

→ psychologue : Un suivi psy peut être intéressant si l'enfant a du mal à accepter sa différence, son histoire, son suivi hospitalier, et ceci en dehors de tout contexte adoptif. Cela peut s'avérer plus important dans le cadre d'une adoption, car sa malformation a pu être la cause de son abandon et qu'il a pu vivre une expérience très douloureuse lors des chirurgies dans son pays (non-médication de la douleur).

Au quotidien ?

La fente labio-palatine est une particularité impliquant peu d'adaptations au quotidien. Elle n'impacte pas le développement psycho-moteur de l'enfant, qui peut donc suivre une scolarité normale.

Les opérations nécessitent des hospitalisations de quelques jours, donc une disponibilité d'un des parents sur ces périodes. Les différents suivis (ORL, orthodontie, orthophonie) sont variables selon l'âge de l'enfant mais toujours annuels dans les premières années de vie.

Une fente labio-palatine même "réparée" peut rester plus ou moins visible : cicatrice, lèvre supérieure asymétrique, narine affaissée, mâchoire inférieure en avant... ces légères différences physiques peuvent être sujettes à remarques ou moqueries... ainsi que les possibles défauts de phonation avant qu'ils ne soient corrigés.

Pour bien cerner cette particularité...

Rapprochez-vous du centre de compétences dont vous dépendez. Vous trouverez des coordonnées à ce lien :
www.fente-labio-palatine.fr/qui-sommes-nous/reseau-national-fente

Il existe un forum de discussion de parents d'enfants présentant une FLP :
fente-labio-palatine.forumactif.com

lundi 25 janvier 2016

Témoigner

Nous serions ravies d'enrichir ce blog par vos témoignages, anonymes ou non, sur tout sujet en rapport avec l'adoption !

Le récit de vos démarches et de la rencontre avec votre enfant (rubrique "une adoption"), votre vécu à propos de l'attachement, le quotidien avec la particularité de votre enfant, l'adoption d'un enfant grand, la scolarité, l'adolescence, le regard des autres, l'attente et ses montagnes russes, le renoncement...

Écrivez-nous à : parlonsadoption@gmail.com

dimanche 17 janvier 2016

Attachement : définitions

Qu'est-ce que l'attachement ?
La parole aux pros !

John Bowlby :
"il existe chez le bébé humain des comportements innés dits d’attachement dont la fonction est de réduire la distance, et d’établir la proximité et le contact avec la mère. Des comportement innés existeraient aussi chez la mère avec la même fonction, même si la théorie admet que l’apprentissage joue un rôle dans l’expression de ces comportements"
"La construction des premiers liens entre l’enfant et la mère, ou celle qui en tient lieu, répond à un besoin biologique fondamental."

Boris Cyrulnik :
"L’attachement se définit comme un lien particulier, sélectif, que l’enfant établit au départ de sa vie avec un adulte et dont le but pour lui est de maintenir une proximité physique avec cet être de référence qui génère le sentiment de sécurité."

Johanne Lemieux :
"Insister sur l’importance de l’attachement en adoption, c’est autant pour la bonne santé mentale de l’enfant que celle de son parent. Car sans attachement, le parent ne se sentira pas compétent et l’enfant ne se sentira pas compris. C’est hélas, le côté «pervers» de l’attachement. Plus on est attaché mutuellement, plus l’enfant se sent en confiance et plus le parent se sent compétent. Moins on est attaché, moins on se sent compétent et moins l’enfant s’attachera à nous."

Jean-François Chicoine et Johanne Lemieux :
"Les difficultés d’attachement en adoption internationale ne sont pas des maladies d’amour, plutôt des pannes de confiance éclairés par le passé organique et environnemental des expériences d’origine du cerveau de l’enfant adoptif, tant sur les plans physiques, sensoriels, moteurs, cognitifs que dans les dimensions affectives et sociales."

samedi 9 janvier 2016

Une adoption 4

Dans cette rubrique, nous vous proposons de retrouver régulièrement le témoignage d'une maman ou d'un papa adoptant sur son parcours, son chemin vers son enfant et sur leur adaptation commune...
- Année de l'adoption ?
2006
- Quel pays ?
Ethiopie
- Age de l'enfant à son arrivée ?
11 mois
- Votre profil ? Votre projet ?
Nous avons déposé notre demande d'agrément alors que nous n'avions que 22 et 24 ans... et un bébé de 3 mois ! Notre projet était orienté dès le début vers un enfant porteur d'une particularité physique dite "réversible".
- L'agrément, les OAA, l'apparentement ?
La procédure d'agrément s'est déroulée sans problème. On ne nous a jamais dit qu'on était trop jeunes, qu'on était fous, qu'on était de doux rêveurs naïfs... L'évaluation psychologique a consisté en un rendez-vous de 10 minutes chacun chez un psychiatre, l'évaluation sociale en trois rendez-vous de 2 heures. L'éducatrice spécialisée chargée de cette enquête a totalement adhéré à notre projet.
Nous avons obtenu notre agrément en moins de 8 mois. Notre fille aînée avait alors 11 mois... et notre projet portait sur un enfant plus jeune qu'elle !
Très peu de pays correspondaient à notre profil, surtout à cause de nos jeunes âges, nous avons donc contacté quelques OAA et envoyé des candidatures auprès de conseils généraux. Quelques mois plus tard, nous sommes conviés à une réunion d'information par un petit OAA, qui travaille principalement avec l'Ethiopie. Notre acceptation aura pris 6 mois, avec 2 entretiens. Ensuite, montage du dossier, légalisations et traduction... en un temps record : 1 mois seulement !
Deux mois après l'envoi de notre dossier en Ethiopie, notre fille aînée vient de fêter ses 2 ans, et nous recevons un coup de fil de notre OAA, qui nous parle d'une petite fille de 9 mois. Elle présente une particularité physique légère.
Une deuxième fille ! J'avoue que c'était ma petite préférence secrète... et inespérée, puisqu'on nous avait annoncé 75% de garçons !
- Quelle prise en charge de l'enfant sur place ? (accueil, prise en charge médicale, préparation à l'adoption...)
Nous savons peu de choses sur la prise en charge de notre fille dans l'orphelinat. Il s'agissait d'un gros orphelinat, accueillant 400 enfants environ.
Concernant la prise en charge médicale, nous savons juste que les moyens sur place permettaient juste d'éviter un taux de mortalité trop important...
- La rencontre ?
A l'aéroport... J'y ai vu une toute petite fille, qui ne semblait pas terrorisée, mais qui gardait les yeux grands ouverts. Elle avait 11 mois mais en paraissait 6. Sa tête tremblait car elle avait du mal à la tenir sans appui...
Quand je l'ai prise contre moi, elle a posé sa tête sur ma poitrine tranquillement. Une rencontre toute simple...
- Les débuts ? La vie de famille ? Les difficultés ?
Les débuts ont été assez difficiles. Notre fille, aussi petite était-elle, était très indépendante. Elle me repoussait et hurlait à la moindre contrariété. Elle demandait beaucoup les bras, mais elle refusait les câlins ou le portage en écharpe, elle ne supportait pas d'être tenue serrée. Elle évitait les regards. Et elle repoussait très violemment sa soeur...
Moi qui pensais vivre cette adoption comme une évidence, j'étais dans une trop grande attente et j'ai vécu ces difficultés avec une frustration intense...
Côté santé, sa "particularité" nécessite un suivi médical régulier mais peu chronophage. Elle est passée par deux interventions chirurgicales... pour le moment.
- Un souvenir marquant ?
Deux ans et demi après son arrivée, alors que nous nous décidions justement à consulter, notre fille a soudainement "posé ses bagages". Nous avons enfin découvert notre vraie fille : un rayon de soleil au rire contagieux... Tout n'était pas résolu, mais une grande avancée était faite ce jour-là.
del

vendredi 11 décembre 2015

EBS // le VIH

Adopter un enfant séropositif au VIH ?

Qu'est-ce que c'est ?

Le VIH, tout le monde sait ce que c'est : c'est le virus qui cause une immunodéficience chez l'homme. L'immunodéficience, c'est l'incapacité de se défendre contre les maladies. Ainsi, une personne infectée par le VIH peut, si le virus est actif et a affaibli les défenses immunitaires, développer des maladies, appelées "maladies opportunistes". On parle alors de sida.

Quelle prise en charge ?

Un suivi régulier :
Une prise de sang tous les 3 mois, pour déterminer les taux de charge virale et de cd4 (les globules de défense immunitaire, qui sont attaqués par le VIH). Certains médecins ne demandent qu'une prise de sang tous les 6 mois.

Un traitement quotidien :
Le but du traitement antirétroviral (trithérapie) est de maintenir la charge virale à un niveau indétectable. La plupart des enfants sont mis sous traitement dès le plus jeune âge, sans attendre de symptôme.
C'est un traitement pas facile, car il n'est pas adapté aux jeunes enfants (gros comprimés ou sirop de très mauvais goût), et nécessitant une observance sans faille : une prise toutes les 12 heures, parfois une seule prise par jour. Si on décale d'une heure ou deux, ce n'est pas grave... Mais en cas d'oublis répétés, cela peut provoquer une résistance du VIH, et donc nécessiter un changement de traitement... Il existe plusieurs molécules, mais pas une infinité ! Les cas de résistance du VIH à la trithérapie sont en grande majorité dus à la mauvaise observance du traitement.
Il existe des effets secondaires au traitement, mais ils sont rares chez les enfants.

Une espérance de vie normale :
Si le suivi et le traitement sont rigoureusement appliqués, la charge virale reste indétectable et n'a pas de raison de remonter.

Un risque de transmission considéré comme nul :
Lorsque la charge virale est indétectable, le risque de transmission par un échange de sang par des plaies est pour ainsi dire nul. En revanche, selon les traitements, même avec une charge virale indétectable dans le sang, on retrouve un certain niveau de virus dans le sperme et la cyprine. Il est néanmoins possible d'adapter le traitement pour les couples sérodifférents qui désireraient concevoir un enfant sous la couette sans passer par la PMA.

Un secret à garder :
A qui le dire ? Attention, ne vous fiez pas aux apparences : certaines personnes qui ont pourtant un haut niveau d'études peuvent avoir un réflexe de peur irrationnelle.
Il est inutile d'en parler à l'école puisque le risque de transmission est nul. En parler serait au contraire risqué : stigmatisation, peur irrationnelle, mise à l'écart, divulgation...
Il est pourtant nécessaire de le dire à quelqu'un de proche, ne pas rester seuls avec ce secret qui peut peser très lourd... (et de toute façon, il suffit d'un week-end chez les grands-parents pour qu'ils voient les prises de médicaments...).

Une annonce à l'enfant par étapes :
C'est selon l'âge... il vaut mieux rester évasif au début, parler "d'un virus qu'on ne peut pas enlever, mais que le traitement peut empêcher d'aller partout" tant que l'enfant n'a pas conscience de la peur que suscite ce virus.
Ensuite, en général pour l'entrée au collège, on peut introduire les noms "VIH" et "sida". En tout cas, il faut en parler complètement avant l'adolescence.
Les services VIH / hépatites des hôpitaux proposent souvent un accompagnement psychologique.

Au quotidien ?

Le côté médical n'est aujourd'hui plus inquiétant : l'espérance et le confort de vie sont satisfaisants.

La principale difficulté, c'est la prise du traitement au quotidien. Pour un bébé, en général ça va, on trouve des astuces... Mais vers 8/10 ans, puis à l'adolescence, ça peut être particulièrement difficile, au point parfois de décider d'arrêter tout traitement, plutôt que de le suivre en pointillés (ce qui favoriserait les mutations résistantes), et ne le reprendre qu'en cas d'inquiétudes.

L'enfant peut également rencontrer des difficultés psychologiques et sociales, notamment à l'adolescence, à l'âge où on cherche à se mettre en danger... voire à mettre en danger les autres...

Pour bien cerner cette particularité...

Consultez un médecin spécialiste du VIH (souvent également spécialiste des hépatites) proche de chez vous pour bien comprendre quel sera le suivi proposé pour votre enfant.
Le médecin de la COCA dont vous dépendez doit pouvoir vous orienter.